Désir d’être : Simone Weil et René Girard face à la Tradition catholique ! La mort de Jésus, sacrifice, Sacrifice ou non-sacrificielle ?

« L’année 2025 a été marquée, entre autres, par le trouble qu’a causé la mise en avant dans le monde étasunien de l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme

2026 débute avec une utile mise au point que nous offre Benoît Chantre en revenant, ce que nous devrions toujours faire, aux textes, pour vérifier ce qu’un auteur a vraiment écrit et s’autoriser à imaginer ce qu’il aurait pu penser de circonstances ultérieures à la production de son œuvre. Il nous invite à parcourir un recueil d’extraits de René Girard …. Je vais sélectionner quelques extraits de ces extraits, histoire de vous donner envie de vous faire une opinion par vous-mêmes. J’y ajouterai des observations qui me sont propres. »

Jean-Marc Bourdin débute ainsi son article paru sur LE BLOG L’ÉMISSAIRE, le 20 janvier 2026

La phrase de Jean-Marc Bourdin « l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme » se base sur les idées d’un « médiateur », Peter Thiel, qui a été en contact direct avec René Girard. Mais ce médiateur n’a pas repris les éléments de la théorie mimétique de René Girard, permettant explicitement de relier cette théorie à la doctrine sociale de l’Eglise, vue par J. D. Vance.

Par contre, ce qui était implicite chez Peter Thiel, est très explicite chez Sylvain DURAIN, dans son dernier livre « René Girard, du désir à la violence » . La reprise des écrits de René Girard ne suffit pas pour mettre au conditionnel, l’influence de la lecture de Girard exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme. Il faut lire et étudier Sylvain Durain.

Ce n’est pas le sujet de l’article, mais, si un lecteur le demande, je donnerai en commentaire, succinctement, les deux arguments de Sylvain Durain, permettant ce lien.

Sur le même blog, paraissait 2 semaines après celui de Jean-Marc Bourdin, un article, récension du livre de Bernard PERRET

Joël Hillion y écrit « Le « sacrifice de Jésus » ôte-t-il tous nos péchés ? Ce serait encore un sacrifice expiatoire… archaïque. La mort de Jésus ne peut pas effacer nos péchés ─ Bernard Perret parle de la « rémission des péchés » page 156 ─ pour la bonne raison que c’est nous les coupables, c’est nous qui l’avons mis à mort, par le truchement de la foule déchaînée de Jérusalem. Nos péchés ne sont pas « purgés » par son sacrifice, mais seulement par le pardon que Jésus nous accorde sur la Croix. Là encore, la violence du « sacrifice de la Croix » n’est pas le remède au mal que nous commettons, et que nous continuons de commettre, c’est le renversement complet de ce sacrifice en pardon qui peut (seul) nous sauver. En ayant retourné le pardon en expiation, c’est comme si nous n’avions pas voulu de ce pardon. »

C’est de la théologie. Ce qui renvoie à ce blog, où je présentais la synthèse de mes recherches

Extrait : « Girard, après son travail anthropologique, abouti dans La Violence et le Sacré, se lance, avec toujours une méthodologie d’intertextualité, dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil, philosophe du 20ième siècle, adepte des méthodes de terrain). Il s’appuie sur l’Evangile de Saint-Jean pour le démontrer, introduisant, par-là, un biais épistémologique. Cet Evangile, le dernier chronologiquement, est déjà théologique.  

