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La doctrine sociale de Simone Weil et de Robert Schuman: la paix

Simone Weil et Robert Schuman ont en commun d’avoir été méprisés, à un moment de leurs vies, par Charles De Gaulle et d’avoir été heurtés par les deux guerres mondiales du XXème siècle. Ce sont les seuls points communs.

Simone Weil était pacifiste, de conviction, et n’a pu traverser la deuxième. Cette guerre, après la guerre civile espagnole, a profondément marqué sa pensée. Elle n’a donc pas pu agir, après ce drame.

« Le parcours politique de Robert Schuman atteignit son point culminant quand, ministre des Affaires étrangères, il prononça la déclaration fondatrice de la communauté européenne du charbon et de l’acier, le 9 mai 1950. Dans l’esprit de celui qui allait devenir le père de l’Europe, il s’agissait de mettre fin à des décennies de guerres fratricides entre la France et l’Allemagne et d’établir de nouveaux rapports entre Etats qui rendraient un conflit non seulement impensable, mais  matériellement impossible. Cette main tendue à l’ennemi héréditaire, geste empreint de pardon et de charité chrétienne, fut la réponse politique de Robert Schuman à l’hostilité et au désir d’humiliation qui présidaient jusqu’alors dans les relations franco- allemandes. » écrit en 2022 Ghislain Knepper

Voici la déclaration intégrale, que vous pouvez trouver, par exemple sur https://www.touteleurope.eu/histoire/declaration-schuman-le-texte-integral-et-la-video/

« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.

La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d’une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre.

L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée. L’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne.

Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement l’action sur un point limité mais décisif.

Le gouvernement français propose de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe.

La mise en commun des productions de charbon et d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes.

La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L’établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu’elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique.

Cette production sera offerte à l’ensemble du monde sans distinction ni exclusion, pour contribuer au relèvement du niveau de vie et au développement des œuvres de paix. L’Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l’une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain.

Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique qui introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes.

Par la mise en commun de productions de base et l’institution d’une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l’Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix.

Pour poursuivre la réalisation des objectifs ainsi définis, le gouvernement français est prêt à ouvrir des négociations sur les bases suivantes.

La mission impartie à la Haute Autorité commune sera d’assurer dans les délais les plus rapides : la modernisation de la production et l’amélioration de sa qualité, la fourniture à des conditions identiques du charbon et de l’acier sur le marché français et sur le marché allemand, ainsi que sur ceux des pays adhérents, le développement de l’exportation commune vers les autres pays, l’égalisation dans le progrès des conditions de vie de la main-d’œuvre de ces industries.

Pour atteindre ces objectifs à partir des conditions très disparates dans lesquelles sont placées actuellement les productions des pays adhérents, à titre transitoire, certaines dispositions devront être mises en œuvre, comportant l’application d’un plan de production et d’investissements, l’institution de mécanismes de péréquation des prix, la création d’un fonds de reconversion facilitant la rationalisation de la production. La circulation du charbon et de l’acier entre les pays adhérents sera immédiatement affranchie de tout droit de douane et ne pourra être affectée par des tarifs de transport différentiels. Progressivement se dégageront les conditions assurant spontanément la répartition la plus rationnelle de la production au niveau de productivité le plus élevé.

A l’opposé d’un cartel international tendant à la répartition et à l’exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l’organisation projetée assurera la fusion des marchés et l’expansion de la production.

Les principes et les engagements essentiels ci-dessus définis feront l’objet d’un traité signé entre les Etats et soumis à la ratification des parlements. Les négociations indispensables pour préciser les mesures d’application seront poursuivies avec l’assistance d’un arbitre désigné d’un commun accord ; celui-ci aura charge de veiller à ce que les accords soient conformes aux principes et, en cas d’opposition irréductible, fixera la solution qui sera adoptée.

La Haute Autorité commune chargée du fonctionnement de tout le régime sera composée de personnalités indépendantes désignées sur une base paritaire par les gouvernements ; un président sera choisi d’un commun accord par les gouvernements ; ses décisions seront exécutoires en France, en Allemagne et dans les autres pays adhérents. Des dispositions appropriées assureront les voies de recours nécessaires contre les décisions de la Haute Autorité.

Un représentant des Nations Unies auprès de cette autorité sera chargé de faire deux fois par an un rapport public à l’ONU, rendant compte du fonctionnement de l’organisme nouveau, notamment en ce qui concerne la sauvegarde de ses fins pacifiques.

L’institution de la Haute Autorité ne préjuge en rien du régime de propriété des entreprises. Dans l’exercice de sa mission, la Haute Autorité commune tiendra compte des pouvoirs conférés à l’Autorité internationale de la Ruhr et des obligations de toute nature imposées à l’Allemagne, tant que celles-ci subsisteront »

Et la vidéo de quelques moments de son discours

Ghislain Knepper décrit ensuite ce que devint Robert Schuman « L’arrivée au pouvoir du général de Gaulle sonna le glas de la vie politique nationale de Robert Schuman. Celui qui avait initié (…) un projet de réconciliation des peuples, se fit le « pèlerin de l’Europe ». (…) Il exerça les fonctions de premier président de l’Assemblée parlementaire européenne qui lui attribua, le 19 mars 1960 en la fête de Saint-Joseph, le titre de « Père de l’Europe. » 

Il accepta cette mise à l’écart, et cette acceptation sincère et sans arrière-pensées ne fut pas étrangère à l’attribution de ce titre. Celui-ci transforma cet homme en « symbole », sans s’intéresser à ses conceptions de l’Europe et en oubliant sa motivation première : La paix.

C’est ainsi que Laurent WARLOUZET : professeur d’histoire à Sorbonne Université, chaire d’histoire de l’Europe, écrit dans Encyclopædia Universalis « C’est en 1992 que l’Union européenne (UE) est née du traité de Maastricht (entré en vigueur en 1993). Elle est cependant issue d’une succession de traités et d’institutions dont l’origine remonte à 1950 (…) la « déclaration Schuman » du 9 mai 1950 – le 9 mai est devenu la journée de l’Europe, commémorée dans tous les États membres (et fériée au Luxembourg) ».

Je pourrais vous écrire que je suis le fils du filleul de Robert Schuman, et que celui-ci a transmis ses conceptions politiques et sociales à mon père, qui me les a transmises, à son tour, et que ses conceptions n’ont rien à voir avec celles du traité de Maastricht…Je pourrais rajouter que, dans le catholicisme, un parrain peut faire office de figure paternelle (ce fut le cas pour Robert Schuman vis-à-vis de mon père, qui avait 4 ans, quand mon grand-père est mort en 1924).

Ce serait rentrer dans un « combat » desservant la cause de la paix et que Robert Schuman n’aurait pas voulu.

Par contre, il faut absolument lire le livre remarquable de Ghislain Knepper, car il a eu accès aux documents utilisés pour la cause de la béatification de Robert Schuman. Il montre ainsi, sans s’occuper des idées de Robert Schuman, un modèle d’homme politique, atypique à l’heure actuelle, entièrement tourné vers la recherche du bien commun (la paix).

