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Désir d’être : Simone Weil et René Girard face à la Tradition catholique ! La mort de Jésus, sacrifice, Sacrifice ou non-sacrificielle ?

« L’année 2025 a été marquée, entre autres, par le trouble qu’a causé la mise en avant dans le monde étasunien de l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme

2026 débute avec une utile mise au point que nous offre Benoît Chantre en revenant, ce que nous devrions toujours faire, aux textes, pour vérifier ce qu’un auteur a vraiment écrit et s’autoriser à imaginer ce qu’il aurait pu penser de circonstances ultérieures à la production de son œuvre. Il nous invite à parcourir un recueil d’extraits de René Girard …. Je vais sélectionner quelques extraits de ces extraits, histoire de vous donner envie de vous faire une opinion par vous-mêmes. J’y ajouterai des observations qui me sont propres. »

Jean-Marc Bourdin débute ainsi son article paru sur LE BLOG L’ÉMISSAIRE, le 20 janvier 2026

La phrase de Jean-Marc Bourdin « l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme » se base sur les idées d’un « médiateur », Peter Thiel, qui a été en contact direct avec René Girard. Mais ce médiateur n’a pas repris les éléments de la théorie mimétique de René Girard, permettant explicitement de relier cette théorie à la doctrine sociale de l’Eglise, vue par J. D. Vance.

Par contre, ce qui était implicite chez Peter Thiel, est très explicite chez Sylvain DURAIN, dans son dernier livre « René Girard, du désir à la violence » . La reprise des écrits de René Girard ne suffit pas pour mettre au conditionnel, l’influence de la lecture de Girard exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme. Il faut lire et étudier Sylvain Durain.

Ce n’est pas le sujet de l’article, mais, si un lecteur le demande, je donnerai en commentaire, succinctement, les deux arguments de Sylvain Durain, permettant ce lien.

Sur le même blog, paraissait 2 semaines après celui de Jean-Marc Bourdin, un article, récension du livre de Bernard PERRET

Joël Hillion y écrit « Le « sacrifice de Jésus » ôte-t-il tous nos péchés ? Ce serait encore un sacrifice expiatoire… archaïque. La mort de Jésus ne peut pas effacer nos péchés ─ Bernard Perret parle de la « rémission des péchés » page 156 ─ pour la bonne raison que c’est nous les coupables, c’est nous qui l’avons mis à mort, par le truchement de la foule déchaînée de Jérusalem. Nos péchés ne sont pas « purgés » par son sacrifice, mais seulement par le pardon que Jésus nous accorde sur la Croix. Là encore, la violence du « sacrifice de la Croix » n’est pas le remède au mal que nous commettons, et que nous continuons de commettre, c’est le renversement complet de ce sacrifice en pardon qui peut (seul) nous sauver. En ayant retourné le pardon en expiation, c’est comme si nous n’avions pas voulu de ce pardon. »

C’est de la théologie. Ce qui renvoie à ce blog, où je présentais la synthèse de mes recherches

Extrait : « Girard, après son travail anthropologique, abouti dans La Violence et le Sacré, se lance, avec toujours une méthodologie d’intertextualité, dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil, philosophe du 20ième siècle, adepte des méthodes de terrain). Il s’appuie sur l’Evangile de Saint-Jean pour le démontrer, introduisant, par-là, un biais épistémologique. Cet Evangile, le dernier chronologiquement, est déjà théologique.  

Ce qu’il ne voit pas, c’est que les débats théologiques deviennent un enjeu de pouvoir dans la chrétienté. De ce fait, les querelles théologiques ne pouvaient que « sacrifier » l’anthropologie des Evangiles, qui devint cachée et oubliée. Le mécanisme victimaire pouvait se perpétuer. Et, de fait, les querelles théologiques aboutirent à des reprises du mécanisme victimaire (exclusion, excommunication lors des conciles….) »

Ces phrases d’un article publié en août 2024 justifient d’être rappelées dans celui-ci traitant du livre de Sylvain Durain, René Girard, du désir à la violence. Cet auteur, traditionnaliste catholique, a lu et compris René Girard. Il s’adresse aux traditionnalistes, mais son livre mérite d’être étudié pour rentrer dans ce que j’écrivais « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose » dans

En effet, les premières conférences de ce séminaire Simone Weil et René Girard ont montré les interrogations de l’organisateur sur les liens avec la théologie dans la recherche de René Girard et une réponse épistémologique de Pierre Yves Gomez, qui devrait être questionnée par ce livre et la « thèse » de Sylvain Durain. Le livre de Bernard Perret devrait être aussi questionné.

Sylvain Durain ne cite pas le dernier livre de Bernard Perret, mais des passages de ces livres antérieurs sont cités. Il le connait. Il sait donc que Bernard Perret, pour développer ses thèses, et celles de la théologie de James Alison, s’appuie sur les premiers écrits sur le christianisme « Des choses cachées depuis la fondation du monde », et ses critiques envers l’Épître aux Hébreux.

Mais il cite la Postface de René Girard au livre de Raymond SCHWAGER Avons-nous besoin d’un bouc émissaire ? », ce qui suffit à montrer que ces critiques ont été abandonnées  « Je m’empêchais naguère de voir en Jésus un « bouc émissaire » qui « se sacrifie » pour les hommes. L’abbé Schwager a dissipé en moi ce malaise » « …j’ai insisté sur la critique prophétique des sacrifices, reprise par Jésus dans les Evangiles. J’ai parlé d’un christianisme non sacrificiel, seul authentique face à toutes les doctrines qui masquent la violence humaine (…). En parlant ainsi (…) je voulais  simplement dissiper (…) l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de « sacrifice ». (…) J’avais deux fois tort. Une première fois (…) je viens de rappeler pourquoi. Et une seconde fois, parce que le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère (…) l’unité paradoxale du religieux. Reconnaitre la valeur positive du terme de « sacrifice » ce n’est pas (…) pratiquer une espèce d’amalgame par un quelconque tour de passe-passe intellectuel, fondé par exemple sur la notion d’offrande sacrificielle »

Il cite aussi l’Art 7 (initial)de l’Introduction générale du nouveau missel, issu de Vatican II

« La cène du Seigneur ou messe est une synaxe (ou réunion) sacrée, c’est-à-dire le rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence d’un prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C’est pourquoi le rassemblement de l’Eglise locale réalise de façon éminente la promesse du Christ : « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

devenu, dans la version finale « A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique[37]. C´est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ: « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux » (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix[38], le Christ est réellement présent dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques » (PRÉAMBULE A LA PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MISSEL ROMAIN)

sacrifice eucharistique inclut les mots « transsubstantiation » et « propitiatoire » et renvoie à leurs origines

Une fois par an, le propitiatoire était aspergé de sang expiatoire par le souverain sacrificateur pour la purification des péchés (Lévitique, 16:14-17).

