FIN DE VIE, QUELS MOTS POUR LE DIRE ? Aide, euthanasie…Euh !  loi nasie ? Ne nous laissons pas tenter par cette querelle de mots, cachant le vrai danger de cette loi

Est-ce que nous pouvons parvenir à nous rencontrer à nouveau, après le vote de la loi « fin de vie » ?

Nous le pensons à L’association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle, en partant de récits de fin de vie.

Ma mère est morte en 2006. Depuis 15 ans, elle avait un cancer du sein. En 2005, une scintigraphie révéla une généralisation osseuse, et le médecin avertit que la phase terminale commençait.

Le choix fut fait de continuer à l’accompagner, à l’entourer…chez elle. Même la demande de soins palliatifs ne fut pas sollicitée. Même quand la maladie atteignit les os du crâne, que la douleur vint et qu’elle fut hospitalisée, elle préféra, après injonction de médicaments pour soulager sa douleur, retourner dans son appartement pour y mourir, une semaine plus tard.

Ce choix n’est ni admirable, ni proposé en modèle. C’était son choix, et celui de ses enfants, point barre.

Il introduit et illustre la question servant à interpeller les partisans de cette loi, ses opposants et servir à révéler le véritable danger de cette loi.

Pourquoi cette loi « médicalise la fin de vie » (« les médecins doivent valider les demandes d’aides à mourir, prescrire et éventuellement administrer le produit létal, quel que soit leur avis sur le sujet »?

L’objectif n’est pas de soulager les douleurs par des médicaments, qu’apporte, donc, l’intervention de soignants en phase terminale ?

Par contre, l’association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle est la mieux placée pour montrer les dangers de cette médicalisation. Les conditions de travail sont telles, que les équipes de soignants (quels que soient leurs fonctions d’aides-soignantes à docteures…) sont soumis à des injonctions paradoxales (gestions et soins).

Là, nous touchons au sens de leurs métiers. Une telle injonction paradoxale soigner et aider à mourir, est un véritable danger pour leurs professions : Burn-out, suicides…  !!! 

Pourquoi ? J’ai pris l’exemple de ma mère, tout simplement, parce que, me touchant, j’ai pu l’analyser. Je sais donc que son attitude était motivée, en partie, par la volonté de vivre chez elle, selon ses croyances. Cette volonté n’est pas exceptionnelle, même si je ne dispose pas de statistiques sur le sujet. Il serait étonnant, que la proportion de gens âgés, préférant rester à leur domicile, plutôt que de vivre en Ephad, diminue, lorsqu’il s’agirait  de fin de vie.

Il est logique d’en déduire qu’une proportion de personnes demandant l’aide à mourir, le font pour éviter l’hospitalisation. Dans ce cas, tout refus par un médecin, jugeant que les critères ne sont pas remplis, sera jugé comme une agression discriminatoire et une source de conflits avec les médecins.

Jean-Louis TOURAINE connait ce danger, il l’assume et l’a intégré dans sa stratégie. Je ne connais pas d’autres exemples de « personnalités » ayant fait ce choix.

Je pose donc les deux questions, dans cet article, et, dans un premier temps, nominativement, à ceux qui, dans mon réseau, ont  affiché leurs positions dans ce débat (pour ou contre, ou volonté de ne pas participer à ce débat) :

  1. Avez-vous conscience de ce danger ?
  2. Seriez-vous prêt à dialoguer avec des gens « prêchant » une opinion, sur ce sujet, opposée à la vôtre, pour exiger que cette aide à mourir reste en dehors des lieux de soins (dont font partie les pharmacies) et n’exige rien des soignants ?

Cet article s’adresse à tout citoyen, intéressé par le sujet.

Pour ceux, qui tiendraient à vouloir répondre à ces questions, en se référant  à l’anthropologie, morale (comme la lettre Samaritanus Bonus sur la fin de vie) ou autre, je les engage à lire mes articles de recherche pour connaitre où je me «situe »

et

Comprendre la politique d’action de Trump avec la théorie mimétique de René Girard et la pensée de Simone Weil

Comprendre la politique d’action de Trump est possible et même facile, en lisant ce qu’écrit   PETER THIEL, celui qui a inspiré cette politique.

Dans ce livre, il écrit (extraits) : « Chaque fois que je fais passer un entretien d’embauche, j’aime bien demander ceci : quelle est la vérité fondamentale que très peu de gens partagent avec vous ?

Cette question paraît simple parce qu’elle est directe, mais en réalité, il est très difficile d’y répondre. Elle est complexe au plan intellectuel. …Et c’est une question également épineuse au plan psychologique car quiconque tente d’y apporter une réponse sait qu’elle lui vaudra d’être mal perçu. Un esprit brillant est chose rare, mais le courage est plus exceptionnel encore que le génie.

les bonnes réponses sont celles qui déchiffrent le mieux l’avenir. » Et il rajoute ce qui constitue une politique d’action « Définie en termes positifs, une start-up se compose du plus grand groupe d’individus susceptibles de se laisser convaincre de bâtir un avenir différent. La force première d’une nouvelle entreprise, c’est la nouveauté de sa pensée : plus importante encore que l’agilité, la petite taille offre un espace de pensée. »

La lecture du livre de Peter THIEL montre que la politique d’action de Donald TRUMP dépasse la guerre culturelle, portée dorénavant par le Grant Old Party. Le monde le découvre avec les nouveaux droits de douane, qualifiés à tort de guerre commerciale.