Ce qu’il ne voit pas, c’est que les débats théologiques deviennent un enjeu de pouvoir dans la chrétienté. De ce fait, les querelles théologiques ne pouvaient que « sacrifier » l’anthropologie des Evangiles, qui devint cachée et oubliée. Le mécanisme victimaire pouvait se perpétuer. Et, de fait, les querelles théologiques aboutirent à des reprises du mécanisme victimaire (exclusion, excommunication lors des conciles….) »

Ces phrases d’un article publié en août 2024 justifient d’être rappelées dans celui-ci traitant du livre de Sylvain Durain, René Girard, du désir à la violence. Cet auteur, traditionnaliste catholique, a lu et compris René Girard. Il s’adresse aux traditionnalistes, mais son livre mérite d’être étudié pour rentrer dans ce que j’écrivais « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose » dans

En effet, les premières conférences de ce séminaire Simone Weil et René Girard ont montré les interrogations de l’organisateur sur les liens avec la théologie dans la recherche de René Girard et une réponse épistémologique de Pierre Yves Gomez, qui devrait être questionnée par ce livre et la « thèse » de Sylvain Durain. Le livre de Bernard Perret devrait être aussi questionné.

Sylvain Durain ne cite pas le dernier livre de Bernard Perret, mais des passages de ces livres antérieurs sont cités. Il le connait. Il sait donc que Bernard Perret, pour développer ses thèses, et celles de la théologie de James Alison, s’appuie sur les premiers écrits sur le christianisme « Des choses cachées depuis la fondation du monde », et ses critiques envers l’Épître aux Hébreux.

Mais il cite la Postface de René Girard au livre de Raymond SCHWAGER Avons-nous besoin d’un bouc émissaire ? », ce qui suffit à montrer que ces critiques ont été abandonnées  « Je m’empêchais naguère de voir en Jésus un « bouc émissaire » qui « se sacrifie » pour les hommes. L’abbé Schwager a dissipé en moi ce malaise » « …j’ai insisté sur la critique prophétique des sacrifices, reprise par Jésus dans les Evangiles. J’ai parlé d’un christianisme non sacrificiel, seul authentique face à toutes les doctrines qui masquent la violence humaine (…). En parlant ainsi (…) je voulais  simplement dissiper (…) l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de « sacrifice ». (…) J’avais deux fois tort. Une première fois (…) je viens de rappeler pourquoi. Et une seconde fois, parce que le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère (…) l’unité paradoxale du religieux. Reconnaitre la valeur positive du terme de « sacrifice » ce n’est pas (…) pratiquer une espèce d’amalgame par un quelconque tour de passe-passe intellectuel, fondé par exemple sur la notion d’offrande sacrificielle »

Il cite aussi l’Art 7 (initial)de l’Introduction générale du nouveau missel, issu de Vatican II

« La cène du Seigneur ou messe est une synaxe (ou réunion) sacrée, c’est-à-dire le rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence d’un prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C’est pourquoi le rassemblement de l’Eglise locale réalise de façon éminente la promesse du Christ : « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

devenu, dans la version finale « A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique[37]. C´est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ: « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux » (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix[38], le Christ est réellement présent dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques » (PRÉAMBULE A LA PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MISSEL ROMAIN)

sacrifice eucharistique inclut les mots « transsubstantiation » et « propitiatoire » et renvoie à leurs origines

Une fois par an, le propitiatoire était aspergé de sang expiatoire par le souverain sacrificateur pour la purification des péchés (Lévitique, 16:14-17).

Cette évolution du texte démontre que l’Eglise catholique a débattu sur le sens du sacrifice eucharistique, et le garder secret pour ses fidèles.

Dans la liturgie ancienne, le prêtre était dos à l’assemblée des fidèles, car il présentait à Dieu, le sacrifice que lui, Dieu réclamait et l’assemblée s’associait, ainsi, symboliquement à cette présentation. Dans la liturgie nouvelle, le prêtre est face à l’assemblée des fidèles, ce qui correspond à la première version, citée par Sylvain Durain.

Garder cette liturgie nouvelle et reprendre les notions de sacrifice eucharistique, indique que l’Eglise catholique a refusé ce débat…Pour éviter un schisme trop important , et laisser isolé , Mgr Lefevre ? Peu importe les raisons, elles sont cachées. Il suffit de savoir qu’elles existent et que ce débat a été étouffé.