Simone Weil a laissé de nombreux écrits avec la découverte de concepts, qui permettent d’analyser le monde actuel et de pouvoir ainsi mieux agir pour la paix

C’est grâce à ses concepts, que j’ai pu conclure l’article

par cette phrase « Si cette guerre culturelle, dans laquelle, nous l’avons vu, sont impliqués les dirigeants européens, devait perdurer, les conséquences sont prévisibles. La Chine est un pays/empire avec un système sacrificiel, la Russie a le culte de  la force. Le camp occidental risquerait de tomber dans ce « culte de  la force »

Avec la guerre en Iran, venant après les massacres en Palestine, ce n’est plus un risque, mais un fait. Et un Pedro Sanchez se retrouve bien isolé dans ce camp occidental.

Les commentateurs justifient le piétinement du droit international, et imposent donc ce « culte de  la force », puisqu’ils osent dire ensuite, que le blocage du détroit d’Ormuz est contraire aux lois maritimes internationales….

Avec cet article, nous contribuons à la diffusion aux citoyens, du principe issu des travaux de Simone Weil, et employé par Robert Schuman

«  Un homme est susceptible d’imposer des obstacles par un pouvoir de refus »

Désir d’être des « neuroatypiques »!

C ‘est la semaine de l’éducation spécialisée, de l’autisme, du TDAH, de la dyslexie et des autres handicaps et le mois de sensibilisation à toutes ces difficultés.
En l’honneur de tous les enfants qui luttent tous les jours pour réussir et de leurs parents qui font tout pour les aider au quotidien.

Je vous propose de découvrir des méthodes qui soignent, issues de théories scientifiques, dont les neurosciences, et qui ont été expérimentées dans les usines apprenantes de la fondation Amipi

Le Pr Jean-Michel Oughourlian, neuropsychiatre, s’est immergé au sein de ces usines apprenantes. 
Son constat ? L’usine fabrique des produits mais aussi de l’être. Il en a fait un livre, « Le travail qui guérit l’individu, l’entreprise, la société ». C’est le travail qui soigne. « A l’hôpital, beaucoup parmi ces opérateurs seraient des légumes. Là, ils progressent. »

En 2024, pour la première fois, la communauté scientifique internationale s’est penchée sur le lien entre activité professionnelle et handicap. Une étude sur l’évaluation cognitive du Docteur Pamela Banta Lavanex, publiée dans la revue internationale Frontiers, a conclu qu’en plus d’améliorer le bien-être physique et mental, une activité bien choisie et un travail manufacturier bien conçu avec une pédagogie adaptée – comme c’est le cas chez AMIPI – permet d’améliorer certains types de fonctionnement cognitif chez les personnes atteintes de troubles cognitifs : l’attention, la mémoire procédurale et la mémoire visuelle à court et long terme.

Regardez ce documentaire de France TV et vous verrez en application une usine apprenante qui concilie les neurosciences et la parole sur ces neurosciences.

Conformes, non conforme – Documentaire en replay | France TV

Et pour oublier ce climat de haine des dernières semaines, peu propice à l’émergence d’un désir d’être, écoutez après la vision de ce documentaire, un oratorio  « La passion de Simone » proposé dans l’article

Désir d’être: Simone Weil et René Girard – l’Association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle

et lisez le message de Quentin dans l’article

Désir d’être: le message de Quentin, mort lynché ! – l’Association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle

Désir d’être: le message de Quentin, mort lynché !

Le camion des pompiers stationnait à cet endroit, les portes arrières étaient ouvertes et des pompiers et des

policièr (es) le gardaient.

« C’est dans cette église (…) que nous avons appris ce drame affreux. Il nous a d’autant plus touché, que rentrant d’une promenade, le jeudi soir, nous avions vu un camion rouge, stationné à côté de l’église, avec trois pompiers, montant la garde…. »

Ces phrases, extraites de l’article/témoignage

, aident à comprendre l’analyse, développée dans celui-ci : « Désir d’être: le message de Quentin, mort lynché !« .

Il s’agit bien, ici, d’une analyse. Nous sommes obligés de le préciser, car, au départ, cet article ne s’adressait qu’à des chercheurs, familiers de la culture religieuse. Mais le retentissement médiatique de cette mort a entrainé une diffusion plus large.

Employer le nom de Satan ne signifie pas que cet article verse dans la mystique, mais que le phénomène diabolique est un mécanisme humain, qu’à la suite de René Girard, nous nommons emballement médiatique. Ecrire cela ne nous parait contraire, ni à la Bible, ni au Coran.

Ce Fait/témoignage n’a pas été donné au Procureur de la République, car il le connait forcément (présence des forces de l’ordre).

Par contre, il est étonnant que des journalistes ne l’ait pas révélé. Bien après la parution de cet article, Le Progrès, le journal de Lyon a publié un article, après avoir reçu une vidéo tournée juste après le « lynchage », confirmant ce que j’écrivais ci-dessous :  » Quentin a refusé une prise en charge hospitalière », et ajoute qu’il a fait 3,2 km pour regagner son domicile. Ce n’est pas contradictoire avec la présence d’un camion de pompiers.

Pourquoi n’y a-t-il aucune enquête journalistique sur ce camion ? Il est resté longtemps, donc il a été vu. Et certains ont dû voir ce jeune aller voir un prêtre. Et c’est bien là le fait essentiel, qui doit s’intégrer dans toute analyse: Ce jeune homme mourant, et le sachant, a refusé toute aide médicale et a préféré aller voir un prêtre.

Si un journaliste ignore ce fait, il va écrire des absurdités, comme Vincent Edin, dans un Post sur LINKEDIN https://www.linkedin.com/posts/vincent-edin-32a690132_imagine-t-on-une-minute-de-silence-pour-goebbels-activity-7438165798009077760-E4MH?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAUZdQ8BUQfOn0jtGq2LYO79xy5qSRsQTXQ

« Personne ne devrait mourir pour ses idées. Quentin Deranque pas plus que les autres. Personne n’a salué sa mort. Ceci étant posé, … » Et il se contredit aussitôt en dénonçant les idées nauséabondes, rentrant ainsi dans l’emballement mimétique

Il n’y a pas d’alternative: Soit on revoit ses convictions (sur la peine de mort…), ce que des commentaires dans le post font. Et on rentre dans un cycle de vengeance/représailles, qui sont la marque de cet emballement mimétique, aboutissant à d’autres lynchages…!

Soit on examine mon analyse, ci-dessous et on comprend la sagesse des religions, qui sont là pour contenir la violence. Pour les éventuels lecteurs, qui croient que l’Islam est une religion violente (…), je rajoute Islam compris !

Cette analyse n’absout pas Quentin de ses tweets et idées passées, mais les considère bien comme une preuve supplémentaire du caractère diabolique de ce lynchage. Le procureur et la justice les prendront en compte. Il n’est et ne sera considéré ni comme un saint, ni comme un martyr.

