Désir d’être: le message de Quentin, mort lynché !

Le quartier Saint-Georges, dans le vieux Lyon, avec son église éponyme au centre, proche du quai où Quentin D. a été recueilli par les pompiers.

Cette phrase est extraite de mon article, car elle permet de décrypter le message de Quentin, mon témoignage étant, bien entendu, insuffisant pour éviter un emballement mimétique de violence

Une marche a été organisée ce samedi, jusqu’au lieu où Quentin a été lynché. Ce mot, venant des Etats-Unis, est employé ici, car déjà utilisé par les médias et les analystes, il est, à l’heure actuelle, faute de mot français pour décrire ce phénomène, le mieux à même de comprendre ce qui s’est passé et le message de Quentin.

Car, oui, Quentin nous a envoyé un message. Je ne sais si je suis le seul à l’avoir décrypté. J’espère que non!

L’un des premiers témoignages, relayés par les médias, affirme que Quentin a refusé une prise en charge hospitalière.

Et, les pompiers le recueillent, mourant, quai Fulchiron, près de l’Eglise Saint-Georges, où quelques mois plus tôt, il s’était converti. Aller du lieu de son lynchage à l’Eglise représente une marche conséquente.

Il a préféré rencontrer Dieu, plutôt que se soigner et de penser à sa vie. Sa conversation spirituelle restera un secret, et, ami lecteur non-croyant, ne te moque pas.

Par contre, ce choix est un message pour nous, qu’il est facile de décrypter.

Qu’est-ce qui peut pousser un jeune converti (dans la croyance à Dieu) à aller se confier à lui, sans penser à sa survie.

Une seule chose : La rencontre avec le diable ou avec Satan, comme vous préférez.

Or, nous savons qu’il venait de son lieu de lynchage. C’est là qu’il a vu Satan. C’est donc son message : J’ai rencontré Satan, il m’a lynché !  

Avant de m’accuser de « divaguer », pensez aux dernières paroles de père Hamel.

Puis permettez, en lisant attentivement ce qui suit, que je relate les enseignements de certains faits de mon enfance.

 Neuroatypique sans le savoir, je me suis retrouvé, souvent, désigné tête de turc (l’expression est désuète et « connotée » de nos jours, mais toujours usitée et donc comprise, elle était à l’époque, la seule employée)

J’ai donc pu observer et comprendre ces phénomènes

  1. Une foule de garçons (les écoles n’étaient pas mixtes à cette époque, mais l’actualité récente montre que ce type d’activité n’est pas complétement genré) forme un cercle pour obliger la « tête de turc » à affronter le « fort en gym » (l’expression est désuète de nos jours, mais toujours usitée et donc comprise, elle était à l’époque, la seule employée).
  2. Si la « tête de turc » s’est montré un bon rival, permettant de mettre en valeur le « fort en gym », l’opération peut se renouveler jusqu’à ce que le « fort en gym » se lasse.
  3. Si la « tête de turc » s’est montré un rival, qui ne valorise pas la « Force » du « fort en gym », ni celle, éventuellement, de ses proches « courtisans », la foule prend le relais, mais sa Violence est contenue par « le fort en gym » directement ou indirectement (nécessité/obstacle de ne pas le dépasser). Et l’expression Violence contenue n’est pas exagérée : Les têtes de turc, souffre-douleurs et boucs émissaires peuvent voir l’expression « diabolique » des visages qui les entourent.

Le message devient clair

Quentin n’a pas été tué dans une rixe. Il a été lynché, il a été lynché, il a été lynché.

C’est une rupture anthropologique majeure, justifiant  que Quentin ait souhaité aller à la rencontre de Dieu (et de son représentant).

C’est un message pour ses parents, sa famille et ses proches : S’il a reconnu Satan, c’est qu’il a pu rencontrer Dieu !

Et pour tous ! Savoir que ses bourreaux étaient, lorsqu’il a été lynché, des émissaires de Satan ne signifie pas les excuser, et comprendre qu’ils « ne savaient pas ce qu’ils faisaient » ne signifie pas qu’ils sont irresponsables devant la justice des hommes. Quentin, en reconnaissant Satan, a montré que s’extraire du mimétisme de la Violence, est possible..  

 Ce message signifie simplement (et c’est extrêmement difficile à appréhender) que cette rupture peut être contagieuse (mimétique) et se répandre…

La sidération devant ce drame est compréhensible et les comportements qui s’en sont suivis, bien connus (cf. René Girard, Simone Weil et d’autres).

Il faut les arrêter ! Comment ? A défaut de sacraliser la Justice, il faut lui rendre sa place. Elle seule, doit appréhender les auteurs, instruire l’affaire, accuser. Les accusations et les procès médiatiques sont le moyen le plus efficace pour répandre cette  peste.

Lors du procès, toute la société devrait être derrière les juges, non pas pour crier sur les accusés, mais pour leur faire prendre conscience que Non ! Quentin n’a pas été tué dans une rixe. Il a été lynché, il a été lynché, il a été lynché ! Et donc accepter leurs  châtiments que le tribunal, seul, aura décidé.

Cette rupture anthropologique sera, ainsi, expulsée de façon semblable à un rite religieux !

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