L’aide aux victimes de souffrance au travail organisationnelle. Cette souffrance pouvant provenir d'un harcèlement individuel provoqué par l’organisation ou d’harcèlement à plusieurs, ou en meute, Mobbing, quel qu’en soit le motif.
Une décision de la cour suprême des Etats-Unis sur le droit à l’avortement, entrainant une réaction en France pour inscrire ce droit dans la Constitution.
La loi de fin de vie, discutée au Sénat actuellement.
a été l’occasion, en France, pour certains catholiques, pour occuper « l’espace médiatique » avec une certaine conception de la doctrine sociale de l’Eglise, dont la vocation première serait de s’occuper, en premier lieu, de ces sujets, au nom, non pas de l’enseignement des Evangiles, mais au nom d’une philosophie prétendant que « La personne est sacrée ».
L’arrivée d’un nouveau pape est l’occasion d’étudier cette doctrine sociale de l’Eglise.
Le café/coworking Le Simone lance un cycle de formation et de réflexion ouvert à tous, pour redécouvrir la richesse de la Doctrine sociale de l’Église, articuler foi et engagement concret, et nourrir un regard chrétien sur les questions sociales…sous la tutelle inspirante de Simone Weil.
L’année se terminera par une journée Simone Weil en juin 2026 et non le 7 mars.
Ceux qui suivront cette formation doivent connaitre la doctrine sociale de Simone Weil.
Car elle est différente :
« Je ne reconnais à l’Eglise aucun droit de limiter les opérations de l’intelligence (…)
« Je lui reconnais la mission (…) de formuler des décisions sur quelques points essentiels, mais seulement à titre d’indication pour les fidèles.
« Je ne lui reconnais pas le droit (…) d’user de la menace et de la crainte en exerçant, pour les imposer, son pouvoir de priver des sacrements. (…)
« J’ai la certitude que ce langage n’enferme aucun péché. C’est en pensant autrement que je commettrais un crime contre ma vocation qui exige une probité intellectuelle absolue… »
Elle a préféré à l’acceptation du baptême, l’affirmation de sa profession de foi !
Sa doctrine sociale est différente d’abord sur ces deux points :
« Le consentement humain est chose sacrée ». Il est ce que l’homme accorde à Dieu. Il est ce que Dieu vient chercher comme un mendiant auprès des hommes. » Le consentement est sacré, la Personne, non. Et logiquement, Valérie Gérard, dans la préface au livre de Simone Weil « Force, Consentement et justice » en tire les conséquences, en prenant l’avortement comme exemple de droit qui n’en sont pas, puisque modifiable.
Dans « la vie de Simone », Simone Pétrement écrit que la lettre à Joël Bousquet, le 13 avril 42 est terminée en lui offrant ses services pour lui procurer unmédicament. Il répond « Cela me donne du cœur de penser que m’avez proposé ce que des hommes n’ont pas osé m’offrir. » et dans une note, rajoute que, d’après Cahiers I p 17, elle semble penser que le suicide est permis quand il n’est qu’apparent. Enfin, dans la Connaissance surnaturelle Gallimard 1950, elle note qu’Eusèbe ne condamne pas les chrétiennes qui se tuent pour éviter le viol.
Alexis BOURLA a glissé une phrase dans un de ses articles « La neuroéconomie montre une chose essentielle : les mouvements collectifs ne réussissent pas quand on exige un sacrifice maximal, ils réussissent quand on réduit le coût marginal de la participation et qu’on rend l’engagement visible. »
Cette phrase était soit vraie, soit fausse. Comme elle contredisait ma recherche sur le même domaine des mouvements collectifs, je lui ai demandé de sourcer son information. Son refus public, sur Linkedin, lors d’un échange avec lui en commentaire d’un billet, dont je peux donner la référence sur demande, signifie que la phrase est fausse.
Ce refus signifie aussi qu’il n’y a refus d’une rivalité, de part et d’autre, et que nos résultats de recherche ne se confronteront pas.