Et en deux phrases, sans le nommer, le rôle de Trump et ce qui le caractérise le mieux est dévoilé. Ce livre est un livre de gestion, appliquant les mêmes principes de la théorie mimétique que le travail qui guérit de Jean-Marc RICHARD, préfacé par Jean-Michel OUGHOURLIAN.

« Le travail qui guérit » en vedette à l’Elysée, dans le cadre de la Grande Exposition d’objets « Fabriqués en France »

. Il dégage, en plus, des lois économiques, qu’il serait passionnant d’étudier  

 Mais pour la compréhension de la politique d’action de Trump et de son administration et l’élaboration d’une politique d’action, qui ne soit pas une réaction à la sienne, cette étude n’est pas utile. Aussi, tout en recommandant sa lecture, nous n’analyserons pas ici ce livre

Depuis la nouvelle élection de Trump, Peter THIEL donne des analyses, comme celle du 10 janvier 2025 dans le Financial Times « A time for truth and reconciliation » reprise, et traduite par Le Grand Continent, qui propose son analyse de cette « L’APOCALYPSE DE DONALD TRUMP SELON PETER THIEL »

« Le retour de Trump à la Maison-Blanche augure l’apokálypsis des secrets de l’ancien régime. Les révélations de la nouvelle administration n’ont pas besoin de justifier la vengeance — la reconstruction peut aller de pair avec la réconciliation. Mais pour qu’il y ait réconciliation, il doit d’abord y avoir vérité. L’apokálypsis est le moyen le plus pacifique de résoudre la guerre menée par l’ancien régime contre Internet — une guerre qu’Internet a gagnée. … L’apokálypsis peut résoudre nos querelles. »

Quelle est cette querelle ? Dans

Screenshot

Nicolas Conquer porte-parole du Grant Old Party en France écrit « Cette élection est apparue comme l’acmé d’une guerre culturelle qu’avait déjà prophétisée Pat Buchanan à la convention républicaine de 1992 alors qu’il sortait d’une campagne primaire contre le président sortant Georges Bush père. Le mot « cultural war » définit, depuis, l’affrontement entre deux options pour l’Amérique : souhaite-elle être une nation « under god » comme l’indique la prestation de serment ou une nation entièrement sécularisée ? Cette opposition existentielle, en entrant dans le champ politique, se matérialise par des enjeux souvent très concrets…. »

Et il montre le rôle de THIEL en  racontant la conversion de JD Vance, vice-président de Trump, « Si (elle) procède donc d’un cheminement intellectuel…, elle est aussi un cheminement intellectuel. René GIRARD, universitaire français enseignant connu en particulier pour son analyse des mécanismes du bouc émissaire, lui a offert une compréhension renouvelée du christianisme comme une révélation des imperfections humaines et une invitation à l’introspection morale, plutôt qu’un simple récit légendaire. Dans l’offre religieuse globale, il perçoit alors l’originalité et la vérité eschatologique du christianisme.

…Prenant des distances par rapport à son milieu, il peut mieux l’analyser et reconsidérer les causes du malheur, qu’il juge à la fois externes (économiques) et internes (spirituelles). Les malheurs qui frappent l’Amérique ne trouveront pas de solutions dans un nihilisme élitiste, exacerbé par un capitalisme déshumanisé. Vance voit alors dans le catholicisme une solution : une tradition qui protège les enfants, soutient les familles et renforce le tissu social. Influencé par son mentor Peter Thiel, magnat de la tech et milliardaire pro-Trump, il a découvert qu’il est possible d’être à la fois chrétien et acteur du capital-risque, en interrogeant profondément le sens et les conséquences de ses actions. »

Comment Peter THIEL va décrire la politique d’action « L’apokálypsis » et démontrer qu’elle résout cette guerre culturelle :

(elle doit) « répondre aux questions les plus profondes : les causes du ralentissement de 50 ans des progrès scientifiques et technologiques aux États-Unis, la montée en flèche des prix de l’immobilier, et l’explosion de la dette publique, par des déclassifications fragmentaires de documents … La première administration Trump s’était abstenue de déclassifier parce qu’elle croyait encore à l’État profond de droit digne d’un film d’Oliver Stone. Cette croyance s’est estompée.»