Cette évolution du texte démontre que l’Eglise catholique a débattu sur le sens du sacrifice eucharistique, et le garder secret pour ses fidèles.

Dans la liturgie ancienne, le prêtre était dos à l’assemblée des fidèles, car il présentait à Dieu, le sacrifice que lui, Dieu réclamait et l’assemblée s’associait, ainsi, symboliquement à cette présentation. Dans la liturgie nouvelle, le prêtre est face à l’assemblée des fidèles, ce qui correspond à la première version, citée par Sylvain Durain.

Garder cette liturgie nouvelle et reprendre les notions de sacrifice eucharistique, indique que l’Eglise catholique a refusé ce débat…Pour éviter un schisme trop important , et laisser isolé , Mgr Lefevre ? Peu importe les raisons, elles sont cachées. Il suffit de savoir qu’elles existent et que ce débat a été étouffé.

De ce fait, il parait évident qu’un pape, Benoît XVI, puisque le but des deux formes de liturgie sont les mêmes: le sacrifice eucharistique, autorise (par le décret sur la messe tridentine) à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II. Mais, de ce fait, la théorie mimétique est dans une impasse! Nous le montrerons après avoir traité des rapports de Simone Weil avec la tradition, vus par Sylvain Durain.

Dans l’extrait ci-dessus de la synthèse de ma recherche, j’ai relayé ce que Sylvain Durain nomme la « Doxa »: « Girard, après son travail anthropologique (…) se lance (…) dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil (…) »

Sylvain Dunain, montrant sa connaissance de René Girard, rectifie, en donnant la citation exacte et complète, tiré du livre « La Route antique des hommes pervers » ( ndlr : analyse du Livre de Job)

« Il existe une dimension anthropologique du texte évangélique. Je n’ai jamais dit qu’elle constitue le tout de la révélation chrétienne, (ndlr : souligné par Sylvain Durain) mais je pense que, sans elle, le christianisme ne peut pas être véritablement lui-même » Sylvain » Durain note que «  Cette citation, (…) semble l’éloigner de la vision de Simone Weil sur ce point qui écrivait qu’« avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes » (ndlr : souligné par nous) et rajoute  » on sent que René Girard n’est pas scientiste.

Par cette dernière phrase, Sylvain Durain considère-t-il Simone Weil, comme scientiste ? Peut-être, mais peu importe, l’important est de noter que ce sont les seuls passages du livre où Simone Weil est citée. C’est la preuve que la démarche scientifique de Simone Weil est solide et que celle de René Girard est dans une impasse.

Il suffit de citer le cardinal Jean-Claude HOLLERICH, interviewé par Marie-Lucile Kubacki, dans le remarquable hors-série de La Vie, consacré au pape François:

« Avant de révoquer le décret de Benoît XVI sur la messe tridentine (qui autorisait à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II), il a consulté les évêques dans le monde entier. Et s’il a décidé en ce sens, c’est (…) parce qu’il a compris que, dans cette forme de piété ancienne, beaucoup en restaient à une démarche assez individuelle, au fond (…). Et justement aujourd’hui, ce dont le monde a besoin c’est que nous surpassions l’individualisme postmoderne, sans quoi l’Eglise n’a pas d’avenir. Son texte n’était pas un acte impulsif et punitif, c’était le fruit d’un processus d’écoute et de discernement. Il sait très bien ce qu’il fait »

François, qui dénonçait le cléricalisme, fait du cléricalisme et cache aux fidèles la raison de l’anathème, qu’il prononce, en mettant, en avant des motifs pour donner une apparence de droit ( ndlr : expression renvoyant à la notion de Force chez Simone Weil).

La principale « dimension anthropologique du texte évangélique« , selon René Girard est le dévoilement du mécanisme sacrificiel par les Evangiles, notamment celle de Jean, qui le rendrait inefficace. L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH montre que ce principe fondamental de la théorie mimétique est à discuter.

Et montre bien que cette théorie est à un moment de son histoire, où elle se trouve dans une impasse.

L’actualité le démontre.

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-02/fraternite-saint-pie-x-rejet-dialogue-saint-siege.html

Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, au dicastère pour la Doctrine de la foi, à Rome, le 12 février 2026

Le nouveau pape, par l’intermédiaire du cardinal Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi avait proposé un dialogue « spécifiquement théologique » à  la Fraternité Saint-Pie-X, nommée aussi Lefebvristes (du nom de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité dans les années 1970 en opposition aux réformes du Concile Vatican II.

Ce dialogue « spécifiquement théologique » était  sous condition de suspendre les ordinations épiscopales annoncées, par la fraternité, pour le 1er juillet.

Le 12 février dernier, le cardinal Fernández déclarait : « Le Saint-Siège a réaffirmé que l’ordination d’évêques sans le mandat du Saint-Père, qui détient le pouvoir ordinaire suprême, plein, universel, immédiat et direct (cf. CDC, can. 331; Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitres I et III), impliquerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) avec de graves conséquences pour la fraternité dans son ensemble (…) »

Dans une lettre adressée au cardinal Fernández, du 18 février 2026, l’abbé Davide Pagliarani rejette cette proposition. « Le Concile ne constitue pas un ensemble de textes librement interprétables :   il a été reçu, développé et appliqué depuis soixante ans, par les papes qui se sont succédé, selon des orientations doctrinales et pastorales précises. Cette lecture officielle (…) se manifeste (…) dans la Réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes.(ndlr :décret de François révoquant celui de Benoît XVI sur la messe tridentine) Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend situer toute discussion est d’ores et déjà déterminé».

Faute d’accord, la décision de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet est donc confirmée.