J’en ai tiré des enseignements, que vous pouvez retrouver, en cliquant sur le lien suivant
Mais pour éviter de rentrer dans une rivalité toxique, je propose la médiation de Simone Weil, qui, bien avant moi, dotée de capacités intellectuelles exceptionnelles, a su parfaitement exprimer, la raison pour laquelle les neurosciences sont incapables de démontrer un résultat qui présuppose que les acteurs économiques individuels agissent selon des critères rationnels, que sont leurs intérêts (réduire le coût marginal de la participation…)
Pareilles choses n’auraient pas lieu si les hommes n’étaient menés que par l’intérêt ; mais à côté de l’intérêt, il y a l’orgueil. Il est doux d’avoir des inférieurs ; il est pénible de voir des inférieurs acquérir des droits, même limités, qui établissent entre eux et leurs supérieurs, à certains égards, une certaine égalité. (…) Le souci le plus pressant de beaucoup d’hommes (…) est de maintenir leurs inférieurs « à leur place ». Non sans raison après tout, car s’ils quittent une fois « leur place », qui sait jusqu’où ils iront ? (…)
Dans d’autres écrits, elle emploie, plutôt qu’orgueil, le mot passions et aussi l’expression « le seul jeu passionnant pour les hommes (…) qui a pour objet la domination sur les hommes »
Cet article d’un psychiatre reconnu et renommé, intéresse toute la société, maintenant que le « trouble de la personnalité borderline » n’est plus réservée à la nosographie psychiatrique, mais est employée dans le langage courant et peut servir d’insulte et, plus grave, d’exclusion.
Il pose le problème de la science médicale
« Un consensus affiché peut aussi servir à neutraliser le débat… invoquer la validité comme argument de clôture revient à faire comme si décrire correctement suffisait à soigner justement.
Ce glissement est central. La clinique ne se réduit pas à la description, et un diagnostic n’est jamais un simple outil neutre : il agit, il transforme la relation, il produit des effets réels. »
Il pose le problème de la science médicale, propre à la psychiatrie
« Cette faiblesse explicative n’est pas un détail technique. Elle a des conséquences cliniques majeures. En l’absence de modèle causal, le diagnostic tend à fonctionner comme une essence supposée de la personne. Ce qui est observé est implicitement attribué à ce qu’elle est, et non à ce qu’elle a vécu, traversé ou appris.
Un diagnostic peut être méthodologiquement solide, statistiquement robuste, et pourtant producteur de violence clinique.
Violence symbolique, d’abord : lorsqu’une étiquette fige une personne dans une identité psychopathologique.
Violence relationnelle, ensuite : lorsqu’un diagnostic modifie durablement la manière dont la parole du patient est reçue, interprétée ou disqualifiée.
Violence institutionnelle, enfin : lorsqu’il justifie des refus de soins, des restrictions de prise en charge ou des attitudes thérapeutiques défensives.
La validité d’un diagnostic ne dit rien de tout cela »
Simone Weil est connue comme mystique….et les émissions, articles, livres, qui arrivent actuellement, montrent la fascination produite par cette partie essentielle de sa vie.
Dans le café/coworking Le Simone, à Lyon, nous avons voulu extraire de cette période (« mystique ») de sa vie, les citations, montrant la « spécificité unique » du regard d’observation de Simone Weil. (Toutes ces citations sont issues de la biographie de Simone Weil par Simone Pétrement, « La vie de Simone »)
Et nous avons décidé d’organiser une journée Simone Weil, le samedi 7 mars 2026.
Lors de cette journée, plutôt qu’une première conférence, j’animerai un atelier de lecture sur son « journal d’usine », période de sa vie ouvrière (où elle professait un matérialisme), aussi essentielle puisque qu’à Hélène HONNORATqui lui demandait (après son expérience mystique) pourquoi elle voulait absolument être une travailleuse agricole (après avoir été ouvrière avant cette expérience) « Mais enfin, Simone, pourquoi faites-vous cela, avec ce que vous portez en vous, ce que vous avez à dire » ; « Il y a des choses que je n’aurais pas pu dire si je n’avais pas fait cela » (Parole de Simone Weil, citée dans une conférence d’Hélène HONNORAT « La conversion d’après Simone Weil »).
Il y a continuité dans sa volonté d’expérience dans le monde du travail. La spécificité de son regard était-il déjà présent dans sa période « matérialiste » ? Ce sera le fil conducteur (souple) de cet atelier.
Il sera précédé des citations contenues dans cet article. La première d’entre elles justifie l’introduction de l’expression désir d’être dans le titre de cet article.
Sa biographe note que le poète Jean Tortelse lia d’une véritable amitié avec Simone Weil et a bien voulu m’écrire quelques pages :
« …pendant les quelques mois où j’ai été en contact avec elle, sa vie profonde -pourrais-je dire secrète ? – m’est sans doute restée ignorée, comme elle échappait, je crois, à la plupart … Nous laissant parler : elle, souvent plongée dans quelque lecture au milieu de nos conversations d’où elle paraissait absente. Une présence. Qui était là…Elle regardait (quand elle regardait) …les yeux immensément en avant…vers l’objet regardé…avec une intensité et…une sorte d’avidité interrogatrice que je n’ai pas rencontrée ailleurs…« Savoir qui nous étions ? Je veux dire : savoir si nous portions en nous quelque dignité, quelque raison d’être. Si nous étions nous et non pas quelques masques. Elle était avide, non seulement d’être, mais de savoir quelle était la part d’être de chacun et elle ne nous lâchait pas. ».