Analyser les motivations de son périple de 3 km pour rencontrer un prêtre, juste avant de mourir sert à démontrer le phénomène d’emballement mimétique aux yeux du plus grand nombre, pour stopper sa contagion!

Une marche a été organisée ce samedi, jusqu’au lieu où Quentin a été lynché. Ce mot, venant des Etats-Unis, est employé ici, car déjà utilisé par les médias et les analystes, il est, à l’heure actuelle, faute de mot français pour décrire ce phénomène, le mieux à même de comprendre ce qui s’est passé et le message de Quentin.

Car, oui, Quentin nous a envoyé un message. Je ne sais si je suis le seul à l’avoir décrypté. J’espère que non!

L’un des premiers témoignages, relayés par les médias, affirme que Quentin a refusé une prise en charge hospitalière.

Et, les pompiers le recueillent, mourant, quai Fulchiron, près de l’Eglise Saint-Georges, où quelques mois plus tôt, il s’était converti. Aller du lieu de son lynchage à l’Eglise représente une marche conséquente.

Il a préféré rencontrer Dieu, plutôt que se soigner et de penser à sa vie. Sa conversation spirituelle restera un secret, et, ami lecteur non-croyant, ne te moque pas.

Par contre, ce choix est un message pour nous, qu’il est facile de décrypter.

Qu’est-ce qui peut pousser un jeune converti (dans la croyance à Dieu) à aller se confier à lui, sans penser à sa survie.

Une seule chose : La rencontre avec le diable ou avec Satan, comme vous préférez.

Or, nous savons qu’il venait de son lieu de lynchage. C’est là qu’il a vu Satan. C’est donc son message : J’ai rencontré Satan, il m’a lynché !  

Avant de m’accuser de « divaguer », pensez aux dernières paroles de père Hamel.

Puis permettez, en lisant attentivement ce qui suit, que je relate les enseignements de certains faits de mon enfance.

 Neuroatypique sans le savoir, je me suis retrouvé, souvent, désigné tête de turc (l’expression est désuète et « connotée » de nos jours, mais toujours usitée et donc comprise, elle était à l’époque, la seule employée)

J’ai donc pu observer et comprendre ces phénomènes

  1. Une foule de garçons (les écoles n’étaient pas mixtes à cette époque, mais l’actualité récente montre que ce type d’activité n’est pas complétement genré) forme un cercle pour obliger la « tête de turc » à affronter le « fort en gym » (l’expression est désuète de nos jours, mais toujours usitée et donc comprise, elle était à l’époque, la seule employée).
  2. Si la « tête de turc » s’est montré un bon rival, permettant de mettre en valeur le « fort en gym », l’opération peut se renouveler jusqu’à ce que le « fort en gym » se lasse.
  3. Si la « tête de turc » s’est montré un rival, qui ne valorise pas la « Force » du « fort en gym », ni celle, éventuellement, de ses proches « courtisans », la foule prend le relais, mais sa Violence est contenue par « le fort en gym » directement ou indirectement (nécessité/obstacle de ne pas le dépasser). Et l’expression Violence contenue n’est pas exagérée : Les têtes de turc, souffre-douleurs et boucs émissaires peuvent voir l’expression « diabolique » des visages qui les entourent.

Le message devient clair

Quentin n’a pas été tué dans une rixe. Il a été lynché, il a été lynché, il a été lynché.

C’est une rupture anthropologique majeure, justifiant  que Quentin ait souhaité aller à la rencontre de Dieu (et de son représentant).

C’est un message pour ses parents, sa famille et ses proches : S’il a reconnu Satan, c’est qu’il a pu rencontrer Dieu !

Et pour tous ! Savoir que ses bourreaux étaient, lorsqu’il a été lynché, des émissaires de Satan ne signifie pas les excuser, et comprendre qu’ils « ne savaient pas ce qu’ils faisaient » ne signifie pas qu’ils sont irresponsables devant la justice des hommes. Quentin, en reconnaissant Satan, a montré que s’extraire du mimétisme de la Violence, est possible..  

 Ce message signifie simplement (et c’est extrêmement difficile à appréhender) que cette rupture peut être contagieuse (mimétique) et se répandre…

La sidération devant ce drame est compréhensible et les comportements qui s’en sont suivis, bien connus (cf. René Girard, Simone Weil et d’autres).

Il faut les arrêter ! Comment ? A défaut de sacraliser la Justice, il faut lui rendre sa place. Elle seule, doit appréhender les auteurs, instruire l’affaire, accuser. Les accusations et les procès médiatiques sont le moyen le plus efficace pour répandre cette  peste.

Lors du procès, toute la société devrait être derrière les juges, non pas pour crier sur les accusés, mais pour leur faire prendre conscience que Non ! Quentin n’a pas été tué dans une rixe. Il a été lynché, il a été lynché, il a été lynché ! Et donc accepter leurs  châtiments que le tribunal, seul, aura décidé.

Cette rupture anthropologique sera, ainsi, expulsée de façon semblable à un rite religieux !

Analyse politique au Brésil. Inspiratrice de la situation française ?

Je ne sais si cette analyse inspirera, vraiment, les journalistes français et mes camarades de gauche.

Pour notre part son autrice a eu l’attention attirée par notre dernier article d’analyse anthropologique

https://2avsto.fr/2026/02/23/desir-detre-simone-weil-et-rene-girard-face-a-la-tradition-catholique-la-mort-de-jesus-sacrifice-sacrifice-ou-non-sacrificielle/

Qu’elle l’ait compris et apprécié, montre qu’elle sait intégrer tous les domaines dans ses analyses du point de vue politique. C’est un modèle pour les analyses en France.

Analyse d’un scandale financier au Brésil: enseignements universels

Une analyse d’un scandale brésilien, qui devrait intéresser les journalistes et l’opinion française pour deux raisons:

1- Sa référence à un scandale mondialement connu et déjà traité en France : Lava Jato

https://www.radiofrance.fr/franceculture/bresil-fin-de-cycle-pour-l-operation-anti-corruption-lava-jato-lavage-express-8876170 en 2021. Extrait « Jair Bolsonaro a été élu en partie grâce à cette opération et au sentiment anti politique développé par les procureurs, et par le juge en charge de cette opération, Sergio Moro. Puis, Sergio Moro a accepté le poste de ministre de la Justice de Jair Bolsonaro … »

https://blogs.mediapart.fr/braises-du-chaos/blog/210225/bresillava-jato-le-tribunal-supreme-annule-les-poursuites-contre-antonio-palocci en février 2025.

2- Dégageant des enseignements, pouvant déboucher sur des concepts universels d’enquête journalistique, permettant une lecture critique de faits révélés dans les médias et les réseaux sociaux.

