Simone Weil et Bernanos, signe d’une insuffisance ou illustration de la théorie mimétique de René Girard

Cet article, ci-dessus, très intéressant et que je vous recommande de lire, vous donne la possibilité de télécharger la lettre de Simone Weil à Bernanos.

La « Lettre à Georges Bernanos » a été écrite par Simone Weil en 1938, après avoir lu Les Grands Cimetières sous la lune.

Dans ce livre, Bernanos dénonçait les atrocités commises à Majorque pendant la guerre civile espagnole, y compris par le camp nationaliste qu’il soutenait auparavant.

Dans sa lettre, Simone Weil souligne qu’ils partagent une même exigence de vérité et de justice. Elle y affirme que la fidélité à la vérité est plus importante que l’appartenance à un camp, 

Puis elle confie à Bernanos qu’après avoir vu la guerre d’Espagne de l’intérieur, elle ne peut citer “personne, hors vous seul” qui ait vraiment résisté à son atmosphère morale ; enfin, elle conclut par cette phrase étonnante : vous m’êtes “plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d’Aragon”. Tout est là.

Pour montrer pourquoi cette lettre est étonnante, et susciter des articles, presque 90 ans plus tard, il suffit de visionner une courte vidéo, produite dans le langage actuel, expliquant, selon l’auteur de ce vidéo, qui était Bernanos.

Il est donc légitime de poser la question : Comment est possible cette phrase: (vous m’êtes) “plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d’Aragon”, écrite par une anarchiste, qui s’est engagée dans le camp républicain. Elle était bien éloignée du christianisme à l’époque de sa lettre ?

Rémy Verlyck répond « Il serait trop simple de répondre : parce qu’elle était moralement supérieure. Une hypothèse plus intéressante consiste à prendre au sérieux ce qu’elle dit elle-même : “rien de catholique, rien de chrétien” ne lui est étranger. Sans faire de cette phrase une conversion inachevée ni une profession de foi rétrospective, on peut y voir le signe d’une familiarité intérieure avec le christianisme qui l’a peut-être rendue plus disponible à l’innocence des victimes, plus rétive aux justifications sacrificielles, plus libre à l’égard du mensonge partisan. Dans une perspective girardienne, une telle hypothèse n’a rien de forcé : si la Passion du Christ révèle le mécanisme qui mène les groupes à tuer des innocents, alors il n’est pas absurde de penser qu’une conscience profondément travaillée par le christianisme sera mieux armée pour résister aux solidarités meurtrières. » 

Ecrire Dans une perspective girardienne, une telle hypothèse n’a rien de forcé montre la faiblesse explicative de cette hypothèse, qui, pour être acceptée comme « non tirée par les cheveux », suppose une autre hypothèse centrale, mais très critiquable, de René Girard.

Cette hypothèse permet de comprendre plus rapidement la critique que formule Jérôme Thélot dans sa conférence ci après (à partir de 1 h 08) : « Questions de poétique » , professeur émérite de littérature française à l’Université de Lyon 3. Il emploie l’expression anthropologie confessionnelle…

Et ainsi comprendre autrement cette lettre à Bernanos et ce rapprochement afin de refonder la théorie mimétique, grâce à Simone Weil

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