Cette déclaration n’a pas été commentée, y compris par Le Grand Continent. Ces deux phrases « La première administration Trump … croyait encore à l’État profond de droit ... Cette croyance s’est estompée. » devrait représenter un bouleversement anthropologique aux Etats-Unis, mais, il n’en est rien, en fait. Ce paradoxe doit être expliqué. La culture américaine, comme l’exprime Christine ORSINI, dans

fut perçue « comme « modèle », celle de « Monsieur Smith au Sénat », qui nous a tant fait rêver » Pour les nostalgiques et ceux intéressés par la découverte d’une telle fascination, je donne à lire les deux fiches de ce film, proposées pour les « ciné-clubs » la première pour les élèves, la deuxième pour les enseignants.

Cette culture repose sur un mythe que l’un des westerns, autre genre cinématographique, reflet de  cette culture américaine, a su parfaitement représenter

« Le film est la construction d’un mythe, qui passe par la déconstruction d’un autre mythe. C’est ce qui me fascine dans ce film.  Liberty Valance c’est, presque phonétiquement, la violence en liberté, déchainée et sans entrave. Et le sénateur, incarné par James STEWART, est celui qui a réussi à soumettre cette violence à la loi, lui donnant un caractère sacré : La Légende de l’OuestSacré, car reposant sur le « meurtre » (en duel) de Liberty Valance, par  ce sénateur.

Racontant ses débuts d’avocat, s’installant dans la région de ce Liberty, le sénateur crée un autre mythe ; Celui qui a tué Liberty Valance, ce n’est pas lui, c’est le véritable héros du film, incarnant la force, croyant/converti au caractère sacré de la loi/droit, convaincu que seul cet avocat pourra l’incarner, mais sans la foi en un miracle (cet avocat ne peut vaincre Liberty VALENCE). Il devra donc tuer, (véritable meurtre prémédité) Liberty VALENCE. Le crime était presque parfait (seul ce sénateur connait son existence). Pour préserver  la légende de l’Ouest, le sénateur se rend complice de ce meurtre et se tait et ne dévoile la « vérité » qu’à la mort du héros incarné par John WAYNE. »

Christine ORSINI, dans un commentaire à son article, l’a parfaitement compris et introduit un concept de René Girard, pour l’expliquer : «« la morale du film (la fin) : « quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende ». C’est par la force et le mensonge qu’on s’est débarrassé du mal mais il faut qu’on puisse croire que c’est dans un combat loyal. Où l’on retrouve la nécessité de la méconnaissance pour fonder une communauté.

Pour se convaincre de l’importance d’un tel mythe, dans la culture occidentale (et mondiale ?), il suffit de voir le nombre de commentaires « savants » sur ce film, comme celui-ci, pour exemple (choisi pour sa durée courte, il en existe de plus d’une heure)

Pourquoi, alors, Peter THIEL, JD VANCE, tous deux admirateurs de René GIRARD, et TRUMP ne croient plus en  un état de droit profond. Aux Etats-Unis, l’influence de ce que les universitaires étatsuniens nomment « french théory » (Derrida…Bourdieu…Foucault, auxquels ils rajoutent Girard) a été considérable dans ces universités. Ces théoriciens viennent d’un pays, où ce caractère sacré du droit n’a pas cours.  Le droit est conçu comme le reflet d’un rapport de forces, l’actualité du jugement de Marine Le Pen en est le meilleur exemple. Attention ! J’ai écrit « Le droit est …un rapport de forces », je ne commente pas le jugement, qui est conforme au droit.  Attention ! Je ne commente pas, non plus, la loi, qui aurait permis l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité, mais j’écris simplement « Le droit est …un rapport de forces » en France.

Le phénomène dit « wokisme » a été engendré par ces théoriciens, il dévoile, à la société américaine, un nouveau rapport de force, dans le droit, en voulant l’imposer à cette société.

Donc deux significations à ces   phrases de Peter THIEL : « La première administration Trump s’était abstenue de déclassifier parce qu’elle croyait encore à l’État profond de droit ... Cette croyance s’est estompée. »

  1. Trump, JD Vance et Peter THIEL ne sont pas dans une démarche moraliste et de restauration des valeurs traditionnelles, mais, conformément à la théorie mimétique de René GIRARD, ils achèvent la déconstruction du caractère sacré du droit pour imposer le culte de la Force (toujours présent) dans la culture américaine.
  2. Cette pensée vient de la réaction au phénomène du « wokisme ». Il se trompe en écrivant « L’apokálypsis peut résoudre nos querelles. » Bien au contraire, et cette guerre culturelle se transforme en guerre des doubles (autre concept de la théorie mimétique) : Le wokisme et l’anti-wokisme se retrouvent dans la déconstruction et se ressemblent de plus en plus (interdiction des 200 mots dans la recherche vs quasi-obligation de les utiliser dans les recherches des universités américaines, accusation de complotisme réciproque etc.