Sœur Colombe, bénédictine de l’abbaye Sainte-Scholastique, se souvient de sa rencontre avec Simone : « …Son silence…, la qualité de son attention, voilà ce que je n’ai pas oublié. Cela émanait d’elle d’emblée avec le sérieux, l’authenticité.
Même après son expérience mystique, elle avait la volonté de rester scientifique et connaissait l’importance du regard d’observation dans la science.
Dans l’article (1941) compte rendu du livre collectif L’avenir de la science
« La science contemporaine n’a pas eu besoin d’apprendre aux philosophes que le déterminisme n’est qu’un postulat car il n’a jamais été autre chose pour eux. De même on a toujours su que les procédés d’observation troublent le phénomène observé et que par conséquent la connaissance du phénomène ne peut être qu’imparfaite. »
L’importance d’un regard d’observation traverse toutes les périodes de sa vie.
Durant la guerre civile espagnole. Dans la lettre à Bernanos, elle écrit : « Oui, la peur a eu une part dans ces tueries ; mais là où j’étais, je n’ai pas vu la part que vous lui attribuez. »
Et sa biographe note « Elle tient à laisser intact le déterminisme sans faille qui est le postulat de la science et de toute connaissance objective. »
Ce qui s’exprime dans l’article d’avril 1941 « A propos des jocistes » il lui semble que la J.O.C. n’est pas un mouvement de jeunesse au sens que cette expression a d’ordinaire « On n’y trouve nulle ivresse collective, nuls effets de magnétisme, nuls mots d’ordre, nulle obsession de puissance, nulle flatterie à l’égard de la jeunesse.
« C’est le pur espritouvrier qui s’exprime à la J.O.C., sans mélange étranger. La politique n’y pénètre pas ; la religion, elle-même, n’y pénètre que traduite. Ces petits gars ont senti que ce qui pèse sur eux, ce qui les courbe tous les jours, par-delà le système économique et les patrons, c’est la matière elle-même (…) mais dès qu’ils prennent conscience d’eux-mêmes, ils sentent mieux que d’autres qu’ils y sont soumis.
Et dans « Réflexions sur la barbarie » (fragments d’un article inachevé)
Il n’y a pas non plus de classe qui soit « par une sorte de prédestination, porteuse et unique porteuse de civilisation ». Ce qui donne la clé de l’histoire, ce n’est pas la notion de classe, comme l’a cru Marx, mais la notion de force. « Je ne crois pas que l’on puisse former des pensées claires sur les rapports humains tant qu’on n’aura pas mis au centre la notion de force, comme la notion de rapport est au centre des mathématiques. »
Et sa biographe note « Elle a voulu tracer les grandes lignes d’une doctrine, mais non construire un système. Être fidèle à son expérience était plus important à ses yeux que d’éliminer toute contradiction ou de suivre jusqu’au bout un développement logique. »
A-t-elle réussi ? « Elle raconta (à Pierre Dantu) son expérience de l’usine ; il lui disait que cette expérience était sujette à caution à cause de ses maux de tête, mas elle affirmait qu’il se trompait »
Pour ceux qui suivent les articles du thème « désir d’être », l’expression a été rajoutée dans le titre. C’est l’unique raison, car il n’y a rien à rajouter. Sinon à présenter l’autrice, Christine Orsini, philosophe, possédant une grande culture littéraire et aussi cinématographique. La sortie au cinéma d’une adaptation du livre le plus connu de Camus lui permet de faire découvrir un essai méconnu (du moins par moi) de René Girard,« Pour un nouveau procès de l’Etranger » en nous livrant la brillante thèse de l’auteur de « Mensonges Romantiques et Vérité Romanesque », et aussi, au passage, de « clarifier » la notion de désir métaphysique de René Girard, qu’il appelle bien désir d’être, mais qui était un peu flou, quand j’ai lu « Mensonges Romantiques et Vérité Romanesque » pour la première fois (pour un neuroatypique comme moi, ce livre fut très long à comprendre)
Christine Orsini est, par ailleurs, la coorganisatrice du séminaire « René Girard et Simone Weil. Violence et vérité »
Pour illustrer le titre transformé de cet article du psychiatre Igor Thiriez, j’apporte un témoignage personnel sur des temps que les moins de quarante-cinq (âge des seniors en entreprise) ne connaissent pas et ne peuvent comprendre.
