
Un épisode d’harcèlement vécu avait déclenché l’envie (ou plutôt offert l’opportunité) d’entreprendre des études. Le mémoire, ci-dessous, (que je qualifie d’apprenti chercheur, car telle était la volonté du fondateur, Henri SAVALL, de ce Master 2 de l’IAE de Lyon) est le résultat de ces deux années passées à l’IAE de LYON.
Mais, je l’ai écrit dans ce mémoire, le directeur de La Poste, qui avait financé mes études, pourtant convaincu par cette démonstration, ne put appliquer mes conclusions, en me révélant la raison de ce blocage : L’existence de deux groupes rivaux parmi les directeurs stratégiques.
Les raisonnements économiques ne pouvaient expliquer les harcèlements décrits dans ce mémoire (que l’on peut, suite à nos recherches-interventions, d’institutionnels). Nous avons donc émis l’hypothèse qu’elles pouvaient être expliquées par la théorie mimétique de René Girard, puis pour satisfaire le but de la recherche, décrite dans ce mémoire, de donner des moyens d’action et renouveler la philosophie d’action pour des syndicats, se tourner vers la doctrine de Simone Weil.
Un psychiatre nous a fait le plus beau cadeau de Noël 2025 : Valider notre démarche de recherche
Il a glissé une phrase dans un de ses articles « La neuroéconomie montre une chose essentielle : les mouvements collectifs ne réussissent pas quand on exige un sacrifice maximal, ils réussissent quand on réduit le coût marginal de la participation et qu’on rend l’engagement visible. »
Cette phrase était soit vraie, soit fausse. Le refus d’e ce psychiatre signifie que la phrase est fausse et que la neuroéconomie n’a jamais démontré un quelconque résultat économique.
Et elle en est incapable, justement parce que le résultat, qu’elle est sensée démontrer, présuppose que les acteurs économiques individuels agissent selon des critères rationnels, que sont leurs intérêts (réduire le coût marginal de la participation).
Pourquoi un psychiatre insisterait pour garder une affirmation fausse, en refusant même l’ébauche d’une discussion, allant jusqu’au ridicule dans ses arguments pour justifier ce refus : Les théories neuroéconomiques n’ont rien à voir avec l’économie, ce sont des sciences cognitives … ? Il n’est pas dans notre pouvoir, de répondre à sa place. Par contre ce que je sais, c’est que les syndicalistes sont très recherchés dans le monde économique (voir les cabinets d’expertise, … Jean Kaspar, Nicole Notat…), car leur connaissance des mouvements collectifs est d’un grand apport.
Suite au mémoire, où la description d’un mouvement collectif atypique tient une place importante et où le résultat, prétendument démontré par les neurosciences, aurait pu trouver un semblant de vérité (« les mouvements collectifs ne réussissent pas quand on exige un sacrifice maximal »), j’aurais pu trouver tous les financements possibles (privés et publiques) pour poursuivre dans cette voie et assurer Ma réussite…
L’éthique m’en a détourné, car les financeurs de cette recherche sont évidemment plus intéressés par le corollaire de telles recherches : Quel maximum de sacrifices, une « population » est-elle prête à accepter, sans réagir par des mouvements collectifs ? D’où notre recherche et notre découverte que le sens véritable du mot sacrifice est toujours pertinent.
Ils sont illustrés par la reproduction du tableau de Gustave Doré, représentant le mythe grec d’Andromède, fille de Cassiopée et de Céphée : Cassiopée prétendit un jour … que sa fille Andromède était plus belle que les Néréides, nymphes de la mer, elles aussi d’une très grande beauté. Outrées par cette insolence, les nymphes demandèrent à Poséidon, dieu de la mer, de les venger de cette insulte. En colère, le dieu envoya un énorme monstre marin, nommé Céto, ravager les côtes d’Éthiopie1. Les tempêtes furent si violentes que, paniqué, Céphée alla demander conseil auprès de l’oracle d’Amnon en Lybie. La cause du malheur provenant de la beauté d’Andromède, l’oracle dit à Céphée que la seule façon de sauver son royaume était de sacrifier sa fille Andromède au monstre2,3. Andromède est donc enchaînée nue à un rocher près du rivage…. Cette notion de sacrifice est le centre de ces résultats et est centrale dans la recherche mimétique.
Après le cadeau de Noël 2025 de ce psychiatre, la synthèse théorique des résultats, issu d’un travail anthropologique sur un terrain sociétal peut être contestée, mais ne doit pas être ignorée
Notre recherche ne doit pas détourner des recherches économiques, notamment celles menées dans le cadre des recherches liées à la notion de travail, et qui prennent de la distance avec la notion de base de l’économie politique actuelle: l’homo économicus, (homme économique considéré comme rationnel et maximisateur de ses intérêts).
Laurent CAPELETTI, actuel directeur de l’ISEOR, est un auteur d’un des articles de l’ouvrage, publié en octobre 2023,
Il expose les résultats des recherches interventions menées par les chercheurs de l’ISEOR
Fondés sur cette méthode d’observation (qui a été appliquée à La Poste, pour ma recherche de mémoire, avec les adaptations nécessitées par les spécificités de cette entreprise) les résultats..
- Identification de 5020 dysfonctionnements génériques
- Mesure du niveau de coûts cachés entre 20 000€ et 70 000€ par personne et par an.
Mais, je l’ai écrit dans ce mémoire. Le directeur de La Poste, qui avait financé mes études, pourtant convaincu par cette démonstration, ne put appliquer mes conclusions, en me révélant la raison de ce blocage : L’existence de deux groupes rivaux parmi les directeurs stratégiques.
