La doctrine sociale de l’église en question

Disputatio , illustré par la photo de la façade de l’Université Jean Moulin, prise après l’inauguration de la maison de recherche Simone Weil. Ce nom marque l’importance donnée à LYON à cette immense philosophe.
Cette importance est reconnue, au moment de fêter les 10 ans du café/coworking Le Simone, à l’origine de cette disputatio, après son organisation en 2025/2026 d’un cycle sur la doctrine sociale de l’Eglise, à la lumière de Simone Weil
Dans un des premiers articles du blogue (1) je relate pourquoi je suis devenu secrétaire général de la CFTC poste aura, dans le cadre d’un stage de MASTER 2 à LYON 3/IAE/ISEOR
Je cite un des passages du mémoire rédigé pour l’obtention de ce diplôme à l’issue de ce stage.
Je fus élu (secrétaire général de la CFTC Rhône Alpes), mis en place une nouvelle façon d’envisager le syndicalisme en remettant en avant la morale sociale chrétienne (2), inscrite dans les statuts de la CFTC, mais en l’actualisant pour la rendre opérante. Les résultats pour le syndicat furent là : Multiplication des adhérents par 10(…)
Du compendium DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE et de ses presque 250 pages (numériques) j’avais extrait le principal et je me chargeais de la formation des adhérents en présentant ainsi ce que je continuais à nommer la morale sociale chrétienne (4)
Ce pape, imprégné de la philosophie d’Emmanuel MOUNIER, « le personnalisme » a mis en tête le critère de la dignité, conformément au principe « La personne est sacrée » de cette philosophie. Cela s’est traduit dans le COMPENDIUM DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE par
Il n’est pas possible d’aimer son prochain comme soi-même et de persévérer dans cette attitude sans la détermination ferme et constante de s’engager pour le bien de tous et de chacun, car nous sommes tous vraiment responsables de tous.
Et TROISIÈME CHAPITRE : LA PERSONNE HUMAINE ET SES DROITS, QUATRIÈME CHAPITRE : LES PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE I. SIGNIFICATION ET UNITÉ
Les principes permanents de la doctrine sociale de l’Église 341 constituent les véritables fondements de l’enseignement social catholique : à savoir le principe de la dignité de la personne humaine — déjà traité au chapitre précédent — sur lequel reposent tous les autres principes et contenus de la doctrine sociale,342 ceux du bien commun, de la subsidiarité et de la solidarité.
Avec application au syndicat de mettre toutes les ressources du syndicat pour défendre chaque personne, mis en danger dans l’entreprise La Poste (suicide potentiel), ce qui représentait un grand nombre et touchaient tous les services.
Tous les postiers comprenaient et surtout voyaient comment cette application des principes de la CFTC et explique le succès de cette formation.
La suite de l’article montre les manœuvres de la CFTC pour, sur « ordre » de La Poste empêcher, en vain, la défense d’un postier en grande détresse, prouvant que la doctrine sociale de l’église était du « vent » pour ce syndicat. C’est bien tout le syndicat qui était concerné : J’ai fait connaitre les manœuvres employées à toutes les structures CFTC (département du Rhône, région, et bien entendu, confédération -Pascale Cotton) J’ai même et surtout informé Joseph THOUVENEL, considéré, vis-à-vis des médias comme le défenseur de la morale sociale chrétienne)
Un autre article (6) doit être cité pour comprendre la mise en question de la doctrine sociale de l’église et l’affirmation péremptoire que « les 250 pages de ce livre (sous format numérique) ne sont qu’une fumisterie »
Avec ses deux articles, je donne toutes les preuves du déroulement du scénario suivant :
Contrôleur de gestion, je me porte volontaire, en 2007, pour une mission de fermeture d’un centre de tri (je voulais concrètement diriger l’application d’une économie circulaire). La Poste qui voulait surtout réduire ses effectifs, ordonna vers la fin de cette mission (apprès mon refus d’accepter un DAFA (=une « cessation d’activité ») une « enquête administrative ».
Puisque je n’avais commis aucune faute et n’avais comme objectif que la réussite de ma mission, je ne fus, non seulement, pas sanctionné, mais j’obtins aussi du nouveau directeur le financement de ma reprise d’études à l’IAE de LYON 3, sans contrepartie.
Les RH avaient réagi à cet accord.