Quelques extraits pour en juger et donner envie de lire la totalité:

« L’impact réputationnel d’une fuite (ndlr : dans la presse) est souvent plus dévastateur et irréversible qu’une décision de justice, surtout dans un secteur qui dépend viscéralement de la confiance et de la crédibilité systémique. »

« En divulguant des informations partielles, les détracteurs de Banco Master cherchent à isoler l’institution et à imposer une pré-condamnation sociale qui rend toute défense technique inefficace aux yeux de l’opinion publique. » Cette symétrie avec Lava Jato est alarmante »

« Du point de vue académique du droit procédural pénal, ce que l’on observe est « l’érosion des garanties par étapes ». Cela commence par une vague suspicion, évolue vers une violation du secret par des agents infiltrés et aboutit à la transmission stratégique de ces données à des journalistes de confiance. Ce circuit fermé empêche l’exercice du processus adversaire et transforme ce processus en une arme destinée à la destruction d’actifs et de réputations. »

« L’objectif central n’est pas la justice transparente, mais la construction d’un tribunal médiatique qui anticipe la culpabilité et affaiblit la défense du monde politique, opérant à l’ombre de la légalité pour consolider des récits qui servent les intérêts de secteurs cachés sous les « nuages sombres » de l’élite économique et politique. »

Dernier extrait, qui pourrait inspirer des scénarios de BD ou de films ou autres.

« L’impact de cette incertitude juridique sur le marché financier est dévastateur, car il remplace la prévisibilité des lois par la volatilité du scandale fabriqué. Lorsqu’une institution bancaire est la cible de violations illégales de la confidentialité, le dommage immédiat à la réputation peut provoquer des crises de liquidité et une instabilité systémique, affectant des millions d’investisseurs. La justice, en permettant que son appareil soit utilisé pour « saigner » les entreprises et institutions avant toute sentence, se transforme d’un garant à un bourreau économique, servant d’outil dans une guerre hybride où le processus pénal est le champ de bataille pour la redistribution des parts de marché et de l’influence politique. »

Et motiver les journalistes français d’enquêter sur ce cas de cette banque. Un article de RFI du 15/02/2026, ouvre la voie.

https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260215-au-br%C3%A9sil-le-scandale-financier-banco-master-bouscule-les-hautes-sph%C3%A8res-du-pouvoir

Désir d’être : Simone Weil et René Girard face à la Tradition catholique ! La mort de Jésus, sacrifice, Sacrifice ou non-sacrificielle ?

« L’année 2025 a été marquée, entre autres, par le trouble qu’a causé la mise en avant dans le monde étasunien de l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme

2026 débute avec une utile mise au point que nous offre Benoît Chantre en revenant, ce que nous devrions toujours faire, aux textes, pour vérifier ce qu’un auteur a vraiment écrit et s’autoriser à imaginer ce qu’il aurait pu penser de circonstances ultérieures à la production de son œuvre. Il nous invite à parcourir un recueil d’extraits de René Girard …. Je vais sélectionner quelques extraits de ces extraits, histoire de vous donner envie de vous faire une opinion par vous-mêmes. J’y ajouterai des observations qui me sont propres. »

Jean-Marc Bourdin débute ainsi son article paru sur LE BLOG L’ÉMISSAIRE, le 20 janvier 2026

La phrase de Jean-Marc Bourdin « l’influence que la lecture de Girard aurait exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme » se base sur les idées d’un « médiateur », Peter Thiel, qui a été en contact direct avec René Girard. Mais ce médiateur n’a pas repris les éléments de la théorie mimétique de René Girard, permettant explicitement de relier cette théorie à la doctrine sociale de l’Eglise, vue par J. D. Vance.

Par contre, ce qui était implicite chez Peter Thiel, est très explicite chez Sylvain DURAIN, dans son dernier livre « René Girard, du désir à la violence » . La reprise des écrits de René Girard ne suffit pas pour mettre au conditionnel, l’influence de la lecture de Girard exercée sur le vice-président J. D. Vance dans sa conversion au catholicisme. Il faut lire et étudier Sylvain Durain.

Ce n’est pas le sujet de l’article, mais, si un lecteur le demande, je donnerai en commentaire, succinctement, les deux arguments de Sylvain Durain, permettant ce lien.

Sur le même blog, paraissait 2 semaines après celui de Jean-Marc Bourdin, un article, récension du livre de Bernard PERRET

Joël Hillion y écrit « Le « sacrifice de Jésus » ôte-t-il tous nos péchés ? Ce serait encore un sacrifice expiatoire… archaïque. La mort de Jésus ne peut pas effacer nos péchés ─ Bernard Perret parle de la « rémission des péchés » page 156 ─ pour la bonne raison que c’est nous les coupables, c’est nous qui l’avons mis à mort, par le truchement de la foule déchaînée de Jérusalem. Nos péchés ne sont pas « purgés » par son sacrifice, mais seulement par le pardon que Jésus nous accorde sur la Croix. Là encore, la violence du « sacrifice de la Croix » n’est pas le remède au mal que nous commettons, et que nous continuons de commettre, c’est le renversement complet de ce sacrifice en pardon qui peut (seul) nous sauver. En ayant retourné le pardon en expiation, c’est comme si nous n’avions pas voulu de ce pardon. »

C’est de la théologie. Ce qui renvoie à ce blog, où je présentais la synthèse de mes recherches

Extrait : « Girard, après son travail anthropologique, abouti dans La Violence et le Sacré, se lance, avec toujours une méthodologie d’intertextualité, dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil, philosophe du 20ième siècle, adepte des méthodes de terrain). Il s’appuie sur l’Evangile de Saint-Jean pour le démontrer, introduisant, par-là, un biais épistémologique. Cet Evangile, le dernier chronologiquement, est déjà théologique.  

Ce qu’il ne voit pas, c’est que les débats théologiques deviennent un enjeu de pouvoir dans la chrétienté. De ce fait, les querelles théologiques ne pouvaient que « sacrifier » l’anthropologie des Evangiles, qui devint cachée et oubliée. Le mécanisme victimaire pouvait se perpétuer. Et, de fait, les querelles théologiques aboutirent à des reprises du mécanisme victimaire (exclusion, excommunication lors des conciles….) »

Ces phrases d’un article publié en août 2024 justifient d’être rappelées dans celui-ci traitant du livre de Sylvain Durain, René Girard, du désir à la violence. Cet auteur, traditionnaliste catholique, a lu et compris René Girard. Il s’adresse aux traditionnalistes, mais son livre mérite d’être étudié pour rentrer dans ce que j’écrivais « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose » dans

En effet, les premières conférences de ce séminaire Simone Weil et René Girard ont montré les interrogations de l’organisateur sur les liens avec la théologie dans la recherche de René Girard et une réponse épistémologique de Pierre Yves Gomez, qui devrait être questionnée par ce livre et la « thèse » de Sylvain Durain. Le livre de Bernard Perret devrait être aussi questionné.