La politique d’action, élaborée par Peter THIEL est pourtant conforme à la théorie mimétique de René GIRARD. Quand j’ai élaboré la mienne, j’ai vu cette contradiction, contrairement à Peter THIEL, aveuglé par cette guerre culturelle, où il s’est engagé. J’ai donc remis en cause certains éléments de la théorie mimétique. Dans

J’écris « Ce qu’il (René Girard) ne voit pas, c’est que les débats théologiques deviennent un enjeu de pouvoir dans la chrétienté. De ce fait, les querelles théologiques ne pouvaient que « sacrifier » l’anthropologie des Evangiles, qui devint cachée et oubliée une anthropologie ne peut être imposée, elle s’impose d’elle-même. »

Et ce que ne voit pas Girard, Thiel ne voit pas non plus qu’en écrivant ces phrases, il transforme TRUMP de politicien élu en Elu, dans un sens théologique.

Cette transformation est apparue, cachée, aux yeux de millions de téléspectateurs du monde entier, lors de la confrontation Zelensky vs Trump/Vance. Pour dévoiler le caractère sacrificiel de ce spectacle de gladiateur, il vaut mieux se référer à la chercheure ayant  la première, démontrer le caractère anthropologique des Evangiles. En effet, ses concepts, issus d’études de terrain, démontre la proximité de l’injustice et du sacrifice

« L’injustice …est une atteinte plus directe et plus profonde à l’être… Elle heurte non pas le droit, mais le sens de l’existence. Elle fait de l’autre un (non) être qui n’existe pas, qui ne compte pas.

… Et cette atteinte à l’existence prend d’abord la forme du viol du consentement. 

…La moindre pression, la moindre trace d’un rapport de force, détruit la réalité du consentement. Et c’est cette destruction qui est la mesure de l’injustice

Et, pour expliquer le caractère caché de ce sacrifice humain et la fascination exercée par ce spectacle, attisé par de nombreux commentateurs de ce spectacle (2 contre un etc.), elle écrit dans La Personne et le Sacré 

« Cette ignorance est complaisamment  entretenue, parce qu’elle flatte et contient elle aussi une volupté. Il n’y a d’autres limites à nos vouloirs que les nécessités de la matière et l’existence des autres humains autour de nous. Tout élargissement imaginaire de ces limites est voluptueux, et ainsi il y a volupté en tout ce qui fait oublier la réalité des obstacles.  C’est pourquoi les bouleversements, comme la guerre et la guerre civile, qui vident les existences humaines de leur réalité, qui semblent en faire des marionnettes, sont tellement enivrants. »

   Pour montrer que cette humiliation publique est bien dictée par une volonté sacrificielle guidée par la guerre culturelle interne aux Etats-Unis, et non par la conscience d’instaurer une politique internationale fondé sur les rapports de forces

Extrait de « Force, consentement et justice » « Traitons plutôt de ce qui est possible…Vous le savez comme nous : tel qu’est constitué l’esprit humain, ce qui est juste est examiné  seulement s’il y a nécessité égale de part et d’autre. Mais s’il y a un fort et un faible, ce qui est possible est imposé par le premier et accepté par le second »

Les Méliens dirent qu’en cas de bataille ils auraient les dieux avec eux à cause de la justice de leur cause. Les Athéniens répondirent qu’ils ne voyaient aucun motif de le supposer.

« Nous avons, à l’égard des dieux, la croyance, à l’égard des hommes la certitude, que toujours, par une nécessité de la nature, chacun commande partout là où il en a le pouvoir…Nous savons bien que vous aussi, comme tous les autres, une fois parvenus au même degré de puissance, vous agiriez de même »

Ainsi parlent dans Thucydide des Athéniens venus porter un ultimatum à la malheureuse petite cité de Mélos. »

Il y a deux façons de réagir à ces deux phrases :

  1. L’appliquer : Simone Weil écrit plus loin « L’action humaine n’a pas d’autre règle ou limite que les obstacles. Elle n’a pas contact avec d’autres réalités qu’eux. … Un homme est susceptible d’imposer des obstacles par un pouvoir de refus … Quand il ne le possède pas, il ne constitue pas un obstacle, ni par suite une limite. Relativement à l’action et à celui qui l’accomplit, il n’a pas d’existence… » Zelensky n’était pas un obstacle pour Trump, dans l’application de son action vis-à-vis de la guerre en Ukraine, le théâtre du bureau ovale n’avait donc pour but que l’humiliation publique d’un homme érigé en héros par le camp opposé de cette guerre culturelle. Poutine a, lui, parfaitement compris, après ce spectacle, la faiblesse de Trump, qui accorde une existence à Zelensky. Il fait donc attendre son accord à un cessez-le-feu. Et il sait qu’il a une carte maitresse : Profiter de la rivalité Chine vs Etats-Unis.
  2. L’autre façon est exprimée clairement par Simone Weil : « Ces deux phrases sont de celles qui choquent les bonnes âmes. Mais tant qu’un homme n’en a pas éprouvé la vérité dans la chair, le sang et l’âme toute entière, il ne peut pas encore avoir accès à l’amour de la justice. » Poutine n’a pas cet amour car il n’en a pas éprouvé la vérité…, mais il a éprouvé son efficacité, l’ayant appliquée jusqu’au bout, de nombreuses fois.  