Un psychanalyste, Bruno Bettelheim, s’était rendu célèbre par la publication de livres où il explique les théories sur les causes de l’autisme. Elles ont été abandonnées, mais ont perdurées très, très, trop longtemps en France. Il reprend le terme et le concept de « mère réfrigérateur » avec l’idée d’une cause acquise et relative à la mère.
Enfant et adolescent, j’ai entendu les mots autisme, autour de moi. La seule théorie à disposition, celle de ce pseudoscientifique, m’a fait rejeter ce mot, un peu rapidement, comme ne me correspondant pas, me laissant à mon désir d’être de l’enfance (mes cauchemars d’endormissement : une plongée dans le néant) puis les angoisses de l’adolescence.
Autocentré (plus qu’un neurotypique), je ne me suis pas soucié de l’effet de ces théories sur ma mère, ni même de savoir si elle en avait conscience.
Ce n’est qu’à sa mort, en 2006 (j’avais 52 ans) que j’ai pris conscience de sa détresse…
Mais j’ai compris, aussi, qu’elle comprenait que je n’étais pas un être « indifférent » et que son regard sur l’autisme avait acquis, à ce moment-là, une perception bien plus pertinente que tous les scientifiques.
Pourquoi raconter cet épisode intime ?
Parce que :
L’amendement 159, discuté dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, proposait que les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ne soient plus remboursés par l’Assurance maladie.
Cet amendement a provoqué une mobilisation importante parmi les syndicats et associations de professionnels de la santé,
L’amendement 159 a finalement été rejeté.
A alors été diffusé sur les réseaux sociaux, le discours de la sénatrice Jocelyne Guidez, porteuse du texte, à l’occasion de ce rejet et avertissant que « le combat continue », Les opposants à cet amendement interprétant ce discours comme « laissant entendre que la question pourrait resurgir sous d’autres formes. »
Elle a aussi motivé son amendement, en liant son combat au mal que la psychanalyse a fait en France sur les parents d’enfants autistes. La sénatrice en pleurait lors de son intervention.
Les posts de diffusion de la vidéo du discours de la sénatrice ont amené des commentaires haineux, doutant de la sincérité de ses larmes et présentant les associations soutenant cette association comme des « nuisibles » à combattre. Ces commentaires n’ont pas été modérés.
Alors si Igor Thiriez, si vous lisez cet article, et réussissez à faire comprendre à vos collègues/camarades, la souffrance réelle et le traumatisme des parents d’enfants autistes de cette époque, ce serait un immense service que vous leur rendriez, car du soutien de l’opinion publique à votre juste combat, dépend son issue
Simone WEIL est une immense philosophe, dont les angles d’études sont innombrables, cf., en fin d’article, les cinq vidéos « consacrées » à sa conception et à sa définition du malheur (rencontré et compris lors de son immersion en usine). Ces conférences données au café/coworking Le Simone.
Sa vie, tournée entièrement vers la recherche de la Vérité fait partie de la « fascination » qu’elle a suscité et qu’elle suscite encore.
Mais, à ma connaissance, le « Pourquoi » de cette fascination n’est pas étudié.
Il vient du côté unique et précurseur de sa démarche, à mon avis (de non-philosophe).
Sa volonté « d’agir pour la Révolution » l’a conduite à une immersion dans le monde du travail, (et donc à sa rencontre avec le Malheur -cf. vidéos) pour l’observer, puis à revoir sa conception, qu’elle avait, avant, du travail, et à élaborer des concepts de la justice, en lien avec l’anthropologie des Evangiles.
Cette démarche est donc clairement « constructiviste », et sa volonté d’immersion, avec un regard à l’intérieur, et non en « surplomb », en avance sur son époque (les études de l’anthropologue Dorothée Dussy sur l’inceste sont contemporaines)
Cette conception révolutionnaire est permise par un regard d’observation.
En faire un sujet d’étude et un thème de colloque devrait être passionnant.
Et pourquoi pas une nouvelle journée Simone WEIL au café/coworking Le Simone.
Ou plusieurs journées, car l’actualité : Election d’un nouveau pape, se revendiquant de l’héritage du pape, fondateur de ce que l’on nomme, maintenant, la Doctrine Sociale de L’Eglise, soutien de cette doctrine par le vice-président américain, a conduit ce café à mettre en place des ateliers d’études de cette doctrine.
Cette doctrine repose sur la théorie philosophique du « Droit Naturel », qui s’oppose, par définition, à une démarche constructiviste.