Aussi, comme les manœuvres de la CFTC ne pouvaient qu’être illégales, je les faisais constater par un huissier, en les annexant au PV des élections du syndicat, pour aller dans les mains du Procureur et laissais faire ces manœuvres.
Pourquoi ? Parce que les liens entre un syndicat et l’entreprise pour favoriser l’exclusion de fonctionnaires ou de salariés, les mettant en danger psychique était prouvé. Je pouvais donc, en adhérant à la CGT, qui avait été « impressionné » par mes défenses de postiers, et dont j’avais éprouvé leurs sincérités, continuer cette défense.
Effectivement, à chaque fois que je menaçais de l’art 40, La Poste reculait (7).
Pour mes recherches, il a été important de découvrir que cette raison n’a jamais été questionnée. Je me suis aperçu quej’étais « une légende » …, y compris pour certains camarades de la CGT…Les manœuvres pour me pousser vers la sortie ne cessèrent pas, et j’entendis des remarques « Ne vous en faites pas, il a été dans des situations pires, et il a « ressuscité ». Cette boutade, dû à la connaissance de mon catholicisme, indiquait aussi que j’avais un comportement (et un langage…) atypique, que les autres ne comprenaient pas. Et ces autres avaient un comportement ((et un langage…) typique, que je ne comprenais pas (la volonté de mon exclusion était donc connue, bien avant ma découverte de ces tentatives)
Bruno RETAILLEAU a donné le coup de grâce à la doctrine sociale de l’Eglise Il suffit de lire
Lire cet article de Patrick Barrabé, qui a décortiqué le refus du Sénat de publier le rapport sur la souffrance psychique. Il cite l’analyse de Maître Christelle Mazza, dont « Le fonctionnement dans l’illégalité : L’administration admettrait fonctionner en dehors de la loi (temps de travail excessif) au nom de la « continuité du service ». Un rapport officiel confirmerait que « si on appliquait la loi, aucune administration ne fonctionnerait ». » on comprend la potentialité d’action permise par mon comportement et l’inanité des discours du compendium
Bruno RETAILLEAU, qui, au nom de la fidélité aux principes de la doctrine sociale de l’église « la vie est sacrée » a contribué, décisivement, par trois fois au refus du projet de loi d’aide à mourir. Et, en contribuant ici au refus de publier ce rapport, il considère donc que la santé psychique et la vie des travailleurs n’est pas sacrée.
Et, vis-à-vis de ce compendium, il a raison car, en l’étudiant bien on peut citer
« La doctrine sociale de l’Église « n’entre pas dans le domaine de l’idéologie mais dans celui de la théologie et particulièrement de la théologie morale ». On ne peut la définir en fonction des paramètres socio-économiques. Ce n’est pas un système idéologique ou pragmatique visant à définir et à composer les rapports économiques, politiques et sociaux, mais une catégorie en soi (…) ; elle a donc pour but d’orienter le comportement chrétien »
NOTES de bas de page
(1)
(2) La morale sociale chrétienne (dans les statuts de la CFTC), terme de Léon XIII, a été transformé en doctrine sociale de l’église, par le CONSEIL PONTIFICAL « JUSTICE ET PAIX sous Jean-Paul II.
(3) COMPENDIUM DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE
(4) J’avais montré cet enseignement à Bernard IBAL, philosophe et Le spécialiste et garant de la « morale sociale chrétienne » à la CFTC, qui avait souhaité trouver des personnes capables de « adapter cette doctrine à la culture d’aujourd’hui ». II avait approuvé ma démarche et interpellé Pascale Coton, secrétaire générale de la CFTC à l’époque. Prudente, elle n’avait jamais répondu et j’ai donc continué à employer l’expression « morale sociale chrétienne »
(5) I. DOCTRINE SOCIALE ET PRINCIPE PERSONNALISTE
Toute la vie sociale est l’expression de son unique protagoniste : la personne humaine.
L’homme, considéré sous son aspect historique concret, représente le cœur et l’âme de l’enseignement social catholique.202 Toute la doctrine sociale se déroule, en effet, à partir du principe qui affirme l’intangible dignité de la personne humaine
(6)
(7)
Abus dans l’Eglise, sacrifices humains et harcèlement institutionnel

Sur LINKEDIN, avait été publié cet article :
Cet article avait été beaucoup lu chez les catholiques, et nombreux m’ont contacté, sans vouloir apparaitre publiquement, ce qui était compréhensible.