Il n’y a pas de troisième façon, C’est pourquoi, la deuxième façon étant, par sa définition rare, l’achèvement assumé de la déconstruction du  caractère sacré du droit aux Etats-Unis, en révélant que le droit est, comme en France, un rapport de forces, fascinent tant les commentateurs qui s’arrêtent à l’analyse de l’application de l’action du « Droit de plus fort »

Sur le blogue l’Emissaire

Paul DUMOUCHEL analyse « cette étrange rencontre avec Zelensky dans  le Bureau ovale… Il fallait qu’il s’humilie en abandonnant toutes garanties de sécurité, qu’il accepte de faire une confiance aveugle à celui qui ne serait son protecteur qu’à ce prix. Ce qu’il a refusé de faire. Quel était le but de l’humiliation publique de Zelensky qui s’ensuivit ? L’humilier publiquement rien d’autre. »

Jean-Louis Salasc écrit avant cette rencontre. Il  est stupéfait de voir l’opinion publique occidentale se déchaîner contre Donald Trump, communier dans des séances de détestation collectives à son encontre, alors qu’il est le premier, et le seul, à annoncer vouloir la fin de l’hécatombe en Ukraine. Et ajoute « Les Etats-Unis ont non seulement soutenu cette guerre ces trois dernières années, mais ils l’ont aussi souhaitée. »

Ces deux articles (plus ceux d’Hervé VAN BAREN « Regards croisés sur Donald Trump » et « René Girard peut-il être récupéré ? ») Illustrent bien que la deuxième façon de réagir est rare. De ce fait, la fascination exercée par Trump est expliquée. Les analyses sont contradictoires, aucune action n’est possible « Un homme est susceptible d’imposer des obstacles par un pouvoir de refus que parfois il possède et parfois non. Quand il ne le possède pas, il ne constitue pas un obstacle, ni par suite une limite. Relativement à l’action et à celui qui l’accomplit, il n’a pas d’existence » (Simone Weil, Force, consentement et Justice).

Jean-Louis Salasc a raison : « Trump est le premier, et le seul, à annoncer vouloir la fin de l’hécatombe en Ukraine ». Paul DUMOUCHEL a raison « le but de l’humiliation publique de Zelensky était de l’humilier publiquement. Il a, de nouveau, raison, quand il écrit « C’est avec un savoir-faire sans faille que Trump dès le début s’est offert comme la cible de nos ressentiments… Il suffirait que nous regardions ailleurs pour qu’il disparaisse comme une baudruche qui se dégonfle »

Cette dernière phrase est la clé pour comprendre « le savoir-faire… de Trump » et « notre incapacité à regarder ailleurs », il suffit de reprendre les phrases de Simone Weil « Il n’y a d’autres limites à nos vouloirs que les nécessités de la matière et l’existence des autres humains autour de nous. Tout élargissement imaginaire de ces limites est voluptueux, et ainsi il y a volupté en tout ce qui fait oublier la réalité des obstacles. »

Ce savoir-faire n’est pas sans faille, car, et c’est une contradiction majeure dans l’analyse de Peter THIEL, Trump est touché, lui-même, par ce phénomène et  a oublié la réalité des obstacles, lorsqu’il a humilié Zelensky.

Comment échapper à la fascination de la Force, porte d’entrée du totalitarisme (cf. les textes, rassemblés par Pascal David dans Simone Weil, Désarroi de notre temps et autres fragments sur la guerre, Peuple Libre, 2018),et  élaborer sa propre politique d’action.Si elle est une réaction à celle se revendiquant de la Force, la théorie mimétique nous apprend que, dans ce cas, la fascinationaugmente…

Un exemple de politique d’action, pour ceux qui doutent de sa possibilité est donné dans l’article

Le constat d’une comptabilité frauduleuse date de 1992. Le début de mon action date de 2017, lorsqu’une copropriétaire sollicite mon aide. Cette action est une suite de refus, créant des obstacles, qui oblige les syndics successifs à réagir, dévoilant, aux yeux de plus en plus de copropriétaires, cette comptabilité frauduleuse. Pour en finir, le dernier syndic, aveuglé par l’obstacle que je représente, décide de me « sacrifier ».

Sa stratégie fut la justice, conçue comme un rapport de force.  Mais il ne s’occupa plus de la gestion de la copropriété, négligea les autres copropriétaires et se fit, donc, remercier au profit d’un syndic honnête, de proximité et décidé à mettre fin à toute comptabilité frauduleuse. Cette comptabilité frauduleuse (et son étendue) est maintenant définitivement  prouvée, et le nom du syndic n° 1 en France associé, publiquement, à une telle pratique (qu’un procès ait lieu ou non).