Par exemple, la notion de bien commun, si l’on réfléchit bien a été, pour être un brin provocateur, préempté par les institutions de l’Eglise, alors, qu’avec une démarche constructiviste, elle aurait dû se transformer en concept anthropologique.
… Les thèmes de débats, de colloques, induits par cette position constructiviste sont nombreux. Nous nous contentons ici, pour l’instant, de celui-ci, tout en donnant le programme d’un séminaire, organisé par l’ Association Recherches Mimétiques et l’Institut Catholique de Paris.
Pour illustrer le regard de Simone WEIL, comme « observatrice de l’intérieur », antérieur à son travail d’usine, voici des extraits de La Vie de Simone Weil, écrite par Simone Pétrement.
« Les « événements du Puy », comme on les appelle, commencèrent le 17 décembre 1931.
Un résumé…, publié par Vidal dans le bulletin de la section de Haute-Loire du syndicat national des instituteurs, au début de 1932, et sans doute d’après les renseignements fournis par Simone elle-même.
« Le 17 décembre, un groupe de chômeurs réunis à la Bourse du Travail décide d’envoyer une délégation auprès du maire du Puy pour lui présenter une liste de revendications. A cette délégation participe S. Weil, professeur au lycée de jeunes filles. Le maire ne veut pas prendre en considération les demandes qui lui sont adressées. Devant cet échec, les chômeurs décident d’aller le soir même assister à la séance du conseil municipal. Au moment où le maire lève la séance, les chômeurs s’avancent pour présenter leurs revendications. S. Weil est parmi eux. » …
« Le 19 décembre, S. Weil est appelée à l’inspection académique pour répondre à un rapport de police. Elle doit répondre aux questions suivantes :
A-t-elle conduit les chômeurs ?
Est-il vrai qu’à la sortie du conseil municipal elle soit allée au café avec un groupe de chômeurs et qu’elle ait payé les consommations.
Est-il vrai que le lendemain elle ait été vue traversant la place Michelet, l’Humanité à la main, et qu’elle ait serré la main à un chômeur, casseur de pierres ? »
(La biographe explique qu’aller au café avec des hommes, au Puy, c’était pour une femme se perdre de réputation)….Le commissaire l’interrogea lui aussi sur ce point. Elle lui répondit : « Je refuse de répondre à des questions concernant ma vie privée »
Le Mémorial, journal (conservateur) de la Haute-Loire écrit, pour décrire la séance : « La salle…s’est garnie tout à coup d’ouvriers…, conduits en escouade par une suffragette, personne jeune encore, qui fait ranger son monde avec une autorité souriante…
….C’est le moment (la fin de la séance) que choisit l’intellectuelle à lunettes, aux jambes haut gainées de fine soie, pour déclencher sa petite manifestation. Elle pousse devant la table du conseil sa centaine de sans-travail…
Quand on a accepté, moyennant une rétribution suffisante…, et en tout cas consentie, on s’est créé des obligations vis-à-vis de la société qui vous paie. Celle tout au moins de ne pas la chambarder. Ah ! Oui, il y a la liberté individuelle : elle est sacrée. Quand on l’a aliénée, on n’a qu’à la reprendre…
Le 14 janvier, La Nouvelle de Lyon écrit « Cette moscoutaire militante et agissante a une singulière idée de sa mission d’éducatrice si elle pense qu’elle a été envoyée au Puy pour empoisonner des théories de Moscou les jeunes filles de race française qui lui sont confiées par les familles »
« Une amie catholique …entendit dans la cathédrale du Puy un prêtre prêcher contre Simone. Mme Anthérion entendit dans un train quelqu’un qui disait : « Il parait que l’Antéchrist est au Puy. C’est une femme. Elle est habillée en homme. »
Le 4 février, Le Mémorial écrit « …La manifestation a été précédée d’une réunion à la Bourse du Travail. Mlle Weill, vierge rouge de la tribu de Lévi, messagère de l’évangile moscoulaire…
Face à cela ses amis, comme Villard disait « Je n’avais jamais compris l’histoire de Jeanne d’Arc. Maintenant je la comprends »
Récit de C. Claveyrolas, S. Faure, Y. Argaud et M. Derieu, ses élèves :
« ..Jusque-là, nous avions suivi, avec une colère mêlée de quelque curiosité, les articles haineux, stupides ou inexacts publiés dans la presse catholique régionale sur notre professeur, à l’occasion de l’appui qu’elle apportait aux chômeurs… »
Que pensait Simone, elle-même de tout ce bruit ?