L’Eglise catholique se trouve dans ce que René Girard nomme « crise sacrificielle ». Sylvain Durain reprend bien ce terme et fait remonter cette crise à Vatican II en citant un livre d’analyse (par un auteur, issu de la tradition), à propos de ce concile, voulant s’adapter au monde : « Mais ils l’ont fait en anathématisant les erreurs du jour, en sanctionnant les déviations disciplinaires ou morales de l’époque, en armant l’Eglise contre ses ennemis. L’adaptation ne visait à se conformer au siècle, mais à mieux lui résister. Il ne s’agissait pas de plaire au monde, mais de l’affronter et de le vaincre, pour plaire à Dieu. Jean XXIII et Paul VI ont cherché, au contraire, à rendre l’Eglise séduisante pour l’homme moderne.»  (Monsieur l’abbé Gaudron Catéchisme catholique de la crise dans l’Eglise.)

On voit par cette citation, qu’un point, que René Girard tient pour essentiel pour la théorie mimétique, à savoir depuis son livre « Des choses cachées depuis la fondation du monde » : La révélation du système sacrificiel, par la passion de Jésus rend ainsi inefficace le système sacrificiel, doit être sérieusement questionné sur sa pertinence, puisque anathématiser (ou excommunier) est la continuité du rite du bouc émissaire ( expulsion en expiation), ce que Sylvain Durain écrit. La signification reste cachée, au plus grand nombre, ce qui le rend toujours efficace pour une lutte de pouvoir.

Et c’est bien une lutte de pouvoir, comme le montre l’interview (cf. plus haut L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH). Le décret d’interdiction Traditionis custodes de François est pris comme refus d’une proposition faite sous menace d’excommunication. Extrait de Pastor aeternus

« Si quis igitur dixerit, beatum Petrum Apostolum non esse a Christo Domino constitutum Apostolorum omnium principem et totius Ecclesiae militantis visibile caput; vel eundem honoris tantum, non autem verae propriaeque iurisdictionis primatum ab eodem Domino nostro Iesu Christo directe et immediate accepisse; anathema sit. » dont je propose ici la traduction de Wikipedia :« Si donc quelqu’un dit que le Pontife romain n’a (ndlr : pas) (…) un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l’Église, (…) en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier, ou n’a (ndlr : pas) (…)  la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n’est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des Églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles, qu’il soit anathème. »

Simone Weil, (avec une relation directe avec le Christ) ne se veut pas en surplomb, mais, on l’a vu plus haut, avec la citation reprise par Sylvain Durain, a une démarche scientifique « avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes ».

Et elle écrit « Il y a un obstacle absolument infranchissable à l’incarnation du christianisme. C’est l’usage des deux petits mots anathema sit. Je reste aux côtés de toutes les choses qui ne peuvent pas entrer dans l’Eglise, ce réceptacle universel, à cause de ces deux petits mots. Je reste d’autant plus à leur côté que ma propre intelligence est du nombre (…) » Cette lettre de Simone a été publiée par le Père PERRIN dans « attente de Dieu ».

Pour elle, ce n’est pas la révélation d’un système, c’est la résistance efficace à l’acceptation d’un système. Elle n’était pas catholique de naissance et a refusé l’Eglise/institution. Mais celles et ceux qui, nés catholiques, savent discerner l’Eglise de l’église/institution, sont dans la même résistance efficace. Dans « Le moine et la psychanalyste », Marie Balmaryfait dire à « son » moine qu’il peut entrer et sortir de cette église/institution, comme il veut son’ « intelligence exige une liberté totale » (expression de Simone Weil pour relier ces deux femmes remarquables).

C’est en travaillant dans le café Le Simone, sur la doctrine sociale de Simone Weil, que ce concept de résistance avait été trouvé, bien avant mes recherches-interventions, arrivant à un résultat semblable. Mais, à ce stade de mes recherches, il n’était pas possible d’envisager d’en faire un principe fondateur d’un modèle universel.

Je l’envisage aujourd’hui. Et je  travaille sur cette hypothèse. L’actualité (crise de l’église, élection d’un pape américain et d’un vice-président du même pays, avec des idées non convergentes, droits de douane, guerres) montre l’intérêt de travailler sur une telle hypothèse.

La même actualité a montré que les lois économiques et de sciences de gestion, valables toutes choses égales par ailleurs, sont justement en évolution, car les choses « anthropologiques » ne sont plus égales par ailleurs. Les thèses de René Girard et Simone Weil sont ainsi étudiées, ce qui conduit à un séminaire Simone Weil et René Girard et de notre côté, à un appel à un travail collectif. Et donc, nous conduit à soumettre à ce séminaire, cet article.

Le café Le Simone a créé des ateliers pour étudier la doctrine sociale de l’Eglise, à la lumière de la doctrine de Simone Weil. Celle-ci se fera à travers d’œuvres de Simone Weil, élaborées avant et après son expérience mystique

La vie et la grève des ouvriers métallos : Cet article, publié par Simone Weil sous le pseudonyme de S. Galois (en référence au mathématicien Evariste Galois) a paru le 10 juin 1936 dans la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne (12° année, n° 224). La philosophe le reprit un mois plus tard, le 15 juillet 1936, sous le titre « Sur le tas : souvenirs d’une exploitée » dans le n° 7 des Cahiers de « Terre libre ». Ce mensuel anarchiste, qui parut de 1936 à 1938, était imprimé à Nîmes par André et Dori Prudhomme aux imprimeries coopératives La Laborieuse, 10 rue Emile Jamais

 La rationalisation Le 23 février 1937, Simone Weil fait une conférence devant des ouvriers dont seul ce texte partiellement recueilli par un auditeur nous est parvenu. C’est celui qui fut publié dans la première édition de  la Condition ouvrière en 1951.

A propos du syndicalisme « unique, apolitique, obligatoire écrit en 1938, ce texte a paru dans la Condition ouvrière en 1951, Paris, Gallimard. Elles sont la réponse de Simone Weil à Auguste Detoeuf, industriel et essayiste et à ses théories sur le syndicalisme

Expérience de la vie d’usine écrit entre 1936 et 1941, publié  en juin/juillet 1942, sous le pseudonyme d’Emile Novis dans le numéro  2 de Economie et  Humanisme. P. 1900 Les « réflexions sur le travail d’usine » (qu’elle dit ici avoir rédigées pour le P. Perrin), forment l’article intitulé dans La Condition ouvrière « Expérience de la vie d’usine » ; elles furent publiées dans la revue catholique économie et humanisme

Condition première d’un travail non servile écrit à Marseille au printemps 1942, ce texte a paru partiellement le numéro  4 du Cheval de Troie en 1947 (p525-534)

+Un texte de La Condition ouvrière daté de septembre 1937

Mort de Quentin : Témoignage pour éviter un emballement mimétique de violence

Le quartier Saint-Georges, dans le vieux Lyon, avec son église éponyme au centre, proche du quai où Quentin D. a été recueilli par les pompiers.