Sylvain Durain ne cite pas le dernier livre de Bernard Perret, mais des passages de ces livres antérieurs sont cités. Il le connait. Il sait donc que Bernard Perret, pour développer ses thèses, et celles de la théologie de James Alison, s’appuie sur les premiers écrits sur le christianisme « Des choses cachées depuis la fondation du monde », et ses critiques envers l’Épître aux Hébreux.

Mais il cite la Postface de René Girard au livre de Raymond SCHWAGER Avons-nous besoin d’un bouc émissaire ? », ce qui suffit à montrer que ces critiques ont été abandonnées  « Je m’empêchais naguère de voir en Jésus un « bouc émissaire » qui « se sacrifie » pour les hommes. L’abbé Schwager a dissipé en moi ce malaise » « …j’ai insisté sur la critique prophétique des sacrifices, reprise par Jésus dans les Evangiles. J’ai parlé d’un christianisme non sacrificiel, seul authentique face à toutes les doctrines qui masquent la violence humaine (…). En parlant ainsi (…) je voulais  simplement dissiper (…) l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de « sacrifice ». (…) J’avais deux fois tort. Une première fois (…) je viens de rappeler pourquoi. Et une seconde fois, parce que le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère (…) l’unité paradoxale du religieux. Reconnaitre la valeur positive du terme de « sacrifice » ce n’est pas (…) pratiquer une espèce d’amalgame par un quelconque tour de passe-passe intellectuel, fondé par exemple sur la notion d’offrande sacrificielle »

Il cite aussi l’Art 7 (initial)de l’Introduction générale du nouveau missel, issu de Vatican II

« La cène du Seigneur ou messe est une synaxe (ou réunion) sacrée, c’est-à-dire le rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence d’un prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C’est pourquoi le rassemblement de l’Eglise locale réalise de façon éminente la promesse du Christ : « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

devenu, dans la version finale « A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique[37]. C´est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ: « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux » (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix[38], le Christ est réellement présent dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques » (PRÉAMBULE A LA PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MISSEL ROMAIN)

sacrifice eucharistique inclut les mots « transsubstantiation » et « propitiatoire » et renvoie à leurs origines

Une fois par an, le propitiatoire était aspergé de sang expiatoire par le souverain sacrificateur pour la purification des péchés (Lévitique, 16:14-17).

Cette évolution du texte démontre que l’Eglise catholique a débattu sur le sens du sacrifice eucharistique, et le garder secret pour ses fidèles.

Dans la liturgie ancienne, le prêtre était dos à l’assemblée des fidèles, car il présentait à Dieu, le sacrifice que lui, Dieu réclamait et l’assemblée s’associait, ainsi, symboliquement à cette présentation. Dans la liturgie nouvelle, le prêtre est face à l’assemblée des fidèles, ce qui correspond à la première version, citée par Sylvain Durain.

Garder cette liturgie nouvelle et reprendre les notions de sacrifice eucharistique, indique que l’Eglise catholique a refusé ce débat…Pour éviter un schisme trop important , et laisser isolé , Mgr Lefevre ? Peu importe les raisons, elles sont cachées. Il suffit de savoir qu’elles existent et que ce débat a été étouffé.

De ce fait, il parait évident qu’un pape, Benoît XVI, puisque le but des deux formes de liturgie sont les mêmes: le sacrifice eucharistique, autorise (par le décret sur la messe tridentine) à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II. Mais, de ce fait, la théorie mimétique est dans une impasse! Nous le montrerons après avoir traité des rapports de Simone Weil avec la tradition, vus par Sylvain Durain.

Dans l’extrait ci-dessus de la synthèse de ma recherche, j’ai relayé ce que Sylvain Durain nomme la « Doxa »: « Girard, après son travail anthropologique (…) se lance (…) dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal des Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil (…) »

Sylvain Dunain, montrant sa connaissance de René Girard, rectifie, en donnant la citation exacte et complète, tiré du livre « La Route antique des hommes pervers » ( ndlr : analyse du Livre de Job)

« Il existe une dimension anthropologique du texte évangélique. Je n’ai jamais dit qu’elle constitue le tout de la révélation chrétienne, (ndlr : souligné par Sylvain Durain) mais je pense que, sans elle, le christianisme ne peut pas être véritablement lui-même » Sylvain » Durain note que «  Cette citation, (…) semble l’éloigner de la vision de Simone Weil sur ce point qui écrivait qu’« avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes » (ndlr : souligné par nous) et rajoute  » on sent que René Girard n’est pas scientiste.

Par cette dernière phrase, Sylvain Durain considère-t-il Simone Weil, comme scientiste ? Peut-être, mais peu importe, l’important est de noter que ce sont les seuls passages du livre où Simone Weil est citée. C’est la preuve que la démarche scientifique de Simone Weil est solide et que celle de René Girard est dans une impasse.

Il suffit de citer le cardinal Jean-Claude HOLLERICH, interviewé par Marie-Lucile Kubacki, dans le remarquable hors-série de La Vie, consacré au pape François:

« Avant de révoquer le décret de Benoît XVI sur la messe tridentine (qui autorisait à revenir à un rite antérieur à la liturgie rénovée par le concile Vatican II), il a consulté les évêques dans le monde entier. Et s’il a décidé en ce sens, c’est (…) parce qu’il a compris que, dans cette forme de piété ancienne, beaucoup en restaient à une démarche assez individuelle, au fond (…). Et justement aujourd’hui, ce dont le monde a besoin c’est que nous surpassions l’individualisme postmoderne, sans quoi l’Eglise n’a pas d’avenir. Son texte n’était pas un acte impulsif et punitif, c’était le fruit d’un processus d’écoute et de discernement. Il sait très bien ce qu’il fait »

François, qui dénonçait le cléricalisme, fait du cléricalisme et cache aux fidèles la raison de l’anathème, qu’il prononce, en mettant, en avant des motifs pour donner une apparence de droit ( ndlr : expression renvoyant à la notion de Force chez Simone Weil).

La principale « dimension anthropologique du texte évangélique« , selon René Girard est le dévoilement du mécanisme sacrificiel par les Evangiles, notamment celle de Jean, qui le rendrait inefficace. L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH montre que ce principe fondamental de la théorie mimétique est à discuter.

Et montre bien que cette théorie est à un moment de son histoire, où elle se trouve dans une impasse.

L’actualité le démontre.

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-02/fraternite-saint-pie-x-rejet-dialogue-saint-siege.html

Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, au dicastère pour la Doctrine de la foi, à Rome, le 12 février 2026

Le nouveau pape, par l’intermédiaire du cardinal Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi avait proposé un dialogue « spécifiquement théologique » à  la Fraternité Saint-Pie-X, nommée aussi Lefebvristes (du nom de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité dans les années 1970 en opposition aux réformes du Concile Vatican II.

Ce dialogue « spécifiquement théologique » était  sous condition de suspendre les ordinations épiscopales annoncées, par la fraternité, pour le 1er juillet.