« Le 14 janvier, Simone fut convoquée de nouveau à Clermont-Ferrand, au rectorat. Le recteur l’invita à signer une demande de changement….Simone refusa de signer, alléguant l’intérêt de ses élèves. « J’ai commencé l’année au Puy, je veux aller jusqu’au bout. » Le recteur fit à la fin un geste de désespoir : « J’étais sûr que je ne la persuaderais pas »
…c’est peut-être à lui qu’elle a répondu : « J’ai toujours considéré la révocation comme le couronnement de ma carrière. » Elle disait du recteur « Je ne peux lui en vouloir. Il ressemble à Jouvet dans Knock. »
Le 14 janvier, La Tribune écrit : « Communiqué du Comité des chômeurs, (rédigé par Simone).
…Ces ouvriers, réduits à la misère pour avoir, sous la contrainte, travaillé trop intensément- car le chômage actuel n’est-il pas regardé par tout le monde comme un effet de la surproduction ? – étaient traités comme des paresseux…
Mais l’Internationale n’est pas un chant politique : c’est le chant des travailleurs qui refusent d’être esclaves des profiteurs. Ce refus a-t-il un caractère politique ? La classe dirigeante le voudrait bien. C’est un mouvement de classe qui a une tout autre portée que les querelles politiques.
Le 22 janvier, La Tribune publie « Un Communiqué du Comité des chômeurs, rédigé par Simone, et encore plus dur.
« …Si M. le maire est rassuré par le calme actuel des chômeurs, il a tort. Le calme, après l’action n’est pas un signe de faiblesse, mais de force. Si l’on oblige les chômeurs à reconnaitre qu’ils ne peuvent obtenir quelque chose que dans la mesure où ils font trembler, ils se le tiendront pour dit.
Mieux vaut même qu’il en soit ainsi. Il n’y a entre eux et la classe dominante que des rapports de force. Ces rapports de force, parfois les Pouvoirs publics les déguisent sous de belles apparences ; parfois ils les laissent à nu, et ils font alors mieux que n’importe qui l’éducation de la classe ouvrière.
sa biographe écrit « Quand Simone écrivait ainsi des communiqués au nom du Comité des chômeurs, elle y passait presque toute la nuit, y travaillant plus qu’à un article de philosophie, pesant les mots…Elle voulait être au service des travailleurs et les servir efficacement.
Naïve à certains points de vue, elle fut étonnée que la police et d’autres eussent tout de suite deviné qui était l’auteur de ces communiqués. »
Récit de Simone sur l’affaire : « en automne 1931, au, Puy, il y eut quelque bruit à mon sujet. Les communistes du Puy avaient décidé de réclamer une caisse municipale de chômage. Pour moi, qui trouvait juste…, j’accompagnais plusieurs fois quelques chômeurs au conseil municipal et chez le maire. Dans la ville, on me crut communiste…pour me faire quitter la ville, on m’offrit de l’avancement, que je refusai. Les communistes locaux, pendant tout cela, me répétaient qu’ils me regardaient comme étant par rapport à eux de l’autre côté de la barricade et me traiteraient à l’occasion comme telle ; en même temps, ils étaient heureux de me voir exposée à leur place à la répression comme étant soupçonnée d’être des leurs. »
Et voici les vidéos de la dernière journée Simone Weil, pour, aussi, vous « donner envie » d’en réclamer une autre !
Je savais, par mes recherches, comment dialoguer avec les partisans du projet de loi d’aide active à mourir : tout changement de cadre culturel, ou de culture s’inscrit, depuis un demi-siècle (au moins), dans une guerre culturelle. A l’heure actuelle, avec les réseaux sociaux, toute publication d’un article, d’un post d’un membre d’un des deux rivaux, implique une intervention (commentaires…) de membre (s) du camp rival. Il suffit de le repérer pour trouver ces adversaires, dont l’agressivité fréquente de leurs commentaires, ne font pas obstacle à un dialogue, du moment que vous n’appartenez pas à l’autre camp. Je choisis le post, sur Linkedin
L’auteur, Maroun Badr, PhD, y décrivait la mort de sa mère, dans des termes poignants, mais reflétant son appartenance aux opposants radicaux du projet de loi.
En commentaire, je donnais le lien de mon dernier article:
Où j’y relatais aussi l’expérience de la mort de ma mère
« Ma mère est morte en 2006. Depuis 15 ans, elle avait un cancer du sein. En 2005, une scintigraphie révéla une généralisation osseuse, et le médecin avertit que la phase terminale commençait.
Le choix fut fait de continuer à l’accompagner, à l’entourer…chez elle. Même la demande de soins palliatifs ne fut pas sollicitée. Même quand la maladie atteignit les os du crâne, que la douleur vint et qu’elle fut hospitalisée, elle préféra, après injonction de médicaments pour soulager sa douleur, retourner dans son appartement pour y mourir, une semaine plus tard.
