
La présentation de ce livre, à paraître le 18 février, a toute sa place sous le thème désir d’être.
Je prends connaissance de ce livre, le jour où je publie un article, où j’écris « Simone Weil esquisse un programme de travaux collectifs ; elle voudrait « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose »
La diffusion de ces conférences ressort de cet appel.
La question de ce désir d’être ne peut être recevoir une réponse que par ce travail collectif de réflexion ! »
Or, Julie Dachez est docteure en psychologie sociale, autrice, vulgarisatrice scientifique et conférencière.
Extraits de son livre
- « Je suis une femme autiste diagnostiquée très tardivement, victime de violences psychologiques et émotionnelles notamment de la part de mes ex-conjoints ; avec une probable prédisposition génétique à des problèmes de santé mentale puisqu’il y a plusieurs cas dans ma famille. Autant vous dire que j’ai été mise très tôt sur l’autoroute de la dépression et de l’anxiété, car le stress chronique, la violence (sexuelle notamment), et les prédispositions génétiques sont autant d’éléments qui impactent négativement notre santé mentale. Il y en a d’autres, comme la mort soudaine d’un proche ou les maltraitances dans l’enfance. Je précise que je me réclame de la neurodiversité. Pour moi, être autiste n’est pas un déficit ou une affreuse pathologie, c’est un mode de fonctionnement différent avec ses forces et ses faiblesses »
- Elle décrit sa « deuxième expérience mystique » : « Un an plus tard, je suis en vacances avec mon amie Salomé pas loin de Tarragona, une région que je connais bien puisque j’ai des origines catalanes. Les jours s’égrènent tranquillement entre les randonnées, les parties de cartes et les siestes. La veille de son retour en France, nous nous rendons au monastère de Poblet, un des lieux touristiques à visiter absolument si vous êtes de passage dans le coin. Ce jour-là, je m’assieds sur un banc, devant le cloître, alors qu’elle part à la découverte du lieu. Je pose mes mains sur le banc en pierre et je ferme les yeux. Les mêmes sensations que celles ressenties un an auparavant commencent à m’envahir, de façon graduelle, tout en douceur. Je sens la fraîcheur de la brise sur mon bras, et je suis frappée par la perfection de ce souffle. Sa température, sa délicatesse, la façon dont elle caresse mon bras. La poussière en suspension dans ce rai de lumière, juste devant moi, attrape mon regard et m’offre un ballet multicolore. Lorsque ma main se déplace sur le banc, la douceur de la pierre polie par le passage des années me fait l’effet d’une caresse. Perfection. Mon corps tout entier est traversé par une énergie qui le déborde. Je me sens immense et puissante. Je suis bercée par l’amour, la joie, la beauté. Des images des jours précédents me reviennent en rafale : cette vue magnifique au sommet de notre randonnée sur la cime des pins et la mer, au loin, qui se fond dans l’horizon ; le silence au cœur de la nature ; ce petit mouvement de tête de Salomé lorsque sa curiosité est piquée et qu’elle s’apprête à poser une question. Oui, tout est perfection. Je pleure, de gratitude. Salomé revient, s’assied à côté de moi. Je bredouille quelques mots pour lui expliquer ce qui m’arrive. Je suis partagée entre la gratitude, la béatitude et le choc. Deux fois en un an, mais pourquoi moi ? »
- « Le soir même, alors que nous dînions au restaurant, Salomé a utilisé l’image suivante pour décrire la scène : « C’est comme si tu étais une aspirine en pleine effervescence dans un verre d’eau. Tu vois, ça envoie des picthouilles d’eau, eh bien j’ai reçu des pichtouilles d’émotions en étant à côté. Je me suis sentie émue, ça m’a vraiment secouée. Tu répétais “Je suis bénie, je suis bénie.” C’était très fort. » Salomé est athée. Elle m’a dit récemment, alors que je démarrais l’écriture de ce livre : « Depuis le monastère, je suis peut-être un peu moins hermétique. Tiens, j’ai une image qui me vient pour expliquer ça : là où auparavant j’étais dans une pièce avec quatre murs autour de moi, maintenant il y a des portes. Elles sont fermées, certes, mais il y a des portes. Je n’ai jamais remis en question ce que tu avais vécu en Jamaïque, mais comme il y avait des substances psychoactives impliquées, je ne le vivais pas de la même manière. Le fait de t’avoir vue au monastère et d’avoir ressenti l’émotion, c’est ça qui fait que je me dis qu’il y a peut-être quelque chose. Je me dis que, possiblement, il y a quelque chose auquel je n’ai pas accès. »
« Ce livre est un mélange entre vulgarisation scientifique et témoignages. À la croisée entre savoir scientifique et savoir expérientiel