Désir d’être des « neuroatypiques »!

Pour illustrer le titre transformé de cet article du psychiatre  Igor Thiriez, j’apporte un témoignage personnel sur des temps que les moins de quarante-cinq (âge des seniors en entreprise) ne connaissent pas et ne peuvent comprendre.

Un psychanalyste, Bruno Bettelheim, s’était rendu célèbre par la publication de livres où il explique les théories sur les causes de l’autisme. Elles ont été abandonnées, mais ont perdurées très, très, trop longtemps en France. Il reprend le terme et le concept de « mère réfrigérateur » avec l’idée d’une cause acquise et relative à la mère.

Enfant et adolescent, j’ai entendu les mots autisme, autour de moi. La seule théorie à disposition, celle de ce pseudoscientifique, m’a fait rejeter ce mot, un peu rapidement, comme ne me correspondant pas, me laissant à mon désir d’être de l’enfance (mes cauchemars d’endormissement : une plongée dans le néant) puis les angoisses de l’adolescence.

Autocentré (plus qu’un neurotypique), je ne me suis pas soucié de l’effet de ces théories sur ma mère, ni même de savoir si elle en avait conscience.

Ce n’est qu’à sa mort, en 2006 (j’avais 52 ans) que j’ai pris conscience de sa détresse…

Mais j’ai compris, aussi, qu’elle comprenait que je n’étais pas un être « indifférent » et que son regard sur l’autisme avait acquis, à ce moment-là, une perception bien plus pertinente que tous les scientifiques.

Pourquoi raconter cet épisode intime ?

Parce que :

L’amendement 159, discuté dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, proposait que les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ne soient plus remboursés par l’Assurance maladie.

Cet amendement a provoqué une mobilisation importante parmi les syndicats et associations de professionnels de la santé,

L’amendement 159 a finalement été rejeté.

A alors été diffusé sur les réseaux sociaux, le discours de  la sénatrice Jocelyne Guidez, porteuse du texte, à l’occasion de ce rejet et avertissant que « le combat continue », Les opposants à cet amendement interprétant ce discours comme « laissant entendre que la question pourrait resurgir sous d’autres formes. »

Elle a aussi motivé son amendement, en liant son combat au mal que la psychanalyse a fait en France sur les parents d’enfants autistes. La sénatrice en pleurait lors de son intervention.

Les posts de diffusion de la vidéo du discours de la sénatrice ont amené des commentaires haineux, doutant de la sincérité de  ses larmes et présentant les associations soutenant cette association comme des « nuisibles » à combattre. Ces commentaires n’ont pas été modérés.

Alors si Igor Thiriez, si vous lisez cet article, et réussissez à faire comprendre à vos collègues/camarades, la souffrance réelle et le traumatisme des parents d’enfants autistes de cette époque, ce serait un immense service que vous leur rendriez, car du soutien de l’opinion publique à votre juste combat, dépend son issue

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