Silence, on crie ! Eric MOULINS BEAUFORT participe à des podcasts de RCF. Mais un président (de la C.E.F.) ne devrait pas dire ça!

Avec le scandale de la nomination par l’archevêque de Toulouse de son chancelier, le fonctionnement de l’Eglise, comme une institution devient évident pour beaucoup de catholiques et de Français.

Dans un article remarquable et instructif de la Croix,

Nomination d’un prêtre condamné pour pédocriminalité à Toulouse : « Cette décision n’est pas prudente »

Patrick Goujon montre que la nomination du chancelier n’est pas valide, au regard du droit canon…

Son article, très complet, fait le lien avec cet article, publié le 31/10/2024, par une phrase : «Les enquêtes de la CIASE et de la police dans certaines affaires plus récentes ont montré l’usage des chancelleries de détruire les pièces concernant les prêtres pédophiles. »

 « … Abbé Preynat … réussit à organiser un monde qui tourne autour de lui, où les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France. » (extrait de cet article, publié le 31/10/2024)

Mon article était mesuré, afin de permettre à l’institution ecclésiale de réagir. Le silence « diabolique » (la nomination de Dominique SPINA me conduit à employer ce terme) fut l’unique réaction.

Ce silence est comparable à celui du diocèse de Toulouse et de son évêque, suite à la parution d’un article local d’Inès ROCHETIN  (France 3), reproduisant une lettre de Margot Ferreira, catholique engagée dans la lutte contre les abus sexuels dans l’église:

« Une Église incohérente, aveugle et sourde » : la colère d’une fidèle après la nomination de l’abbé Spina, condamné pour viol sur mineur

Je peux donc maintenant écrire que ce qu’un président (de la C.E.F.) n’aurait pas dû dire, c’est l’expression « ni scout d’Europe, ni scout de France. ». Son emploi est accablant pour l’institution :

  1. Seuls ceux qui connaissent le dossier de l’intérieur, savent l’importance (culturelle dans la paroisse, où sévissait Preynat) de cette expression : Philippe Barbarin, dans son livre « En mon âme et conscience » l’ignore, Isabelle de Gaulmyn, scoute dans la troupe de Preynat, l’emploie dans le sien « Histoire d’un silence » et mes parents, de la paroisse Saint-Luc, l’employaient sans mentionner Preynat, qu’ils ne connaissaient pas.
  2. Les archives du diocèse, sur ce dossier Preynat, sont vides.
  3. Ces deux constats sont accablants pour l’institution. Plutôt que de signaler un prêtre pédocriminel à l’évêque, le curé a préféré le cacher, en le protégeant des parents « mécontents » par une promotion  des résultats de Preynat, auprès des autres paroissiens. Eric MOULINS BEAUFORT, en employant cette expression, montre que l’institution a eu (ou a pris depuis) connaissance approfondie du dossier, mais préfère se protéger, en le cachant et sacrifier ainsi l’un des siens Philippe BARBARIN.

J’ai écrit « Seule ma méconnaissance des codes sociaux me fait remarquer un tel geste et l’interpréter comme le signe de la persistance des sacrifices humains (et des mécanismes victimaires), alors que la victime ne s’en offusque pas » dans l’article

Cette méconnaissance me transforme en lanceur d’alerte, car les mécanismes victimaires, révélés par l’affaire Dominique SPINA et générés par l’Eglise catholique de France, perdurent et donnent leurs effets à chaque changement sociétal.

C’est le cas avec la loi d’aide active à mourir, qui sacrifie les soignants.

Mais, cette fois, la rivalité mimétique n’arrive pas à le cacher pleinement et la vérité transparait dans un écrit.

L’alerte est donc plus facile à lancer !

Ci-dessous le principal de l’article paru en octobre 2024. En ajoutant le nom de la journaliste, auteure des podcasts, qui a dû quitter RCF: Stéphanie GALLET

Aujourd’hui, les « podcasts » de RCF, centrée sur la parole des victimes, la confronte à celles d’intervenants, et, surtout, oblige les responsables de l’institution à répondre à cette parole, permet, outre de comprendre mon action, d’interpréter correctement la parole de l’église institutionnelle.

Ils donnent la parole aux victimes : Laissez vous bouleverser et écoutez tous les épisodes !

https://www.rcf.fr/economie-et-societe/silence-on-crie

Mais il donne la parole à d’autres intervenants, dont le président de la conférence des évêques de France, pour essayer de comprendre ce si long silence et le transformer en cri.