Marié depuis plus de 40 ans, dans cette église, devenu peu après, un lieu de culte selon le rite extraordinaire de l’Eglise catholique, je n’avais remis le pied, (ni le moindre orteil), dans ce lieu.

Séjournant dans ce quartier, pour quelques jours, ma femme et moi avons voulu assister à la messe dominicale de ce dimanche 15 février. J’ai retrouvé la messe de notre enfance, avec sa signification première, objet de mes recherches. La liturgie est belle, mais nous ne chercherons pas à renouveler l’expérience.

A la fin de la messe, le curé a fait un hommage à Quentin, avec des prières, à laquelle tous les paroissiens se sont associés. Le prêtre a présenté Quentin, avant tout, comme catholique. C’est dans cette église, qui a vu notre mariage, que nous avons appris ce drame affreux.

Il nous a d’autant plus touché, que rentrant d’une promenade, le jeudi soir, nous avons vu un camion rouge, stationné à côté de l’église, avec trois pompiers, montant la garde….

Donc touché par ce drame, je prends aujourd’hui connaissance de certains articles de presse.

Et j’ai lu un article faux, non signé par un journaliste, mais par franceinfo, Radio France.

https://www.franceinfo.fr/faits-divers/mort-de-quentin-militant-identitaire-agresse-a-lyon/ca-me-fait-peur-apres-l-agression-mortelle-de-quentin-deranque-ces-lyonnais-redoutent-un-cycle-de-violence_7809236.html

À la sortie de la messe de l’église Saint-Georges, paroisse traditionaliste que fréquentait Quentin ( j’ai enlevé le nom, car si mettre le nom ne gêne pas la déontologie de Radio France, elle choque mon éthique) , un jeune homme s’emporte contre les militants antifascistes et la France Insoumise. « Pour moi, ce sont des terroristes ces gens-là. Ils ont des milices et ils sont députés. Et vu qu’ils se sentent impunis, ça ne fait qu’escalader la violence », dénonce-t-il….

Je peux témoigner n’avoir vu aucun journaliste, que le prêtre et les personnes présentes à cette messe, ont été responsables et ont pour Quentin seulement prier, y compris pour la conversion de ses assassins, sans les caractériser d’aucun qualificatif !

Je ne commenterai pas le reste de l’article, que j’ai cité, simplement pour sourcer mon propos.

Les écrits mensongers ne peuvent que faire naitre un emballement mimétique, de la haine et un déchainement de violences.

Nous sommes en période électorale. Pour renforcer ce témoignage et empêcher un tel emballement, je déclare simplement que mon vote à ces élections locales ne changent pas avec ce drame.

Je vote dans la ville de Saint-Priest pour Gilles Gascon, mon soutien à la Métropole va à celui, qui est député de ma circonscription, Idir Boumertit, même s’il ne m’est pas possible de voter directement pour lui.

Je salue ici les candidats de Lyon, qui ont suspendu leur campagne ce dimanche. C’était une attitude responsable

Désir d’être : Qu’est-ce que vous croyez ?

La présentation de ce livre, à paraître le 18 février, a toute sa place sous le thème désir d’être.

Je prends connaissance de ce livre, le jour où je publie un article, où j’écris « Simone Weil esquisse un programme de travaux collectifs ; elle voudrait « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose »

La diffusion de ces conférences ressort de cet appel.

La question de ce désir d’être ne peut être recevoir une réponse que par ce travail collectif de réflexion ! »

Or, Julie Dachez est docteure en psychologie sociale, autrice, vulgarisatrice scientifique et conférencière.

Extraits de son livre

  1. « Je suis une femme autiste diagnostiquée très tardivement, victime de violences psychologiques et émotionnelles notamment de la part de mes ex-conjoints ; avec une probable prédisposition génétique à des problèmes de santé mentale puisqu’il y a plusieurs cas dans ma famille. Autant vous dire que j’ai été mise très tôt sur l’autoroute de la dépression et de l’anxiété, car le stress chronique, la violence (sexuelle notamment), et les prédispositions génétiques  sont autant d’éléments qui impactent négativement notre santé mentale. Il y en a d’autres, comme la mort soudaine d’un proche ou les maltraitances dans l’enfance.                                                                              Je précise que je me réclame de la neurodiversité. Pour moi, être autiste n’est pas un déficit ou une affreuse pathologie, c’est un mode de fonctionnement différent avec ses forces et ses faiblesses »
  2. Elle décrit sa « deuxième expérience mystique » : « Un an plus tard, je suis en vacances avec mon amie Salomé pas loin de Tarragona, une région que je connais bien puisque j’ai des origines catalanes. Les jours s’égrènent tranquillement entre les randonnées, les parties de cartes et les siestes. La veille de son retour en France, nous nous rendons au monastère de Poblet, un des lieux touristiques à visiter absolument si vous êtes de passage dans le coin. Ce jour-là, je m’assieds sur un banc, devant le cloître, alors qu’elle part à la découverte du lieu. Je pose mes mains sur le banc en pierre et je ferme les yeux. Les mêmes sensations que celles ressenties un an auparavant commencent à m’envahir, de façon graduelle, tout en douceur. Je sens la fraîcheur de la brise sur mon bras, et je suis frappée par la perfection de ce souffle. Sa température, sa délicatesse, la façon dont elle caresse mon bras. La poussière en suspension dans ce rai de lumière, juste devant moi, attrape mon regard et m’offre un ballet multicolore. Lorsque ma main se déplace sur le banc, la douceur de la pierre polie par le passage des années me fait l’effet d’une caresse. Perfection. Mon corps tout entier est traversé par une énergie qui le déborde. Je me sens immense et puissante. Je suis bercée par l’amour, la joie, la beauté. Des images des jours précédents me reviennent en rafale : cette vue magnifique au sommet de notre randonnée sur la cime des pins et la mer, au loin, qui se fond dans l’horizon ; le silence au cœur de la nature ; ce petit mouvement de tête de Salomé lorsque sa curiosité est piquée et qu’elle s’apprête à poser une question. Oui, tout est perfection. Je pleure, de gratitude. Salomé revient, s’assied à côté de moi. Je bredouille quelques mots pour lui expliquer ce qui m’arrive. Je suis partagée entre la gratitude, la béatitude et le choc. Deux fois en un an, mais pourquoi moi ? »
  3. « Le soir même, alors que nous dînions au restaurant, Salomé a utilisé l’image suivante pour décrire la scène : « C’est comme si tu étais une aspirine en pleine effervescence dans un verre d’eau. Tu vois, ça envoie des picthouilles d’eau, eh bien j’ai reçu des pichtouilles d’émotions en étant à côté. Je me suis sentie émue, ça m’a vraiment secouée. Tu répétais “Je suis bénie, je suis bénie.” C’était très fort. »                                                                                                                                                         Salomé est athée. Elle m’a dit récemment, alors que je démarrais l’écriture de ce livre : « Depuis le monastère, je suis peut-être un peu moins hermétique. Tiens, j’ai une image qui me vient pour expliquer ça : là où auparavant j’étais dans une pièce avec quatre murs autour de moi, maintenant il y a des portes. Elles sont fermées, certes, mais il y a des portes. Je n’ai jamais remis en question ce que tu avais vécu en Jamaïque, mais comme il y avait des substances psychoactives impliquées, je ne le vivais pas de la même manière. Le fait de t’avoir vue au monastère et d’avoir ressenti l’émotion, c’est ça qui fait que je me dis qu’il y a peut-être quelque chose. Je me dis que, possiblement, il y a quelque chose auquel je n’ai pas accès. »