René Girard a donné les outils pour théoriser une politique d’action sans Sacrifice Humain et  Simone WEIL a « théorisé » la pratique d’une telle politique «  Un homme est susceptible d’imposer des obstacles par un pouvoir de refus » et tant qu’il « n’en a pas éprouvé la vérité dans la chair, le sang et l’âme toute entière », il ne verra pas ce pouvoir et ne pourra imposer des obstacles.

A l’échelle des pays, il est possible d’adapter  la dernière phrase citée de Simone Weil « Des Nations ont éprouvé la vérité (des 2 phrases de Thucydide) dans leur chair » Elles sont européennes. Un trio d’hommes politiques s’est formé  Et un trio d’hommes s’est formé : Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer et Robert Schumanqui vont, cinq après une guerre mondiale qui a saigné leurs pays respectifs, posé les bases d’une réconciliation et d’une coopération (le marché commun). Seul Robert Schuman a pu prononcer un discours et être, ainsi, considéré comme le Père de l’Europe, mais il est important de ne pas oublier les deux autres dont l’âme de leurs pays a été brisée.

Leur politique d’action les conduisait à ne surtout pas privilégier  la politique : « Cet ensemble ne pourra et ne devra pas rester une entreprise économique et technique : il lui faut une âme, la conscience de ses affinités historiques et de ses responsabilités récentes et futures, une volonté politique au service d’un même idéal humain ». (Propositions « Robert Schuman pour l’Europe » manifeste publié sur le site de l’Institut Robert Schuman)

A ce trio, Konrad Adenauer a associé Charles de Gaulle, signant en 1963 le traité de l’Élysée de coopération France-Allemagne, montrant que la conception de l’Europe entre ce trio et De Gaulle n’était pas éloignée, et surtout que ce traité de coopération est un moyen d’acquérir cette conscience et âme.

Quand on réalise une analyse d’une guerre, on se doit de prendre tous les  éléments essentiels, la géographie en est un, très important, et certainement le plus pertinent, car il permet de voir l’absurdité de certaines thèses exprimées par les présidents avant Trump et surtout ceux que l’on a appelé les « néo-conservateurs », dont le principal représentant a été Zbigniew Brzezinski, ancien secrétaire d’état, qui a popularisé  sa doctrine (la « doctrine Brzezinski »), dans un  ouvrage« le Grand Echiquier », paru en 1997.  Jean-Louis Salasc dans un article de 2022 :

en cite certains passages de ce livre, après avoir rappelé que cette thèse reste d’actualité, comme en témoigne l’article-programme de Victoria Nuland  en août 2020, six mois avant sa nomination comme secrétaire d’état adjoint : « L’Ukraine est un champ de bataille que les Etats-Unis ne doivent pas céder à Poutine. »

« L’Eurasie demeure l’échiquier sur lequel se joue la primauté mondiale ».

« L’Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l’Amérique ».

« L’Europe de l’Ouest reste un protectorat américain et ses états rappellent ce qu’étaient jadis les vassaux et les tributaires des anciens empires ».

Et enfin, dans un remarquable effort d’humilité : « Pour la première fois dans l’histoire, un état unique est devenu une véritable puissance globale ; pour la première fois dans l’histoire, un état non eurasien domine le monde ; pour la première fois dans l’histoire, la scène principale du monde, l’Eurasie, est dominée par un état non eurasien ».

En  version grand public, cela donne la célèbre phrase de Bill Clinton, reprise par Barak Obama : « Les Etats-Unis sont la nation indispensable » …

Si nous regardons une mappemonde, sa doctrine  les Etats-Unis ne sont pas le centre des échanges entre l’Europe et l’Asie (via le Pacifique). Mais si la Russie (à l’époque rivale aussi de la Chine) est détachée et ennemie de l’Europe, les Etats-Unis peuvent être considérés comme le centre et comme le « suzerain » des pays européens, les protégeant de la Russie.  Ces anciens présidents ont pourtant constaté la « montée en puissance de la Chine ».

Trump et ses conseillers ont la même mappemonde.  Il est, donc, facile de voir l’absurdité d’une telle doctrine, conduisant la Russie à s’allier à la Chine, et non à rivaliser avec  elle.

Pour nous européens, savoir que nos dirigeants  ont la même mappemonde, mais ont été incapables de voir l’absurdité d’une telle doctrine, et ont, cependant, participé au  sacrifice de l’Ukraine, nous rendent responsables de ce sacrifice. D’ailleurs n’est-ce pas ce que dit, sous les acclamations, Claude Malhuret au Sénat, le 1er Mars 2022 : «Le peuple ukrainien [est] prêt au sacrifice pour défendre sa liberté et la nôtre, sa démocratie et les valeurs européennes qu’il partage ». Encourager ainsi un peuple à se sacrifier revient à participer à son sacrifice (commentaire de Denis Monod-Broca dans l’article de Jean-Louis SALASC « business as usual »)

Face à un tel aveuglement, Trump/Thiel ont réagi par des questions Pourquoi ?

Cet article  a pour but de vous amener à comprendre que cette question est non seulement sans intérêt, mais qu’elle conduit à  la généralisation des systèmes sacrificiels sur la planète guerre.