Ce choix n’est ni admirable, ni proposé en modèle. C’était son choix, et celui de ses enfants, point barre. ». Cet « épisode de vie », raconté simplement, montre
Que ma mère partageait la même culture que les partisans de ce projet
La loi Claeys-Leonetti prévoyant tous les cas de fin de vie impliquant un soignant, une aide active à mourir ne nécessite pas l’intervention de soignants ou de pharmaciens.
Et dans l’article, cet épisode servait à introduire la question « Pourquoi cette loi « médicalise la fin de vie » (« les médecins doivent valider les demandes d’aides à mourir, prescrire et éventuellement administrer le produit létal, quel que soit leur avis sur le sujet ») ? » et à révéler le véritable danger de cette loi : Vu lesconditions de travail des équipes de soignants (quels que soient leurs fonctions d’aides-soignantes à docteures…), l’introduction d’une injonction paradoxale (soigner et aider à mourir), touchant au sens de leurs métiers, est un véritable danger pour leurs professions : Burn-out, suicides… !!!
Effectivement, le dialogue s’engagea et les commentaires furent sans agressivité (vous pouvez vérifier, puisqu’ils étaient publics). Mais ils furent instructifs de la part de ceux qui commentaient agressivement le post de Maroun Badr, PhD, J’ai sélectionné deux partisans de ce projet de loi, instaurant un droit à l’aide à mourir: Jean-Luc et Anne. Leurs premiers reflexes fut de minimiser le récit de la mort de ma Maman
Jean-Luc : « un beau texte mais confus, qui pourrait être entendu s’il n’était pas un peu simpliste, au regard des situations complexes de fin de vie. En fait il faut des soins palliatifs et une aide médicale active à mourir. » Il introduit le mot « médicale », ce qui me conduit à concevoir être face à une manipulation, par une technique courante évitant de répondre à une question gênante.
Anne : « j’ai souffert 7 années du pouvoir médical qui a fait vivre une vie de misère à ma mère. Vous avez eu de la chance que la maladie de votre maman lui ait permis d’échapper aux médecins… »
Avec une telle réponse, montrant une proximité culturelle (entre ma mère et elle), je m’attendais à un accord sur une proposition commune à adresser à nos parlementaires. Non, Anne se crut seulement obligée, après plusieurs échanges, de répondre à la fameuse question…et coupa court à tout échange…
Moi « Anne, Je ne peux vous suivre, quand vous affirmez « .les états d ame des médecins je m en fiche ». Ce ne sont pas les seuls soignants. Je m’en préoccupe. Je, et suis encouragé par le nombre important d’abstentions de députés, veux refuser tout pouvoir médical. Les soignants doivent soigner, là s’arrêtent leurs missions. »
Anne, « donc dans votre logique on doit tous pouvoir recourir à l euthanasie sans limitation médicale..moi cz me va mais soyons réaliste ça ne sera jamais voté. Donc si ça doit contrarier les toubibs..tant pis on mets une clause de conscience et on nous laisse avec ceux qui nous comprennent»
Moi « je retiens donc votre réponse à mes questions. La seule justification, selon vous, à ce que les médecins puissent décider d’accorder l’aide à mourir (que vous nommez euthanasie) est la possibilité de faire voter cette loi. »
Convaincu de la manipulation, j’ai voulu étudier le rapport de la convention. En consultant la synthèse (1 page) et le manifeste (2 pages) et en les recoupant avec les commentaires du post de Maroun Badr, PhD, il est facile de trouver le mécanisme de la manipulation et d’en apporter la preuve.
« Pour le courant de pensée prônant un accès dit universel (sans autre condition que la volonté du patient – 21,7%), l’accès à l’aide active à mourir fait l’objet d’un parcours et d’un accompagnement, sans que des conditions médicales ne soient prises en compte. Cette façon égalitaire et universelle de penser l’aide active à mourir pourrait permettre de répondre à toutes les situations »
Anne et Jean-Luc prône un tel accès dit universel. Moi, je prône un accès sans que des conditions médicales ne soient prises en compte. En prenant l’exemple de ma mère, je montrai, publiquement, que ceux qui veulent mourir, hors du cadre médical, le pouvaient facilement, avec la loi Claeys-Leonetti. La discussion sur ce cas aurait dû intéresser Anne et Jean-Luc. Leur volonté ostentatoire, sous un vernis de bienveillance (non naturelle, au vu de leurs commentaires agressifs habituels, dont ce post) , de minimiser la portée de ce cas démontre amplement la manipulation. Cette démonstration est renforcée
1- Par le refus de Claire Thoury (1)1, à la date du 11 sept.-25, de répondre à la question « Pourquoi cette loi « médicalise la fin de vie » (2) 2.