« Ce livre est un mélange entre vulgarisation scientifique et témoignages. À la croisée entre savoir scientifique et savoir expérientiel

Désir d’être: Simone Weil et René Girard

Comme le séminaire « René Girard et Simone Weil. Violence et vérité » organisé par l’Association Recherches Mimétiques  et l’Institut Catholique de Paris a débuté. Et que les objectifs des Six rendez-vous du séminaire  sont affichés : éclairer, aujourd’hui l’une par l’autre, la métaphysique religieuse de Simone Weilet l’herméneutique anthropologique de René Girard.

Il est logique d’illustrer cet article par l’image de La Passion de Simone, oratorio composé par Kaija Saariaho sur un livret français d’Amin Maalouf, qui se veut « un chemin musical en quinze stations »

Et de donner la possibilité de écouter ce magnifique oratorio.

Cette musique et ce livret sont pleines de symboles, de ceux qu’un conseiller en musique du xx siècle, producteur à France-Musique décrit dans son article «  Dominique JAMEUX, « SYMBOLE », Encyclopædia Universalis ».  

Sur ce blogue, nous donnons la possibilité d’écouter les conférences mensuelles du séminaire. Elles sont passionnantes !

Voici celle du mardi 6 janvier 2026 :

— Jérémie Delsart : « Simone Weil lectrice de l’Ancien Testament: une série de problèmes à la lumière de René Girard»

— Pierre-Yves Gomez : « Peut-on conserver l’hypothèse de neutralisation en sciences sociales après Weil et Girard ? »

Voici celle du mardi 3 février ́ :

 — Christine Orsini : « Force et Violence, lecture croisée de Weil et Girard »

— Camille Mairian : « Désir et conversion chez Simone Weil et René Girard »

Camille Mairian a changé sa conférence et a donné, au préalable, les extraits cités des œuvres de Simone Weil et René Girard. Les voici, car les avoir, sous les yeux, aident la vision de sa conférence.

Nous diffusons ces conférences, car nous pensons au café coworking Le Simone à Lyon. Il lance un cycle de formation et de réflexion ouvert à tous, pour redécouvrir la richesse de la Doctrine sociale de l’Église, articuler foi et engagement concret, et nourrir un regard chrétien sur les questions sociales…sous la tutelle inspirante de Simone Weil.   Ces conférences seront donc très utiles pour une réflexion féconde.

Nous l’incluons dans la série désir d’être, car beaucoup ne regardent, ne lisent et comprennent l’œuvre de Simone Weil, qu’à travers son expérience mystique.

C’est l’option de Kaija Saariaho et d’Amin Maalouf, dans son oratorio, comme vous pouvez en juger, par le « très acclamé » extrait (durée 6’ 25) « L’amour de loin », présentée ainsi : «  Sur la structure des Passions de Bach, la partition unique et pleine de suspense de Saariaho, interprétée par la chanteuse de cour Anne Sofie von Otter en tant que soliste, plonge l’auditeur dans la vie et les pensées de Simone Weil. »

Comme l’a rappelé Christine Orsini, dans sa conférence, Simone Weil a une culture scientifique solide et prône l’analogie, comme méthode de pensée.

Voici, pour compléter sa conférence, une citation de Simone Weil

« C’est par l’algèbre que la science est devenue un instrument indépendant de la pensée, indépendant des individus, et qui, par sa masse, leur échappe, une sorte de machine dont seule la collectivité dispose. Il faudrait une science qu’il fut impossible de détacher des hommes. Une telle science existerait peut-être si, au lieu d’employer l’algèbre comme moyen de connaissance, on employait une méthode fondée sur l’analogie. « J’ai rêvé parfois d’un manuel de physique pour écoles primaires, où l’interprétation des phénomènes naturels serait exclusivement présentée sous l’aspect d’analogies successives, de plus en plus exactes, et cela en partant de la perception (…). Ainsi, pour la lumière, on commencerait par la liste de tous les cas où la lumière se comporte comme quelque chose d’analogue à un mouvement, pour passer ensuite à l’analogie avec un mouvement rectiligne, à l’analogie avec les ondes…

Et Simone Pétramant, auteure de « La vie de Simone », note qu’elle souhaite «  une étude approfondie des instruments de travail, non plus d’un point de vue technique (…) mais quant à leur rapport avec l’homme, avec la pensée humaine » Elle pense en effet que la libération de l’ouvrier doit se faire dans le travail même, et que le travail, pour devenir celui d’un homme libre, doit être pénétré de pensée, d’invention, de jugement.