Or le but de cette recherche, décrite dans ce mémoire, était bien de donner des moyens d’action et renouveler la philosophie d’action pour des syndicats.
L’application de ce mémoire dans un syndicat
avait montré l’existence d’un harcèlement institutionnel, qui est devenu l’objet de mes recherches. Elles s’inscrivent parfaitement dans celles exposées dans cet ouvrage collectif, mais répondent plus aux besoins d’hommes politiques et de syndicalistes (cf. vidéo ci-dessous) d’avoir des outils théoriques pour agir. Je les ai trouvé dans la recherche mimétique
Le constat de François RUFFIN rejoint aussi notre recherche, en soulignant le rôle de contre pouvoir et préventif des CHSCT. Seule cette instance pouvait permettre une recherche dans son sein, avec production officielle d’un mémoire professionnel. Cette recherche avait permis d’éviter le déclenchement, à La Poste, de l’art 40 du code de procédure pénale.
La recherche sur le harcèlement institutionnel s’inscrit, donc, dans la recherche mimétique.
A La Poste, les outils pour agir permettent à un individu seul d’agir, en s’inscrivant dans un cadre collectif, protégé par lui, en le rendant plus efficace, centré sur le refus de tout sacrifice humain.
Mais dans le cas, où nous ne pouvons (et devons) agir seul, (cas de la recherche intervention en copropriété), les résultats de la recherche intervention, difficiles à obtenir (vu les conditions à respecter) sont plus étonnants. En effet, les responsables du harcèlement institutionnel, s’ils ne voient pas de collectif, sont tentés à aller jusqu’au bout.
La recherche mimétique, elle-même, s’inscrit dans les recherches scientifiques où « les avancées scientifiques permettent d’affirmer que la croyance en Dieu est devenue rationnelle. » Qu’est l’Homme ? Quand et comment est-il apparu ?
2 articles du blogue WordPress, l’Emissaire, lié à l’association de recherche mimétique discutent de ces sujets, un article Salvador LL.« Mécanisme victimaire et hominisation » montre que ces questions sont débattues chez les chercheurs se réclamant de la théorie mimétique.
Imitation et attribution de la causalité : la genèse mimétique du soi, la genèse mimétique du réel : application à la « psychose naissante » et à l’autisme. Université Paris V, 1996. peut être utilement consulté, au préalable.
Ce dernier article a été abondamment commenté par, notamment ceux dont je retiens les conclusions pour ma propre recherche : Luc-Laurent Salvador, l’auteur de la note de recherche ci-dessus et Jean-Marc BOURDIN, qui a écrit : « Durant ce million d’années, il y a eu beaucoup plus de gibiers tués que de meurtres fondateurs et cette chasse a exigé le développement de la communication verbale et non verbale, la définition de tactiques, voire de stratégies, la mise au point de javelots puis de propulseurs, la taille de la pierre, des déplacements vers des terrains giboyeux en fonction des saisons, des règles de partage des morceaux, la cuisson, la conservation, la confection de vêtements, le travail des os et de l’ivoire, etc. A mon sens, ces circonstances ont eu des effets au moins aussi décisifs sur l’hominisation que la sidération face aux victimes de meurtres collectifs.
Mais je reconnais volontiers pour les deux hypothèses que nous sommes dans la spéculation plutôt que la connaissance. Encore que la mienne, matérialiste, dispose de preuves archéologiques et paléontologiques plus évidentes !
J’ajoute que si on adopte l’éclairage biblique à la suite de Girard, Adam et Eve sont des cueilleurs, que la chute du Paradis fait songer au passage du paléolithique au néolithique quelque part en Mésopotamie et que le meurtre fondateur de la Genèse met aux prises un cultivateur et un éleveur… Il n’interviendrait donc qu’à la suite de la ratification du sacrifice d’un animal domestique par Abel et le refus de prendre en compte les prémices de céréales de Caïn. Quant aux cueilleurs Adam et Eve, on peut se demander s’ils n’étaient pas aussi chasseurs puisque Dieu avait mis à leur disposition du gibier. Les preuves que j’évoque sont les ossements retrouvés naturellement, l’extinction de certaines espèces comme les mammouths et rhinocéros laineux ou les lions des cavernes, les représentations dans l’art pariétal et mobilier : tous ces éléments démontrent, sans que personne ne le discute d’ailleurs, la centralité de la chasse au gros gibier durant l’hominisation….. Pour moi la rivalité mimétique est une réalité et les meurtres fondateurs très lointains jalonnant l’hominisation une hypothèse. Les interdits visent à éviter la rivalité mimétique et les rituels sacrificiels sont des dispositifs destinés à prévenir les crises ou à rétablir la concorde civile quand celle-ci a été mise en péril »
L’article de synthèse théorique de mes recherches se conclut ainsi
« Sans reprendre toute l’histoire de l’évolution de cette hypothèse de départ …, je remets en cause, in fine, non pas le meurtre fondateur, mais son récit. Il est beaucoup plus simple (on ne se heurte pas aux difficultés exposées ci-dessus) et logique d’envisager le (ou les) comme le résultat de luttes entre deux (ou plus) dominants pour le contrôle d’un territoire (d’une tribu…). Mais je la pose, simplement, comme hypothèse intéressante à étudier, car elle implique une anthropologie ontologique ! »
Le beau cadeau de Noël 2025 du psychiatre nous permet d’affirmer que cette hypothèse peut être développée !