Voyage dans le cerveau d’un autiste/ chercheur pour voir sa découverte,… HARCELEMENT SEXUEL au travail

Suzanne et les vieillards par Gentileschi. Domaine public

Ce tableau illustre un récit de LA BIBLE (chapitre 13 du livre de Daniel).

Cette jeune femme, Suzanne, observée alors qu’elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux anciens. Pour se venger, ceux-ci l’accusent alors d’adultère et la font condamner à mort.

Cet écrit mythique (écarté comme apocryphe par les juifs et protestants) datant de plusieurs siècles avant notre ère a été le compagnon de mon enfance. En récréation, je lisais des livres de mythologie et me retrouvais dans le personnage de Daniel, jeune enfant, un peu bizarre (il voit « des choses » que personne d’autre remarque : Alors qu’elle est conduite à son supplice et implore Dieu, Daniel conteste le témoignage des anciens et parvient à les confondre en les interrogeant séparément. Les deux hommes subirent alors le sort qu’ils avaient comploté et réservé à Suzanne. J’avais perçu la différence entre ce récit, sans référence historique précise et possédant tous les éléments de structure d’un mythe, et ceux des mythologies, que je lisais, par ailleurs.

La différence fondamentale, c’est la vérité anthropologique (en grande partie cachée) de cette histoire, même si elle se révélait légendaire.  Elle est éclatante dans le tableau : Suzanne dénudée, la main levée en signe de refus= tentative de viol (agression sexuelle) au moins, viol au pire. Elle dit aussi la condition de la femme dans une société patriarcale. Les deux anciens sont juges, des personnalités estimées par leur fonction, face à eux, Suzanne, jeune et belle de surcroît. Même marié avec un personnage riche et estimé, l’honneur et l’innocence d’une femme pèse moins que le témoignage accablant de deux juges, détenant le pouvoir ?

C’est du passé ! Vraiment ?

En tant qu’ancien représentant du personnel, conseiller du salarié et défenseur prudhommal, je peux témoigner de femme (mariée avec enfant), en entretien de demande de rupture conventionnelle déclare que son  supérieur hiérarchique (N+..) lui a demandé d’avorter…La RH (sans doute solidarité féminine oblige) a mis fin à la possibilité d’une séparation amiable (j’ai donné la solution juridique à cette victime : Prise d’acte).

Le harcèlement sexuel institutionnel et en meute existe aussi : Comment qualifier autrement cette pratique de nommer des nouvelles commerciales, jeunes et jolies, dans des secteurs à très faibles potentialités mais avec des objectifs identiques qu’aux autres commerciaux. Puis, un an après, leur proposer, pour les aider, un contrat de « progrès » négocié avec le « grand directeur » (à la  lumière de l’histoire de Suzanne, je vous laisse deviner la suite…).

Source PINTEREST

Une autre vérité anthropologique (totalement  cachée) de l’histoire de Suzanne est révélé par un zoom sur Daniel, ce jeune enfant un peu bizarre : Plutôt que de respecter la loi par un jugement équitable, les anciens ont actionné « la FOULE » pour exécuter leur jugement sans enquête. Daniel contre interroge les anciens, mais pour retourner la foule, introduit, dans ses contre interrogatoires, une rhétorique présentant les deux anciens comme des étrangers, ennemis du peuple (de Juda).

Plutôt qu’une « dénonciation d’un harcèlement sexuel », cet épisode révèle tout l’enchainement de la violence : Désir/Rivalité (ils sont deux…) débouchant sur un acte commun envers une victime/objet, contournement de la loi, et irruption de la foule qui ne peut s’apaiser qu’avec le meurtre.

Je voudrais recommander un livre très récent (mai 2021) d’une psychologue du travail, avec la contribution d’une juriste, dont l’un des apports essentiels est de montrer qu’un harcèlement sexuel et un harcèlement moral repose sur les mêmes ressorts.

C’est d’autant plus vrai, qu’à la différence de l’époque de Suzanne, l’évolution récente (une trentaine d’années) de la société a multiplié les harceleurs/persécuteurs possibles (ce n’est plus réservé aux « puissants », détenant le pouvoir). L’éventail des possibilités s’est élargi (femme sur homme, collaborateurs sur managers, homme sur homme, femme sur femme…).

La première partie permet de mieux comprendre l’émergence des comportements hostiles, les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans le harcèlement et leurs impacts multiples, dont les juridiques, rappelant ici l’importance de la loi. La seconde partie propose des outils et processus concrets pour bâtir une politique préventive en agissant sur les conditions de survenue de la violence.

Le troisième apport est d’illustrer cet apport théorique (« psycho juridique » incluant aussi le harcèlement institutionnel) par une multitude de cas concrets : Ex comme dans le récit de Suzanne, les histoires d’harceleurs se faisant passer pour des victimes y sont racontées.

Par trois approches : psycho juridique par Isabelle HORNECKER avec Marie TOGNAZZI, philosophique (Thibaud BRIERE) et recherche mimétique (moi), nous arrivons à la conclusion que les nouvelles politiques managériales de bien-être au travail n’arrivent pas à contenir le cycle de la violence (les harcèlements et autres risques psychosociaux).

Dans mon mémoire professionnel (cf. https://2avsto.fr/2022/03/28/voyage-dans-le-cerveau-dun-autiste-chercheur-pour-voir-sa-decouverte-changer-votre-regard-sur-lautisme-et-peut-etre-comprendre-le-monde-actuel/), J’ai décrit une politique de prévention des risques psychosociaux mis en place dans des établissements postaux et dans le cadre d’un CHSCT.

L’analyse de l’histoire de Daniel et du cycle de violence permet d’y revenir : Il est plus facile de comprendre le premier principe de prévention des risques psychosociaux : Refus de la concurrence, en lien avec les notions de désir et de rivalité (transformée dans le mémoire en mise en concurrence).

Ce principe est adapté des théories de Jean-Michel OUGHOURLIAN, mis en application à la fondation AMIPI (pour les travailleurs handicapés mentaux). Mon apport se limite à montrer que ce qui marche pour les handicapés et les entreprises adaptées est valable pour toute entreprise.

J’ai une très grande admiration pour le travail de la fondation AMIPI

Je vous invite donc à visionnez la vidéo de présentation du livre de J. M. OUGHOURLIAN au CESE. Ce livre, cité dans mon mémoire décrit comment sont appliquées ses théories dans les usines de la Fondation  

Regardez comme le travail à la Fondation AMIPI, même avec l’application des théories du professeur OUGHOURLIAN, est bien un travail répondant aux exigences industrielles :

Je vous invite, enfin, à visiter le site: Fondation AMIPI Bernard Vendre : insertion des personnes en handicap cognitif (fondation-amipi-bernard-vendre.org)

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