Avec ces extraits d’une  réponse à une lettre d’Alain, publiée dans « Sur la science », Simone Pétramant  note que Simone Weil esquisse un programme de travaux collectifs ; elle voudrait « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose »

La diffusion de ces conférences ressort de cet appel.

La question de ce désir d’être ne peut être recevoir une réponse que par ce travail collectif de réflexion !

Pour ceux qui veulent approfondir « l’analogie »:

Pierre DELATTRE, Alain de LIBERA, « ANALOGIE », Encyclopædia Universalis

Robert BLANCHÉ, « RAISONNEMENT », Encyclopædia Universalis

Cas de souffrance au travail dans une plate-forme courrier-colis de La Poste. Alerte! Dysfonctionnement grave ou harcèlement institutionnel ?

J’ai laissé le temps aux responsables de la plate-forme courrier-colis de Corbas de me répondre.

Elles l’ont fait indirectement, car la distribution du courrier dans les boites aux lettres a repris.

Mais la non-réponse directe montre bien le peu de cas que les responsables de la plate-forme courrier-colis de Corbas accorde à une alerte d’un cas de souffrance au travail.

Aussi je publie aujourd’hui un document, comme preuve de mon texte du 9 février:

Début novembre 2025, le courrier n’était pas distribué, une réclamation avait été déposée. Le 7 novembre, un (e) responsable de Corbas avait pu contacté le syndic et régler le/son problème d’accès.

Début février 2026, nouvelle non distribution. Les responsables de la plate-forme refusent de contacter le syndic et demande à un voisin de le faire car « si nous ne voulons rien faire, le courrier est disponible au dépôt de Corbas au 3 rue du Dauphiné. »

Pendant 3 mois, soit le facteur pouvait distribuer le courrier et un incident se produit. La Poste devait donc contacter directement le syndic. Soit le facteur ne pouvait distribuer le courrier, et La Poste aurait dû être alertée et contacter le syndic. Dans les deux cas, il s’agit d’un dysfonctionnement grave, montrant bien un mépris des usagers et dans le deuxième cas, un mépris du personnel.

La non-réponse directe montre bien le peu de cas que les responsables de la plate-forme courrier-colis de Corbas accorde à une alerte d’un cas de souffrance au travail.

Je publie l’article le 9 et la distribution reprend…! Sans excuses ni réponses

Voici le texte publié le 9 février

La plate-forme courrier-colis de Corbas, dans le Rhône, est neuve et semble une magnifique vitrine pour La Poste. Semble, car, pour des usagers lambda, trouver des interlocuteurs répondant à leurs interrogations, est mission impossible.

Le cas de souffrance au travail constaté, ne peut être traité par nous. Mais, le passer sous silence, pourrait se révéler criminel.

Les faits sont simples. Le facteur, dépendant de cette plate-forme, qui, distribue le courrier dans notre copropriété, souffre d’une situation, en apparence anodine.

Ma femme m’a avoué, le 14 janvier, que le facteur, ne distribuant le courrier qu’une ou deux fois/semaine, avait besoin qu’on lui ouvre la porte d’entrée. Il s’excusait à chaque fois.

Avoué ? Oui ma femme craignait que j’ investisse du temps à comprendre ce qui se passait. Elle s’est décidée à me le raconter, parce que ce facteur l’avait supplié de descendre pour constater qu’il ne pouvait pas ouvrir avec son badge Vigik, il lui apprit qu’il était un renfort. Puis, quelques jours plus tard, il lui a demandé le nom du syndic.

J’ai compris immédiatement le problème. Début novembre, la copropriété ne recevant plus de courrier, J’avais déposé une réclamation en ligne. J’avais été contacté par téléphone et par mail, par une cadre de la plate-forme de Corbas. Elle m’expliqua que l’accès à notre allée était impossible et qu’il fallait venir chercher le courrier à la plate-forme. Elle me demanda le nom du syndic. Je lui donnais et tout sembla être réglé, lors de la visite suivante du syndic. Le facteur titulaire colis confirma que les problèmes d’accès n’existaient plus.

Je répondais à la responsable, par mail, renseignement pris, que je n’étais pas dupe, car la non distribution coïncidait avec une restructuration.

Nous devions partir à la montagne et me promis de m’occuper du problème au retour.

Au retour, un voisin m’apprit que le courrier n’était plus distribué, qu’il avait réussi à « avoir »  la responsable qualité. Elle affirmait que l’accès est impossible et qu’il faut aller chercher le courrier à la plate-forme.

La direction de cette plate-forme affiche le même mépris pour ce facteur en renfort que pour des usagers qui réclament des explications.

Avant de déterminer un traitement de cette réclamation avec le syndic, il était urgent de rédiger cet article d’alerte car un homme est victime au mieux d’un profond mépris, au pire d’un harcèlement organisationnel.

J’ai employé le mot usagers, plutôt que clients,  en toute connaissance de cause. À La Poste, les deux catégories coexistent et sont distinctes.

Les clients sont ceux qui payent La Poste pour  une prestation. Pour le courrier, il s’agit des expéditeurs (sauf exception des remises payantes de courrier).

Les usagers sont ceux qui reçoivent le courrier ( pour continuer cet exemple).

A l’heure de la révolution technologique qui a  vu apparaître les Amazon et autres…, la distinction est importante.

Si le terme usagers est refusé, il n’y a que des clients, et donc Amazon et Cie revendiquera un partage de la valeur des gains réalisés par l’augmentation du trafic…sous forme de rabais…Les conditions de travail des postiers en subissent alors les conséquences!

La distribution du courrier à tous les usagers est une mission de service public pour laquelle La Poste est rémunérée. Employer ce mot, c’est refuser les revendications d’ Amazon et Cie sur le partage de valeur.

Désir d’être! Le poète est un autiste qui parle

L’autisme est un soleil inversé : son rayon est dirigé vers l’intérieur. La surface est lisse, sans ressenti ni attrait; mais l’intérieur est d’une magnificence inouïe.

Tant que la personne est enclose en elle-même, rien n’irradie ou à peine; mais quand elle arrive à s’exprimer, c’est inimaginable la splendeur qui est à l’intérieur.

Christian BOBIN, L’herne

La doctrine sociale de Simone Weil, première partie : vs  la doctrine sociale de l’Eglise ?