Le 12 février dernier, le cardinal Fernández déclarait : « Le Saint-Siège a réaffirmé que l’ordination d’évêques sans le mandat du Saint-Père, qui détient le pouvoir ordinaire suprême, plein, universel, immédiat et direct (cf. CDC, can. 331; Constitution dogmatique Pastor aeternus, chapitres I et III), impliquerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) avec de graves conséquences pour la fraternité dans son ensemble (…) »

Dans une lettre adressée au cardinal Fernández, du 18 février 2026, l’abbé Davide Pagliarani rejette cette proposition. « Le Concile ne constitue pas un ensemble de textes librement interprétables :   il a été reçu, développé et appliqué depuis soixante ans, par les papes qui se sont succédé, selon des orientations doctrinales et pastorales précises. Cette lecture officielle (…) se manifeste (…) dans la Réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes.(ndlr :décret de François révoquant celui de Benoît XVI sur la messe tridentine) Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend situer toute discussion est d’ores et déjà déterminé».

Faute d’accord, la décision de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet est donc confirmée.

L’Eglise catholique se trouve dans ce que René Girard nomme « crise sacrificielle ». Sylvain Durain reprend bien ce terme et fait remonter cette crise à Vatican II en citant un livre d’analyse (par un auteur, issu de la tradition), à propos de ce concile, voulant s’adapter au monde : « Mais ils l’ont fait en anathématisant les erreurs du jour, en sanctionnant les déviations disciplinaires ou morales de l’époque, en armant l’Eglise contre ses ennemis. L’adaptation ne visait à se conformer au siècle, mais à mieux lui résister. Il ne s’agissait pas de plaire au monde, mais de l’affronter et de le vaincre, pour plaire à Dieu. Jean XXIII et Paul VI ont cherché, au contraire, à rendre l’Eglise séduisante pour l’homme moderne.»  (Monsieur l’abbé Gaudron Catéchisme catholique de la crise dans l’Eglise.)

On voit par cette citation, qu’un point, que René Girard tient pour essentiel pour la théorie mimétique, à savoir depuis son livre « Des choses cachées depuis la fondation du monde » : La révélation du système sacrificiel, par la passion de Jésus rend ainsi inefficace le système sacrificiel, doit être sérieusement questionné sur sa pertinence, puisque anathématiser (ou excommunier) est la continuité du rite du bouc émissaire ( expulsion en expiation), ce que Sylvain Durain écrit. La signification reste cachée, au plus grand nombre, ce qui le rend toujours efficace pour une lutte de pouvoir.

Et c’est bien une lutte de pouvoir, comme le montre l’interview (cf. plus haut L’interview du cardinal Jean-Claude HOLLERICH). Le décret d’interdiction Traditionis custodes de François est pris comme refus d’une proposition faite sous menace d’excommunication. Extrait de Pastor aeternus

« Si quis igitur dixerit, beatum Petrum Apostolum non esse a Christo Domino constitutum Apostolorum omnium principem et totius Ecclesiae militantis visibile caput; vel eundem honoris tantum, non autem verae propriaeque iurisdictionis primatum ab eodem Domino nostro Iesu Christo directe et immediate accepisse; anathema sit. » dont je propose ici la traduction de Wikipedia :« Si donc quelqu’un dit que le Pontife romain n’a (ndlr : pas) (…) un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l’Église, (…) en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier, ou n’a (ndlr : pas) (…)  la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n’est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des Églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles, qu’il soit anathème. »

Simone Weil, (avec une relation directe avec le Christ) ne se veut pas en surplomb, mais, on l’a vu plus haut, avec la citation reprise par Sylvain Durain, a une démarche scientifique « avant d’être une science de Dieu, les Evangiles sont avant tout une science des hommes ».

Et elle écrit « Il y a un obstacle absolument infranchissable à l’incarnation du christianisme. C’est l’usage des deux petits mots anathema sit. Je reste aux côtés de toutes les choses qui ne peuvent pas entrer dans l’Eglise, ce réceptacle universel, à cause de ces deux petits mots. Je reste d’autant plus à leur côté que ma propre intelligence est du nombre (…) » Cette lettre de Simone a été publiée par le Père PERRIN dans « attente de Dieu ».

Pour elle, ce n’est pas la révélation d’un système, c’est la résistance efficace à l’acceptation d’un système. Elle n’était pas catholique de naissance et a refusé l’Eglise/institution. Mais celles et ceux qui, nés catholiques, savent discerner l’Eglise de l’église/institution, sont dans la même résistance efficace. Dans « Le moine et la psychanalyste », Marie Balmaryfait dire à « son » moine qu’il peut entrer et sortir de cette église/institution, comme il veut son’ « intelligence exige une liberté totale » (expression de Simone Weil pour relier ces deux femmes remarquables).

C’est en travaillant dans le café Le Simone, sur la doctrine sociale de Simone Weil, que ce concept de résistance avait été trouvé, bien avant mes recherches-interventions, arrivant à un résultat semblable. Mais, à ce stade de mes recherches, il n’était pas possible d’envisager d’en faire un principe fondateur d’un modèle universel.

Je l’envisage aujourd’hui. Et je  travaille sur cette hypothèse. L’actualité (crise de l’église, élection d’un pape américain et d’un vice-président du même pays, avec des idées non convergentes, droits de douane, guerres) montre l’intérêt de travailler sur une telle hypothèse.

La même actualité a montré que les lois économiques et de sciences de gestion, valables toutes choses égales par ailleurs, sont justement en évolution, car les choses « anthropologiques » ne sont plus égales par ailleurs. Les thèses de René Girard et Simone Weil sont ainsi étudiées, ce qui conduit à un séminaire Simone Weil et René Girard et de notre côté, à un appel à un travail collectif. Et donc, nous conduit à soumettre à ce séminaire, cet article.

Le café Le Simone a créé des ateliers pour étudier la doctrine sociale de l’Eglise, à la lumière de la doctrine de Simone Weil. Celle-ci se fera à travers d’œuvres de Simone Weil, élaborées avant et après son expérience mystique

La vie et la grève des ouvriers métallos : Cet article, publié par Simone Weil sous le pseudonyme de S. Galois (en référence au mathématicien Evariste Galois) a paru le 10 juin 1936 dans la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne (12° année, n° 224). La philosophe le reprit un mois plus tard, le 15 juillet 1936, sous le titre « Sur le tas : souvenirs d’une exploitée » dans le n° 7 des Cahiers de « Terre libre ». Ce mensuel anarchiste, qui parut de 1936 à 1938, était imprimé à Nîmes par André et Dori Prudhomme aux imprimeries coopératives La Laborieuse, 10 rue Emile Jamais

 La rationalisation Le 23 février 1937, Simone Weil fait une conférence devant des ouvriers dont seul ce texte partiellement recueilli par un auditeur nous est parvenu. C’est celui qui fut publié dans la première édition de  la Condition ouvrière en 1951.