2- La composition de la convention, le pilotage (invitations et temps de parole des intervenants, groupes de travail) ne sont pas critiquables et ne seront pas critiqués dans cet article.
Reste à dévoiler le mécanisme de cette manipulation et ses motifs cachés. Si nous tirons de la synthèse du rapport de la convention, d’autres extraits, c’est très facile, en le comparant à un commentaire d’Anne.
« Le cadre actuel d’accompagnement de la fin de vie n’est pas adapté aux différentes situations rencontrées
Deux raisons principales : d’une part, l’inégalité d’accès à l’accompagnement de la fin de vie et, d’autre part, l’absence de réponses satisfaisantes face à certaines situations de fin de vie, notamment dans le cas de souffrances physiques ou psychiques réfractaires.
Face à ce constat, les citoyens ont une conviction : améliorer l’accompagnement de la fin de vie. »
« Au terme de débats nourris et respectueux, la Convention citoyenne s’est positionnée majoritairement (75,6% des votants) en faveur de l’aide active à mourir, modalité la plus adaptée pour respecter la liberté de choix des citoyens, combler les insuffisances du cadre légal actuel, notamment les limites de la sédation profonde et continue et mettre fin aux situations d’hypocrisie constatées. »
En étudiant dans le même cadre de la fin de vie, les soins palliatifs et l’aide à mourir, la convention citoyenne ne s’est pas posé la question de sortir l’aide à mourir du cadre médical. Les réponses de Jean-Luc et Anne, et le silence de Claire montre que c’est un choix volontaire (de qui ? Je ne le sais pas et peu importe).
Pour quelle raison ? = Dévoilement de la manipulation
Le constat de la convention : l’absence de réponses satisfaisantes face à certaines situations de fin de vie, et l’un de ses buts : mettre fin aux situations d’hypocrisie constatées, sont rendus concrets par Anne « Grâce à son ami mon père a pu choisir l euthanasie… j aimerai mourir en France sinon comme j ai les moyens ce sera Suisse ou Belgique..on est dans la situation que Simone Veil a traiter avec l IVG. Seuls les riches peuvent essayer de préserver leur mort des opnions,convictions, experimentations des médecins. »
LA MANIPULATION est dévoilée par ANNE: prendre des critères médicaux (forcément interprétables, sinon à quoi sert un diagnostic) et laisser à un médecin (ou une équipe médicale) le soin de juger de la validité du CONSENTEMENT des demandeurs d’aide à mourir. Et, ainsi, s’assurer que la manipulation peut se répéter: dénoncer les limites de la loi d’aide à mourir par les discriminations : Grâce à mon médecin mon père/ma mère/ma sœur a pu obtenir l’autorisation d’une aide à mourir, et pour le même cas, mon ami se l’est vu refuser, heureusement il avait les moyens et a pu Bla/bla/bla…Seuls les riches peuvent choisir leur mort. Comme maintenant, ce sera public, invérifié, malgré l’illégalité …
Pour sortir de LA MANIPULATION, il faut comprendre que ce sont les parlementaires qui légifèrent et leur écrire, avec trois arguments (que chacun est libre d’utiliser partiellement ou totalement
1- La convention, comme la société, constatant l’indignité des conditions actuelles de travail des soignants, veut les améliorer.
2-La convention, comme la société, refuse en conséquence, une loi « Aide à mourir » aggravant les conditions de travail des soignants : Mettre des critères médicaux et leur imposer de valider, selon ces critères, les demandes d’aides à mourir.
3-La convention, comme la société, veut voir évoluer la loi Claeys-Leonetti, tout en garantissant, ce qui veut dire un contrôle par une autorité, dont c’est le rôle, du consentement réel à une telle demande. Le consentement réel doitse situer hors de tout rapport de contrainte physique ou psychique, de chantage, de manipulation, d’emprise sur les esprits, hors de toute menace. La moindre pression, la moindre trace d’un rapport de force, détruit la réalité du consentement.
(1) C’est le Conseil économique …, qui a organisé cette Convention. Pour piloter ce dispositif, le CESE a désigné un Comité de Gouvernance, présidé par Claire Thoury, membre du CESE.
(2) La composition de la convention, le pilotage (invitations et temps de parole des intervenants, groupes de travail) ne sont pas critiquables et ne seront pas critiqués dans cet article.