L’actualité récente :

  1. Une décision de la cour suprême des Etats-Unis sur le droit à l’avortement, entrainant une réaction en France pour inscrire ce droit dans la Constitution.
  2. La loi de fin de vie, discutée au Sénat actuellement.

a  été l’occasion, en France, pour certains catholiques, pour occuper « l’espace médiatique » avec une certaine conception de la doctrine sociale de l’Eglise, dont la vocation première serait de s’occuper, en premier lieu, de ces sujets, au nom, non pas de l’enseignement des Evangiles, mais au nom d’une philosophie prétendant que « La personne est sacrée ».

L’arrivée d’un nouveau pape est l’occasion d’étudier cette doctrine sociale de l’Eglise.

Le café/coworking Le Simone lance un cycle de formation et de réflexion ouvert à tous, pour redécouvrir la richesse de la Doctrine sociale de l’Église, articuler foi et engagement concret, et nourrir un regard chrétien sur les questions sociales…sous la tutelle inspirante de Simone Weil.  

L’année se terminera par une journée Simone Weil en juin 2026 et non le 7 mars.

Ceux qui suivront cette formation doivent connaitre la doctrine sociale de Simone Weil.

Car elle est différente :

« Je ne reconnais à l’Eglise aucun droit de limiter les opérations de l’intelligence (…)

« Je lui reconnais la mission (…) de formuler des décisions sur quelques points essentiels, mais seulement à titre d’indication pour les fidèles.

« Je ne lui reconnais pas le droit (…) d’user de la menace et de la crainte en exerçant, pour les imposer, son pouvoir de priver des sacrements. (…)

« J’ai la certitude que ce langage n’enferme aucun péché. C’est en pensant autrement que je commettrais un crime contre ma vocation qui exige une probité intellectuelle absolue… »

Elle a  préféré à l’acceptation du baptême, l’affirmation de sa profession de foi !

Sa doctrine sociale est différente d’abord sur ces deux points :

  1. « Le consentement humain est chose sacrée ». Il est ce que l’homme accorde à Dieu. Il est ce que Dieu vient chercher comme un mendiant auprès des hommes. » Le consentement est sacré, la Personne, non. Et logiquement, Valérie Gérard, dans la préface au livre de Simone Weil « Force, Consentement et justice » en tire les conséquences, en prenant l’avortement comme exemple de droit qui n’en sont pas, puisque modifiable.
  2. Dans « la vie de Simone », Simone Pétrement écrit que la lettre à Joël Bousquet, le 13 avril 42 est terminée en lui offrant ses services pour lui procurer un médicament. Il répond « Cela me donne du cœur de penser que m’avez proposé ce que des hommes n’ont pas osé m’offrir. » et dans une note, rajoute que, d’après Cahiers I p 17, elle semble penser que le suicide est permis quand il n’est qu’apparent. Enfin, dans la Connaissance surnaturelle Gallimard 1950, elle note qu’Eusèbe ne condamne pas les chrétiennes qui se tuent pour éviter le viol.

Alexis BOURLA vs F.-X. NICOLLE, une rivalité mimétique de chercheurs ? Ou un moyen de donner envie d’étudier les écrits de Simone Weil ?

Alexis BOURLA a glissé une phrase  dans un de ses articles « La neuroéconomie montre une chose essentielle : les mouvements collectifs ne réussissent pas quand on exige un sacrifice maximal, ils réussissent quand on réduit le coût marginal de la participation et qu’on rend l’engagement visible. »

 Cette phrase était soit vraie, soit fausse. Comme elle contredisait  ma recherche sur le même domaine des mouvements collectifs, je lui ai demandé de sourcer son information. Son refus public, sur Linkedin, lors d’un échange avec lui en commentaire d’un billet, dont je peux donner la référence sur demande, signifie que la phrase est fausse.

Ce refus signifie aussi qu’il n’y a refus d’une rivalité, de part et d’autre, et que nos résultats de recherche ne se confronteront pas.

J’en ai tiré des enseignements, que vous pouvez retrouver, en cliquant sur le lien suivant

Mais pour éviter de rentrer dans une rivalité toxique, je propose la médiation de Simone Weil, qui, bien avant moi, dotée de capacités intellectuelles exceptionnelles, a su parfaitement exprimer, la raison pour laquelle les neurosciences sont incapables de démontrer un résultat qui  présuppose que les acteurs économiques individuels agissent selon des critères rationnels, que sont leurs intérêts (réduire le coût marginal de la participation…)

Pareilles choses n’auraient pas lieu si les hommes n’étaient menés que par l’intérêt ; mais à côté de l’intérêt, il y a l’orgueil. Il est doux  d’avoir des inférieurs ; il est pénible de voir des inférieurs acquérir des droits, même limités, qui établissent entre eux et leurs supérieurs, à certains égards, une certaine égalité. (…) Le souci le plus pressant de beaucoup d’hommes (…) est de maintenir leurs inférieurs « à leur place ». Non sans raison après tout, car s’ils quittent une fois « leur place », qui sait jusqu’où ils iront ? (…)

Dans d’autres écrits, elle emploie, plutôt qu’orgueil, le mot passions et aussi l’expression « le seul jeu passionnant pour les hommes (…) qui a pour objet la domination sur les hommes »

Trouble « borderline », désir d’être et regard scientifique !

Cet article d’un psychiatre reconnu et renommé, intéresse toute la société, maintenant que le «  trouble de la personnalité borderline » n’est plus réservée à la nosographie psychiatrique, mais est employée dans le langage courant et peut servir d’insulte et, plus grave, d’exclusion.

Il pose le problème de la science médicale

« Un consensus affiché peut aussi servir à neutraliser le débat… invoquer la validité comme argument de clôture revient à faire comme si décrire correctement suffisait à soigner justement.

Ce glissement est central.
La clinique ne se réduit pas à la description, et un diagnostic n’est jamais un simple outil neutre : il agit, il transforme la relation, il produit des effets réels. »

Il pose le problème de la science médicale, propre à la psychiatrie

« Cette faiblesse explicative n’est pas un détail technique. Elle a des conséquences cliniques majeures. En l’absence de modèle causal, le diagnostic tend à fonctionner comme une essence supposée de la personne. Ce qui est observé est implicitement attribué à ce qu’elle est, et non à ce qu’elle a vécu, traversé ou appris.