A propos du syndicalisme « unique, apolitique, obligatoire écrit en 1938, ce texte a paru dans la Condition ouvrière en 1951, Paris, Gallimard. Elles sont la réponse de Simone Weil à Auguste Detoeuf, industriel et essayiste et à ses théories sur le syndicalisme

Expérience de la vie d’usine écrit entre 1936 et 1941, publié  en juin/juillet 1942, sous le pseudonyme d’Emile Novis dans le numéro  2 de Economie et  Humanisme. P. 1900 Les « réflexions sur le travail d’usine » (qu’elle dit ici avoir rédigées pour le P. Perrin), forment l’article intitulé dans La Condition ouvrière « Expérience de la vie d’usine » ; elles furent publiées dans la revue catholique économie et humanisme

Condition première d’un travail non servile écrit à Marseille au printemps 1942, ce texte a paru partiellement le numéro  4 du Cheval de Troie en 1947 (p525-534)

+Un texte de La Condition ouvrière daté de septembre 1937

Mort de Quentin : Témoignage pour éviter un emballement mimétique de violence

Le quartier Saint-Georges, dans le vieux Lyon, avec son église éponyme au centre, proche du quai où Quentin D. a été recueilli par les pompiers.

Marié depuis plus de 40 ans, dans cette église, devenu peu après, un lieu de culte selon le rite extraordinaire de l’Eglise catholique, je n’avais remis le pied, (ni le moindre orteil), dans ce lieu.

Séjournant dans ce quartier, pour quelques jours, ma femme et moi avons voulu assister à la messe dominicale de ce dimanche 15 février. J’ai retrouvé la messe de notre enfance, avec sa signification première, objet de mes recherches. La liturgie est belle, mais nous ne chercherons pas à renouveler l’expérience.

A la fin de la messe, le curé a fait un hommage à Quentin, avec des prières, à laquelle tous les paroissiens se sont associés. Le prêtre a présenté Quentin, avant tout, comme catholique. C’est dans cette église, qui a vu notre mariage, que nous avons appris ce drame affreux.

Il nous a d’autant plus touché, que rentrant d’une promenade, le jeudi soir, nous avons vu un camion rouge, stationné à côté de l’église, avec trois pompiers, montant la garde….

Donc touché par ce drame, je prends aujourd’hui connaissance de certains articles de presse.

Et j’ai lu un article faux, non signé par un journaliste, mais par franceinfo, Radio France.

https://www.franceinfo.fr/faits-divers/mort-de-quentin-militant-identitaire-agresse-a-lyon/ca-me-fait-peur-apres-l-agression-mortelle-de-quentin-deranque-ces-lyonnais-redoutent-un-cycle-de-violence_7809236.html

À la sortie de la messe de l’église Saint-Georges, paroisse traditionaliste que fréquentait Quentin ( j’ai enlevé le nom, car si mettre le nom ne gêne pas la déontologie de Radio France, elle choque mon éthique) , un jeune homme s’emporte contre les militants antifascistes et la France Insoumise. « Pour moi, ce sont des terroristes ces gens-là. Ils ont des milices et ils sont députés. Et vu qu’ils se sentent impunis, ça ne fait qu’escalader la violence », dénonce-t-il….

Je peux témoigner n’avoir vu aucun journaliste, que le prêtre et les personnes présentes à cette messe, ont été responsables et ont pour Quentin seulement prier, y compris pour la conversion de ses assassins, sans les caractériser d’aucun qualificatif !

Je ne commenterai pas le reste de l’article, que j’ai cité, simplement pour sourcer mon propos.

Les écrits mensongers ne peuvent que faire naitre un emballement mimétique, de la haine et un déchainement de violences.

Nous sommes en période électorale. Pour renforcer ce témoignage et empêcher un tel emballement, je déclare simplement que mon vote à ces élections locales ne changent pas avec ce drame.

Je vote dans la ville de Saint-Priest pour Gilles Gascon, mon soutien à la Métropole va à celui, qui est député de ma circonscription, Idir Boumertit, même s’il ne m’est pas possible de voter directement pour lui.

Je salue ici les candidats de Lyon, qui ont suspendu leur campagne ce dimanche. C’était une attitude responsable

Désir d’être : Qu’est-ce que vous croyez ?

La présentation de ce livre, à paraître le 18 février, a toute sa place sous le thème désir d’être.

Je prends connaissance de ce livre, le jour où je publie un article, où j’écris « Simone Weil esquisse un programme de travaux collectifs ; elle voudrait « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose »

La diffusion de ces conférences ressort de cet appel.

La question de ce désir d’être ne peut être recevoir une réponse que par ce travail collectif de réflexion ! »

Or, Julie Dachez est docteure en psychologie sociale, autrice, vulgarisatrice scientifique et conférencière.

Extraits de son livre

  1. « Je suis une femme autiste diagnostiquée très tardivement, victime de violences psychologiques et émotionnelles notamment de la part de mes ex-conjoints ; avec une probable prédisposition génétique à des problèmes de santé mentale puisqu’il y a plusieurs cas dans ma famille. Autant vous dire que j’ai été mise très tôt sur l’autoroute de la dépression et de l’anxiété, car le stress chronique, la violence (sexuelle notamment), et les prédispositions génétiques  sont autant d’éléments qui impactent négativement notre santé mentale. Il y en a d’autres, comme la mort soudaine d’un proche ou les maltraitances dans l’enfance.                                                                              Je précise que je me réclame de la neurodiversité. Pour moi, être autiste n’est pas un déficit ou une affreuse pathologie, c’est un mode de fonctionnement différent avec ses forces et ses faiblesses »
  2. Elle décrit sa « deuxième expérience mystique » : « Un an plus tard, je suis en vacances avec mon amie Salomé pas loin de Tarragona, une région que je connais bien puisque j’ai des origines catalanes. Les jours s’égrènent tranquillement entre les randonnées, les parties de cartes et les siestes. La veille de son retour en France, nous nous rendons au monastère de Poblet, un des lieux touristiques à visiter absolument si vous êtes de passage dans le coin. Ce jour-là, je m’assieds sur un banc, devant le cloître, alors qu’elle part à la découverte du lieu. Je pose mes mains sur le banc en pierre et je ferme les yeux. Les mêmes sensations que celles ressenties un an auparavant commencent à m’envahir, de façon graduelle, tout en douceur. Je sens la fraîcheur de la brise sur mon bras, et je suis frappée par la perfection de ce souffle. Sa température, sa délicatesse, la façon dont elle caresse mon bras. La poussière en suspension dans ce rai de lumière, juste devant moi, attrape mon regard et m’offre un ballet multicolore. Lorsque ma main se déplace sur le banc, la douceur de la pierre polie par le passage des années me fait l’effet d’une caresse. Perfection. Mon corps tout entier est traversé par une énergie qui le déborde. Je me sens immense et puissante. Je suis bercée par l’amour, la joie, la beauté. Des images des jours précédents me reviennent en rafale : cette vue magnifique au sommet de notre randonnée sur la cime des pins et la mer, au loin, qui se fond dans l’horizon ; le silence au cœur de la nature ; ce petit mouvement de tête de Salomé lorsque sa curiosité est piquée et qu’elle s’apprête à poser une question. Oui, tout est perfection. Je pleure, de gratitude. Salomé revient, s’assied à côté de moi. Je bredouille quelques mots pour lui expliquer ce qui m’arrive. Je suis partagée entre la gratitude, la béatitude et le choc. Deux fois en un an, mais pourquoi moi ? »
  3. « Le soir même, alors que nous dînions au restaurant, Salomé a utilisé l’image suivante pour décrire la scène : « C’est comme si tu étais une aspirine en pleine effervescence dans un verre d’eau. Tu vois, ça envoie des picthouilles d’eau, eh bien j’ai reçu des pichtouilles d’émotions en étant à côté. Je me suis sentie émue, ça m’a vraiment secouée. Tu répétais “Je suis bénie, je suis bénie.” C’était très fort. »                                                                                                                                                         Salomé est athée. Elle m’a dit récemment, alors que je démarrais l’écriture de ce livre : « Depuis le monastère, je suis peut-être un peu moins hermétique. Tiens, j’ai une image qui me vient pour expliquer ça : là où auparavant j’étais dans une pièce avec quatre murs autour de moi, maintenant il y a des portes. Elles sont fermées, certes, mais il y a des portes. Je n’ai jamais remis en question ce que tu avais vécu en Jamaïque, mais comme il y avait des substances psychoactives impliquées, je ne le vivais pas de la même manière. Le fait de t’avoir vue au monastère et d’avoir ressenti l’émotion, c’est ça qui fait que je me dis qu’il y a peut-être quelque chose. Je me dis que, possiblement, il y a quelque chose auquel je n’ai pas accès. »