Aujourd’hui, alors qu’est paru sur ce blogue, le dernier article a eu un retentissement semblable et des explications sur le positionnement du chercheur apparaissent nécessaires : Sa volonté de rester sur le terrain anthropologique uniquement, n’aurait pas été comprise.
Le refus d’aborder le terrain théologique est bien volontaire.
Pour le comprendre, il faut, de nouveau, choisir le sujet des abus sexuels. Notre recherche le considère comme un harcèlement institutionnel, donc à considérer comme un sacrifice humain. Seule une observation anthropologique permet de le constater.
Le dernier numéro de prier, revue remarquable, intégrant toutes les spiritualités, y compris extérieures au christianisme, permet de comprendre ces propos, sans les caricaturer, mais en les contredisant sereinement, mais publiquement
Le philosophe, MARTIN STEFFENS a écrit sa rubrique mensuelle, en mettant en exergue, une citation de SAINT-PAUL : « En organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu » (1, Corinthiens, 12, 24)
Extraits : « Dans sa première lettre aux corinthiens, Saint Paul compare l’Eglise …au corps humain…Ce n’est ni le corps grec ou romain de la belle musculature, ni celui qu’on définit aujourd’hui par la science, comme un ensemble de fonctions métaboliques. Le corps, notre corps, est pour Saint-Paul le symbole, réel, charnel de l’amour.
Dans cette lettre, en effet, Saint-Paul mesure la pertinence de sa comparaison au soin qu’apporte la communauté apporte à ses membres les plus fragiles et les moins dignes…C’est notre attitude, à leur égard, qui vérifie notre bonne constitution….Mais surtout, cela signifie que…la victime qui témoigne d’un abus, personne fragilisée s’il en est, est celle dont nous avons le plus besoin. »
La première épitre aux Corinthiens n’est pas la seule à utiliser cette comparaison du corps, citons le passage célèbre, et parfois ou souvent, objet de « scandale » du chapitre 5
« Soyez donc des imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ;
2 et marchez dans la charité, à l’exemple du Christ, qui nous aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur….
Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ.
22 Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ;
23 car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Eglise, son corps, dont il est le Sauveur.
24 Or, de même que l’Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses.
25 Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle,
26 afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans l’eau baptismale, avec la parole,
27 pour la faire paraître, devant lui, cette Eglise, glorieuse, sans tache, sans ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée.
28 C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes, comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même.
Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et l’entoure de soins, comme fait le Christ pour l’Eglise, »
SAINT PAUL ne nous écrit pas qu’il s’agit d’une anthropologie sacrificielle, c’est évident pour lui : C’est la seule à son époque. Par contre, il décrit une rupture anthropologique, provoqué par Jésus, qui est chrétienne (chez lui et a donc un caractère théologique) , mais pourrait aussi être adopté par ceux qui considèrent Jésus, comme un prophète. C’est la raison de notre volonté de rester à cette vision anthropologique. Une rupture n’est telle, qu’adoptée par une multitude.
Nous n’y voyons pas un texte scandaleux, dont il faudrait s’excuser pour le mépris, soi-disant affiché pour les femmes. Au contraire, ce peut, ainsi, être un sujet de dialogue avec les musulmans, sans polémiques.
Chez les humains, comme chez les animaux, existent des dominants et des dominés. Actuellement, on constate, que cette division peut être indépendante du genre.
La seule différence avec les autres vivants, c’est que cette division mène, chez les humains, aux sacrifices. Saint-Paul, comme dans sa lettre à Philémon, s’adresse au dominant, pour lui demander de se sacrifier : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle, »
Si on met, sur le même plan, le dominant ( pêcheur qui a provoqué le scandale, prêtre, religieuses, diacres…) et les victimes dominées, en demandant à celles-ci de pardonner (en confession ou en montrant Jésus sur la croix), un système sacrificiel est provoqué et encouragé : C’est bien le cas pour les abus dans l’Eglise ( il suffit de relire le rapport de la CIASE). Nous pouvons donc bien le qualifier de harcèlements institutionnels (ou systémiques). Pour le faire disparaitre, les catholiques doivent, au moins (dans un premier temps), prendre conscience