Un diagnostic peut être méthodologiquement solide, statistiquement robuste, et pourtant producteur de violence clinique.

Violence symbolique, d’abord : lorsqu’une étiquette fige une personne dans une identité psychopathologique.

Violence relationnelle, ensuite : lorsqu’un diagnostic modifie durablement la manière dont la parole du patient est reçue, interprétée ou disqualifiée.

Violence institutionnelle, enfin : lorsqu’il justifie des refus de soins, des restrictions de prise en charge ou des attitudes thérapeutiques défensives.

La validité d’un diagnostic ne dit rien de tout cela »

Le regard de Simone Weil, journée Simone Weil du 7/03/26… et désir d’être

Simone Weil est connue comme mystique….et les émissions, articles, livres, qui arrivent actuellement, montrent la fascination produite par cette partie essentielle de sa vie.

Dans le café/coworking Le Simone, à Lyon, nous avons voulu extraire de cette période (« mystique ») de sa vie, les citations, montrant la « spécificité unique » du regard d’observation de Simone Weil. (Toutes ces citations sont issues de la biographie de Simone Weil par Simone Pétrement, « La vie de Simone »)

Et nous avons décidé d’organiser une journée Simone Weil, le samedi 7 mars 2026.

Lors de cette journée, plutôt qu’une première conférence, j’animerai un atelier de lecture sur son « journal d’usine », période de sa vie ouvrière (où elle professait un matérialisme), aussi essentielle puisque qu’à Hélène HONNORATqui lui demandait (après son expérience mystique) pourquoi elle voulait absolument être une travailleuse agricole (après avoir été ouvrière avant cette expérience) « Mais enfin, Simone, pourquoi faites-vous cela, avec ce que vous portez en vous, ce que vous avez à dire » ; « Il y a des choses que je n’aurais pas pu dire si je n’avais pas fait cela » (Parole de Simone Weil, citée dans une conférence d’Hélène HONNORAT « La conversion d’après Simone Weil »).

Il y a continuité dans sa volonté d’expérience dans le monde du travail. La spécificité de son regard était-il déjà présent dans sa période « matérialiste » ? Ce sera le fil conducteur (souple) de cet atelier.

Il sera précédé des citations contenues dans cet article. La première d’entre elles justifie l’introduction de l’expression désir d’être dans le titre de cet article.

Sa biographe note que le poète Jean Tortel se lia d’une véritable amitié avec Simone Weil et a bien voulu m’écrire quelques pages :

« …pendant les quelques mois où j’ai été en contact avec elle, sa vie profonde -pourrais-je dire secrète ? – m’est sans doute restée ignorée, comme elle échappait, je crois, à la plupart … Nous laissant parler : elle, souvent plongée dans quelque lecture au milieu de nos conversations d’où elle paraissait absente. Une présence. Qui était là…Elle regardait (quand elle regardait) …les yeux immensément en avant…vers l’objet regardé…avec une intensité et…une sorte d’avidité interrogatrice que je n’ai pas rencontrée ailleurs…« Savoir qui nous étions ? Je veux dire : savoir si nous portions en nous quelque dignité, quelque raison d’être. Si nous étions nous et non pas quelques masques. Elle était avide, non seulement d’être, mais de savoir quelle était la part d’être de chacun et elle ne nous lâchait pas. ».

Sœur Colombe, bénédictine de l’abbaye Sainte-Scholastique, se souvient de sa rencontre avec Simone : « …Son silence…, la qualité de son attention, voilà ce que je n’ai pas oublié. Cela émanait d’elle d’emblée avec le sérieux, l’authenticité.

Même après son expérience mystique, elle avait la volonté de rester scientifique et connaissait l’importance du regard d’observation dans la science.

 Dans l’article (1941) compte rendu du livre collectif  L’avenir de la science  

« La science contemporaine n’a pas eu besoin d’apprendre aux philosophes que le déterminisme n’est qu’un postulat car il n’a jamais été autre chose pour eux. De même on a toujours su que les procédés d’observation troublent le phénomène observé et que par conséquent la connaissance du phénomène ne peut être qu’imparfaite. »

L’importance d’un regard d’observation traverse toutes les périodes de sa vie.

Durant la guerre civile espagnole. Dans la lettre à Bernanos, elle écrit : « Oui, la peur a eu une part dans ces tueries ; mais là où j’étais, je n’ai pas vu la part que vous lui attribuez. »

Et sa biographe note « Elle tient à laisser intact le déterminisme sans faille qui est le postulat de la science et de toute connaissance objective. »

Ce qui s’exprime dans l’article d’avril 1941 « A propos des jocistes » il lui semble que la J.O.C. n’est pas un mouvement de jeunesse au sens que cette expression a d’ordinaire « On n’y trouve nulle ivresse collective, nuls effets de magnétisme, nuls mots d’ordre, nulle obsession de puissance, nulle  flatterie à l’égard de la jeunesse.

« C’est le pur esprit ouvrier qui s’exprime à la J.O.C., sans mélange étranger. La politique n’y pénètre pas ; la religion, elle-même, n’y pénètre que traduite. Ces petits gars  ont senti que ce qui pèse sur eux, ce qui les courbe tous les jours, par-delà le système économique et les patrons, c’est la matière elle-même (…) mais dès qu’ils prennent conscience d’eux-mêmes, ils sentent mieux que d’autres qu’ils y sont soumis.

Et dans « Réflexions sur la barbarie » (fragments d’un article inachevé)

Il n’y a pas non plus de classe qui soit « par une sorte de prédestination, porteuse et unique porteuse de civilisation ». Ce qui donne la clé de l’histoire, ce n’est pas la notion de classe, comme l’a cru Marx, mais la notion de force. « Je ne crois pas que l’on puisse former des pensées claires sur les rapports humains tant qu’on n’aura pas mis au centre la notion de force, comme la notion de rapport est au centre des mathématiques. »

Et sa biographe note « Elle a voulu tracer les grandes lignes d’une doctrine, mais non construire un système. Être fidèle à son expérience était plus important à ses yeux que d’éliminer toute contradiction ou de suivre jusqu’au bout un développement logique. »

A-t-elle réussi ? « Elle raconta (à Pierre Dantu) son expérience de l’usine ; il lui disait que cette expérience était sujette à caution à cause de ses maux de tête, mas elle affirmait qu’il se trompait »

Lisons donc journal d’usine … !