« Ce livre est un mélange entre vulgarisation scientifique et témoignages. À la croisée entre savoir scientifique et savoir expérientiel

Désir d’être: Simone Weil et René Girard

Comme le séminaire « René Girard et Simone Weil. Violence et vérité » organisé par l’Association Recherches Mimétiques  et l’Institut Catholique de Paris a débuté. Et que les objectifs des Six rendez-vous du séminaire  sont affichés : éclairer, aujourd’hui l’une par l’autre, la métaphysique religieuse de Simone Weilet l’herméneutique anthropologique de René Girard.

Il est logique d’illustrer cet article par l’image de La Passion de Simone, oratorio composé par Kaija Saariaho sur un livret français d’Amin Maalouf, qui se veut « un chemin musical en quinze stations »

Et de donner la possibilité de écouter ce magnifique oratorio.

Cette musique et ce livret sont pleines de symboles, de ceux qu’un conseiller en musique du xx siècle, producteur à France-Musique décrit dans son article «  Dominique JAMEUX, « SYMBOLE », Encyclopædia Universalis ».  

Sur ce blogue, nous donnons la possibilité d’écouter les conférences mensuelles du séminaire. Elles sont passionnantes !

Voici celle du mardi 6 janvier 2026 :

— Jérémie Delsart : « Simone Weil lectrice de l’Ancien Testament: une série de problèmes à la lumière de René Girard»

— Pierre-Yves Gomez : « Peut-on conserver l’hypothèse de neutralisation en sciences sociales après Weil et Girard ? »

Voici celle du mardi 3 février ́ :

 — Christine Orsini : « Force et Violence, lecture croisée de Weil et Girard »

— Camille Mairian : « Désir et conversion chez Simone Weil et René Girard »

Camille Mairian a changé sa conférence et a donné, au préalable, les extraits cités des œuvres de Simone Weil et René Girard. Les voici, car les avoir, sous les yeux, aident la vision de sa conférence.

Nous diffusons ces conférences, car nous pensons au café coworking Le Simone à Lyon. Il lance un cycle de formation et de réflexion ouvert à tous, pour redécouvrir la richesse de la Doctrine sociale de l’Église, articuler foi et engagement concret, et nourrir un regard chrétien sur les questions sociales…sous la tutelle inspirante de Simone Weil.   Ces conférences seront donc très utiles pour une réflexion féconde.

Nous l’incluons dans la série désir d’être, car beaucoup ne regardent, ne lisent et comprennent l’œuvre de Simone Weil, qu’à travers son expérience mystique.

C’est l’option de Kaija Saariaho et d’Amin Maalouf, dans son oratorio, comme vous pouvez en juger, par le « très acclamé » extrait (durée 6’ 25) « L’amour de loin », présentée ainsi : «  Sur la structure des Passions de Bach, la partition unique et pleine de suspense de Saariaho, interprétée par la chanteuse de cour Anne Sofie von Otter en tant que soliste, plonge l’auditeur dans la vie et les pensées de Simone Weil. »

Comme l’a rappelé Christine Orsini, dans sa conférence, Simone Weil a une culture scientifique solide et prône l’analogie, comme méthode de pensée.

Voici, pour compléter sa conférence, une citation de Simone Weil

« C’est par l’algèbre que la science est devenue un instrument indépendant de la pensée, indépendant des individus, et qui, par sa masse, leur échappe, une sorte de machine dont seule la collectivité dispose. Il faudrait une science qu’il fut impossible de détacher des hommes. Une telle science existerait peut-être si, au lieu d’employer l’algèbre comme moyen de connaissance, on employait une méthode fondée sur l’analogie. « J’ai rêvé parfois d’un manuel de physique pour écoles primaires, où l’interprétation des phénomènes naturels serait exclusivement présentée sous l’aspect d’analogies successives, de plus en plus exactes, et cela en partant de la perception (…). Ainsi, pour la lumière, on commencerait par la liste de tous les cas où la lumière se comporte comme quelque chose d’analogue à un mouvement, pour passer ensuite à l’analogie avec un mouvement rectiligne, à l’analogie avec les ondes…

Et Simone Pétramant, auteure de « La vie de Simone », note qu’elle souhaite «  une étude approfondie des instruments de travail, non plus d’un point de vue technique (…) mais quant à leur rapport avec l’homme, avec la pensée humaine » Elle pense en effet que la libération de l’ouvrier doit se faire dans le travail même, et que le travail, pour devenir celui d’un homme libre, doit être pénétré de pensée, d’invention, de jugement.

Avec ces extraits d’une  réponse à une lettre d’Alain, publiée dans « Sur la science », Simone Pétramant  note que Simone Weil esquisse un programme de travaux collectifs ; elle voudrait « lancer un appel à tous ceux qui savent ou font effectivement quelque chose »

La diffusion de ces conférences ressort de cet appel.

La question de ce désir d’être ne peut être recevoir une réponse que par ce travail collectif de réflexion !

Pour ceux qui veulent approfondir « l’analogie »:

Pierre DELATTRE, Alain de LIBERA, « ANALOGIE », Encyclopædia Universalis

Robert BLANCHÉ, « RAISONNEMENT », Encyclopædia Universalis