De ce fait, il parait évident qu’un pape, Benoît XVI, puisque le but des deux formes de liturgie sont les mêmes: le sacrifice eucharistique, autorise (par le décret sur la messe tridentine) à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II. Mais, de ce fait, la théorie mimétique est dans une impasse! Nous le montrerons après avoir traité des rapports de Simone Weil avec la tradition, vus par Sylvain Durain.

Dans l’extrait ci-dessus de la synthèse de ma recherche, j’ai relayé ce que Sylvain Durain nomme la « Doxa »: « Girard, après son travail anthropologique (…) se lance (…) dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil (…) »

Sylvain Dunain, montrant sa connaissance de René Girard, rectifie, en donnant la citation exacte et complète, tiré du livre « La Route antique des hommes pervers » ( ndlr : analyse du Livre de Job)

« Il existe une dimension anthropologique du texte évangélique. Je n’ai jamais dit qu’elle constitue le tout de la révélation chrétienne, (ndlr : souligné par Sylvain Durain) mais je pense que, sans elle, le christianisme ne peut pas être véritablement lui-même » Sylvain » Durain note que «  Cette citation, (…) semble l’éloigner de la vision de Simone Weil sur ce point qui écrivait qu’« avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes » (ndlr : souligné par nous) et rajoute  » on sent que René Girard n’est pas scientiste.

Par cette dernière phrase, Sylvain Durain considère-t-il Simone Weil, comme scientiste ? Peut-être, mais peu importe, l’important est de noter que ce sont les seuls passages du livre où Simone Weil est citée. C’est la preuve que la démarche scientifique de Simone Weil est solide et que celle de René Girard est dans une impasse.

Il suffit de citer le cardinal Jean-Claude HOLLERICH, interviewé par Marie-Lucile Kubacki, dans le remarquable hors-série de La Vie, consacré au pape François:

« Avant de révoquer le décret de Benoît XVI sur la messe tridentine (qui autorisait à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II), il a consulté les évêques dans le monde entier. Et s’il a décidé en ce sens, c’est (…) parce qu’il a compris que, dans cette forme de piété ancienne, beaucoup en restaient à une démarche assez individuelle, au fond (…). Et justement aujourd’hui, ce dont le monde a besoin c’est que nous surpassions l’individualisme postmoderne, sans quoi l’Eglise n’a pas d’avenir. Son texte n’était pas un acte impulsif et punitif, c’était le fruit d’un processus d’écoute et de discernement. Il sait très bien ce qu’il fait »

François, qui dénonçait le cléricalisme, fait du cléricalisme et cache aux fidèles la raison de l’anathème, qu’il prononce, en mettant, en avant des motifs pour donner une apparence de droit ( ndlr : expression renvoyant à la notion de Force chez Simone Weil).

La principale « dimension anthropologique du texte évangélique« , selon René Girard est le dévoilement du mécanisme sacrificiel par les Evangiles, notamment celle de Jean, qui le rendrait inefficace. L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH montre que ce principe fondamental de la théorie mimétique est à discuter.

Et montre bien que cette théorie est à un moment de son histoire, où elle se trouve dans une impasse.

L’actualité le démontre.

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-02/fraternite-saint-pie-x-rejet-dialogue-saint-siege.html

Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, au dicastère pour la Doctrine de la foi, à Rome, le 12 février 2026

Le nouveau pape, par l’intermédiaire du cardinal Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi avait proposé un dialogue « spécifiquement théologique » à  la Fraternité Saint-Pie-X, nommée aussi Lefebvristes (du nom de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité dans les années 1970 en opposition aux réformes du Concile Vatican II.

Ce dialogue « spécifiquement théologique » était  sous condition de suspendre les ordinations épiscopales annoncées, par la fraternité, pour le 1er juillet.