Qu’a dit Eric De MOULINS-BEAUFORT ? Je ne vais pas citer tous ses propos. Pour la plupart, il est dans son rôle de président, cherchant à comprendre, après avoir reçu le rapport de la CIASE, en implorant le pardon…! « Salut et impuissance du salut (pas aussi éclatant comme on aurait pu rêver) dans la grâce du christ on est sorti  de perversions humaines trop destructrices, donc question de l’efficacité du salut. Abîme de violence possible en nous, en relation avec la sexualité, très présente dès qu’on a une relation d’autorité, (commence très tôt), se déformer en relation de pouvoir et devenir abusive et se sexualiser

Humilité de l’Eglise, entreprise de travail (à faire)

Pas de découragements avec le rapport de la Ciase, chance d’avoir des moments inattendus être des encouragements à garder la ligne »

Mais, dans l’épisode 4, il cherche à se justifier et dit des choses qu’un président ne devrait pas dire : « Personnalités capables  d’utiliser la position normale d’un prêtre pour organiser un petit système : Abbé Preynat, à la marge du système et qui réussit à organiser un monde qui tourne autour de lui, où les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France. Lorsque l’archevêque de LYON a voulu le déplacer, ce fut un tollé et il n’a pas été déplacé, on n’a pas évalué ce qui se passait et au lieu de faire sortir ce qui se passait, ça a durci la chape de plomb. L’Eglise est un grand monde de liberté, où chacun peut faire ce qu’il veut, et donc il faut que nous soyons très attentifs  aux systèmes de régulations qui existent et que nous devons tenir »

En quelques phrases d’apparence anodines, et sans corrélation annoncée, se cache, à mon avis que je soumets à la critique de l’intéressé et des catholiques lecteurs de cet article, une démonstration en trois étapes d’un objectif, non nommé mais bien réel :

  1. « Les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout (accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France) » Le président de la conférence des évêques de France ne nous dit rien de ces phénomènes. Sont-ils connus des Français, ou du moins des catholiques, ce n’est pas évident ?
  2.  « Lorsque l’archevêque de LYON a voulu le déplacer, ce fut un tollé et il n’a pas été déplacé » Est-ce une explication du non-fonctionnement des phénomènes de régulation ? Le président de la conférence des évêques de France ne le dit pas et se contente d’affirmer une phrase, sans apporter de preuves. Cela pourrait constituer un « scoop » au micro d’une journaliste, car si on lit le communiqué du diocèse de LYON   , on ne trouve pas mention de cet épisode.
  3. « L’Eglise est un grand monde de liberté, où chacun peut faire ce qu’il veut, et donc il faut que nous soyons très attentifs  aux systèmes de régulations qui existent et que nous devons tenir » Cette affirmation me ferait sourire, si elle n’était pas précédée des deux autres.

Ce que j’écrivais en début d’article « utiliser la victime comme faire-valoir d’une démarche de communication. Faire savoir que l’on a écouté les victimes, que le travail d’inventaire a été fait, validé, que l’on peut passer à autre chose. » comme une chose possible me parait, avec ces quelques phrases, est devenue une chose, non seulement vraisemblable, mais aussi probable.     Mes recherches:

https://2avsto.fr/2024/08/09/synthese-des-resultats-theoriques-de-mes-recherches-sacrifice-sacre-harcelement-et-manif-pour-tous/

m’ont conduit à distinguer, en présence d’un harcèlement institutionnel ( ou d’un « système ») à distinguer les boucs émissaires coupables « sacrifiés » pour calmer les exigences (transparence, changements) et passer à autre chose sans vraiment changer, et les innocents  sacrifiés pour se protéger de gêneurs et garder le silence.

Pour moi, Eric MOULINS BEAUFORT cherche à faire passer Philippe BARBARIN de bouc émissaire coupable (partie prenante d’un système mis en place par l’institution) à une victime d’un acharnement judiciaire injustifié.

Ce n’est pas anodin : Dans le premier cas, La Parole Libérée doit être remercié de son action, ayant  permis de briser le silence ; dans le deuxième, sans l’affirmer (pour l’instant ?), elle est coupable d’un acharnement « peu chrétien »

procès public. Le prêtre est invité à prendre un nouveau départ dans une paroisse où l’activité n’est pas débordante. »

Alors, oui un Président ne devrait pas dire ça. Écouter les victimes, c’est aussi manifester la volonté de changer en profondeur les comportements et les règles de vie pour éviter toute situation de récidive, rendre utile l’écoute pour les victimes mais aussi pour éviter qu’il y en ait d’autres. Avec de tels propos, on en est loin…

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