  1. Aucune réponse ne sera donnée !
  2. Les questions, sans réponse des dirigeants auxquelles elles s’adressent, vont s’accumuler !
  3. Les réponses seront cherchées et trouvées (par Thiel et l’équipe de Trump). Ils voudront la révéler (cf. article « Le retour de Trump à la Maison-Blanche augure l’apokálypsis. » de peter THIEL).
  4. Vraies ou fausses, elles sont qualifiées de complotistes.
  5. La rivalité s’emballe, la guerre culturelle s’étend et on oublie le sacrifice des Ukrainiens, qui perdure.

Aucun dirigeant européen, même (et surtout ?) Zelensky (il a annihilé sa résistance à la sortie du bureau ovale, en acceptant cette humiliation publique/injuste) ne peuvent  agir.

Ce sont les citoyens européens, responsables de ce que pense, dit et fait l’union européenne, qui peuvent crier. « Que l’Ukraine vive ! »

A l’image de Pascal Santoni, qui écrit dans La Vie Nouvelle, revue des retraités CGT

« S’il y a urgence, c’est bien d’arrêter la guerre en Ukraine qui a déjà coûté près d’un million de morts et des destructions qui vont gravement impacter la vie et l’avenir des Ukrainiens. Arrêter les hostilités et garantir durablement la sécurité de l’Ukraine, mais aussi de la Russie, ce devrait être l’obsession des dirigeants européens… »

Et invite Pascal Boniface « L’Ukraine …ne peut gagner militairement ce conflit. …La Russie est affaiblie…Il n’y a pas d’issue militaire »

Conclusion : En appliquant les principes de René GIRARD, Thiel et Trump n’ont pas réussi à s’extraire de la guerre culturelle.

Aux époques de changements profonds (ou même bouleversements) anthropologiques, les rivalités s’exacerbent, ce qu’a démontré René GIRARD. Peter THIEL a essayé d’élaborer une politique d’action, à partir de la théorie de René GIRARD. Mais, dès qu’il y a politique/enjeu de pouvoir, la raison est sacrifiée et la guerre des doubles s’intensifie.

Pour que des raisonnements économiques et gestionnaires soient écoutés et surtout discutés dans chacun des camps, il faut au préalable, trouver une anthropologie commune. Cette volonté existe dans chaque camp de cette guerre culturelle. Mais ceux qui sont, à même d’y parvenir dans chaque camp, seront qualifiés de « bisounours » et « sacrifiés ».

La seule anthropologie commune possible est le refus des sacrifices humains. C’est la raison de cet article.

S’il n’y a pas d’anthropologie commune, la recherche d’arguments pour réduire les incertitudes économiques actuelles et les « guerres commerciales » est vaine. Les lois économiques s’appliquent « toutes choses égales par ailleurs », donc avec une anthropologie commune. Après, nous pourrons étudier celles de Peter THIEL

Si cette guerre culturelle, dans laquelle, nous l’avons vu, sont impliqués les dirigeants européens, devait perdurer, les conséquences sont prévisibles. La Chine est un pays/empire avec un système sacrificiel, la Russie a le culte de  la force. Le camp occidental risquerait de tomber dans ce « culte de  la force ».

Recherche dans une copropriété, appliquant une comptabilité frauduleuse : Synthèse de la découverte d’une politique d’action, inspirée de la théorie mimétique, en vue de la comparer avec celle de Donald TRUMP, inspirée de la théorie mimétique.  

Modif du 20 03 25 : le 25/02, j’ai écrit «  Sans approfondir, je note que la méthode employée est en phase avec l’époque. N’est-ce pas celle employée par Donald TRUMP, pour reconquérir le pouvoir ? Je n’ai lu nulle part, que sa capacité à encaisser (semblable à mon indifférence) les attaques de ses ennemis et leurs incompréhensions de son plan (ils l’ont traité d’imprévisible…) expliquaient sa réélection. Ajoutez à cela que son conseiller « idéologique » est un connaisseur et adepte des théories de René GIRARD permet d’entrevoir cette proximité entre la méthode décrite dans cet article. »

Depuis, des évènements

  1. Confrontation Zelensky vs Trump/Vance
  2. Discussion Poutine/Trump sur le cessez de feu en Ukraine
  3. Etc

Ont montré que la politique d’action de Donald Trump, via Peter Thiel et JD Vance, est réellement inspirée de la théorie mimétique.

Pour comprendre la proximité et les différences entre la politique d’action menée dans une copropriété  et celle dans un pays/empire, il est nécessaire d’exposer des faits antérieurs à la venue de FONCIA, expliquant l’origine de la violence déchainée contre moi.