Le 12 février dernier, le cardinal Fernández déclarait : « Le Saint-Siège a réaffirmé que l’ordination d’évêques sans le mandat du Saint-Père, qui détient le pouvoir ordinaire suprême, plein, universel, immédiat et direct (cf. CDC, can. 331; Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitres I et III), impliquerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) avec de graves conséquences pour la fraternité dans son ensemble (…) »

Dans une lettre adressée au cardinal Fernández, du 18 février 2026, l’abbé Davide Pagliarani rejette cette proposition. « Le Concile ne constitue pas un ensemble de textes librement interprétables :   il a été reçu, développé et appliqué depuis soixante ans, par les papes qui se sont succédé, selon des orientations doctrinales et pastorales précises. Cette lecture officielle (…) se manifeste (…) dans la Réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes.(ndlr :décret de François révoquant celui de Benoît XVI sur la messe tridentine) Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend situer toute discussion est d’ores et déjà déterminé».

Faute d’accord, la décision de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet est donc confirmée.

L’Eglise catholique se trouve dans ce que René Girard nomme « crise sacrificielle ». Sylvain Durain reprend bien ce terme et fait remonter cette crise à Vatican II en citant un livre d’analyse (par un auteur, issu de la tradition), à propos de ce concile, voulant s’adapter au monde : « Mais ils l’ont fait en anathématisant les erreurs du jour, en sanctionnant les déviations disciplinaires ou morales de l’époque, en armant l’Eglise contre ses ennemis. L’adaptation ne visait à se conformer au siècle, mais à mieux lui résister. Il ne s’agissait pas de plaire au monde, mais de l’affronter et de le vaincre, pour plaire à Dieu. Jean XXIII et Paul VI ont cherché, au contraire, à rendre l’Eglise séduisante pour l’homme moderne.»  (Monsieur l’abbé Gaudron Catéchisme catholique de la crise dans l’Eglise.)

On voit par cette citation, qu’un point, que René Girard tient pour essentiel pour la théorie mimétique, à savoir depuis son livre « Des choses cachées depuis la fondation du monde » : La révélation du système sacrificiel, par la passion de Jésus rend ainsi inefficace le système sacrificiel, doit être sérieusement questionné sur sa pertinence, puisque anathématiser (ou excommunier) est la continuité du rite du bouc émissaire ( expulsion en expiation), ce que Sylvain Durain écrit. La signification reste cachée, au plus grand nombre, ce qui le rend toujours efficace pour une lutte de pouvoir.

Et c’est bien une lutte de pouvoir, comme le montre l’interview (cf. plus haut L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH). Le décret d’interdiction Traditionis custodes de François est pris comme refus d’une proposition faite sous menace d’excommunication. Extrait de Pastor aeternus

« Si quis igitur dixerit, beatum Petrum Apostolum non esse a Christo Domino constitutum Apostolorum omnium principem et totius Ecclesiae militantis visibile caput; vel eundem honoris tantum, non autem verae propriaeque iurisdictionis primatum ab eodem Domino nostro Iesu Christo directe et immediate accepisse; anathema sit. » dont je propose ici la traduction de Wikipedia :« Si donc quelqu’un dit que le Pontife romain n’a (ndlr : pas) (…) un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l’Église, (…) en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier, ou n’a (ndlr : pas) (…)  la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n’est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des Églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles, qu’il soit anathème. »

Simone Weil, (avec une relation directe avec le Christ) ne se veut pas en surplomb, mais, on l’a vu plus haut, avec la citation reprise par Sylvain Durain, a une démarche scientifique « avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes ».

Et elle écrit « Il y a un obstacle absolument infranchissable à l’incarnation du christianisme. C’est l’usage des deux petits mots anathema sit. Je reste aux côtés de toutes les choses qui ne peuvent pas entrer dans l’Eglise, ce réceptacle universel, à cause de ces deux petits mots. Je reste d’autant plus à leur côté que ma propre intelligence est du nombre (…) » Cette lettre de Simone a été publiée par le Père PERRIN dans « attente de Dieu ».

Pour elle, ce n’est pas la révélation d’un système, c’est la résistance efficace à l’acceptation d’un système. Elle n’était pas catholique de naissance et a refusé l’Eglise/institution. Mais celles et ceux qui, nés catholiques, savent discerner l’Eglise de l’église/institution, sont dans la même résistance efficace. Dans « Le moine et la psychanalyste », Marie Balmaryfait dire à « son » moine qu’il peut entrer et sortir de cette église/institution, comme il veut son’ « intelligence exige une liberté totale » (expression de Simone Weil pour relier ces deux femmes remarquables).

C’est en travaillant dans le café Le Simone, sur la doctrine sociale de Simone Weil, que ce concept de résistance avait été trouvé, bien avant mes recherches-interventions, arrivant à un résultat semblable. Mais, à ce stade de mes recherches, il n’était pas possible d’envisager d’en faire un principe fondateur d’un modèle universel.

Je l’envisage aujourd’hui. Et je  travaille sur cette hypothèse. L’actualité (crise de l’église, élection d’un pape américain et d’un vice-président du même pays, avec des idées non convergentes, droits de douane, guerres) montre l’intérêt de travailler sur une telle hypothèse.

La même actualité a montré que les lois économiques et de sciences de gestion, valables toutes choses égales par ailleurs, sont justement en évolution, car les choses « anthropologiques » ne sont plus égales par ailleurs. Les thèses de René Girard et Simone Weil sont ainsi étudiées, ce qui conduit à un séminaire Simone Weil et René Girard et de notre côté, à un appel à un travail collectif. Et donc, nous conduit à soumettre à ce séminaire, cet article.

Le café Le Simone a créé des ateliers pour étudier la doctrine sociale de l’Eglise, à la lumière de la doctrine de Simone Weil. Celle-ci se fera à travers d’œuvres de Simone Weil, élaborées avant et après son expérience mystique

La vie et la grève des ouvriers métallos : Cet article, publié par Simone Weil sous le pseudonyme de S. Galois (en référence au mathématicien Evariste Galois) a paru le 10 juin 1936 dans la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne (12° année, n° 224). La philosophe le reprit un mois plus tard, le 15 juillet 1936, sous le titre « Sur le tas : souvenirs d’une exploitée » dans le n° 7 des Cahiers de « Terre libre ». Ce mensuel anarchiste, qui parut de 1936 à 1938, était imprimé à Nîmes par André et Dori Prudhomme aux imprimeries coopératives La Laborieuse, 10 rue Emile Jamais

 La rationalisation Le 23 février 1937, Simone Weil fait une conférence devant des ouvriers dont seul ce texte partiellement recueilli par un auditeur nous est parvenu. C’est celui qui fut publié dans la première édition de  la Condition ouvrière en 1951.

A propos du syndicalisme « unique, apolitique, obligatoire écrit en 1938, ce texte a paru dans la Condition ouvrière en 1951, Paris, Gallimard. Elles sont la réponse de Simone Weil à Auguste Detoeuf, industriel et essayiste et à ses théories sur le syndicalisme

Expérience de la vie d’usine écrit entre 1936 et 1941, publié  en juin/juillet 1942, sous le pseudonyme d’Emile Novis dans le numéro  2 de Economie et  Humanisme. P. 1900 Les « réflexions sur le travail d’usine » (qu’elle dit ici avoir rédigées pour le P. Perrin), forment l’article intitulé dans La Condition ouvrière « Expérience de la vie d’usine » ; elles furent publiées dans la revue catholique économie et humanisme

Condition première d’un travail non servile écrit à Marseille au printemps 1942, ce texte a paru partiellement le numéro  4 du Cheval de Troie en 1947 (p525-534)

+Un texte de La Condition ouvrière daté de septembre 1937

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