Quand je suis arrivé dans la copro, en 1992, il y avait un gardien. Sa loge était un appartement de l’office HLM de Saint-Priest, que nous louions. Quand j’ai voulu obtenir ce contrat de location et d’autres liés au poste de gardien, j’ai subi l’hostilité du représentant des HLM et du syndic, à l’époque URBANIA/BARIOZ, dont le gestionnaire s’appelait M. X. Celui-ci tenta de manipuler l’AG de 2008, pour supprimer le poste de gardien. La manœuvre était grossière, il fallait agir au tribunal. Je l’ai fait, seul, mais avec le soutien de la majorité des copropriétaires (seuls deux ont manifesté leurs hostilités).  

J’ai, pour le bien de la copropriété, obtenu satisfaction du tribunal. La décision de supprimer le poste de gardien fut annulée. Cela obligea le représentant des HLM de St-Priest, à trouver une solution alternative, pour récupérer la loge comme appartement.

Nous avons fait appel à une société de nettoyage d’insertion (PNI) qui employait M. D. Il suffisait de mentionner dans le contrat, qu’il s’occupait de notre copropriété, pour qu’il soit notre quasi/gardien et tout le monde était satisfait, même si je savais que s’éloignait, pour moi, la possibilité de prouver « l’escroquerie de la loge du gardien ». 

 A l’approche de la retraite de M. D. FONCIA fit appel à une nouvelle société, qui augmenta les tarifs, tout en continuant à employer M. D. Foncia et cette société prétendirent qu’il n’y avait pas de contrat.

Je découvris que le gérant de cette société était le fils du gestionnaire d’Urbania M. X. Mes alertes sur le sujet ont été entendues mais non suivies d’effets. Il est vrai que mes particularités neurologiques ne m’ont pas permis de découvrir assez tôt, que sous le mandat de Rhône Saône Habitat, syndic ayant succédé à Urbania, les rumeurs circulant sur moi et mon action au tribunal, faite pour m’enrichir et ayant un coût important pour la copropriété. Par cette découverte tardive, je ne pus empêcher le déploiement d’un « cordon sanitaire » autour de moi.

La « conversion » des copropriétaires pour choisir un nouveau syndic de proximité et honnête, fut longue et difficile. Compte tenu de mes particularités neurologiques, l’élaboration d’une politique d’action était indispensable. De plus, il était nécessaire de s’appuyer sur  une théorie, d’où le choix d’une recherche-intervention

La retraite de M. D. coïncida avec la venue de ce nouveau syndic. Nous n’eûmes pas besoin d’introduire une procédure. La société ne put assurer sa prestation, et le nouveau syndic procéda à la résiliation, naturellement.

Article du 25 02 2025 : La mission de notre nouveau syndic, désigné le 05/08/2025 par un tribunal, suite aux manœuvres (exemple : en fixant une AG le 17 juillet) de FONCIA LYON s’achève.

Sans révéler toutes les découvertes/surprises que FONCIA LYON cachait à tous les copropriétaires, car nous ne sommes pas ici au tribunal, il est nécessaire, pour comprendre les paragraphes suivants, d’écrire que ce nouveau syndic, véritable syndic professionnel de proximité et sauveur de notre copropriété, a dû corriger la comptabilité pratiquée (mettre les bonnes clés de répartition, prévues par le règlement de copropriété).

La preuve  est ainsi fournie que FONCIA LYON tenait une comptabilité frauduleuse. Et pourtantt, la propre gestionnaire de FONCIA m’avait envoyé un mail : Extraits

« Monsieur Nicolle,

Je fais suite à mes échanges avec le conseil syndical au sujet de la répartition des charges et des questionnements que celle-ci soulève.

S’agissant d’alertes et de signalements dont vous avez été régulièrement à l’origine, il nous a paru normde vous faire part de façon directe des démarches entreprises avec le CS.

 …

« Après un repointage minutieux du RCP (règlement de copropriété) de 1986 par différentes personnes, …nous avons donc …   à ce jour re-saisi l’ensemble des lots / des clés de répartition et l’ensemble des millièmes y afférent. La répartition 2022 sera établie selon cette nouvelle saisie vous garantissant ainsi la conformité avec le RCP. »

Cette preuve, nous savions que nous ne l’obtiendrions, que par le départ de FONCIA.

Mais, pour cela, il fallait convaincre les copropriétaires.

Comment faire, avec le climat de peur existant ?

En effet, FONCIA pratiquait le chantage à la copropriété en difficulté.

Aussi, convaincu que montrer un copropriétaire seul face à FONCIA LYON aiderait les autres à surmonter cette peur, à défaut de la faire disparaitre. Je quittai la présidence du conseil syndical et décidai de porter plainte contre FONCIA LYON en juin 2021, pendant que 4 membres du conseil syndical, en accord avec mon action, se chargeaient de poser des questions à FONCIA LYON, pour l’obliger à dévoiler, aux yeux des autres, ses manquements.

La photo du sacrifice arrêté, illustrant  cet article, n’est pas exagérée ! FONCIA LYON, en même temps que se préparait la loi sur les copropriétés en difficulté et « habitats dégradés » faisait pression sur les copropriétaires pour qu’ils payent, via leur site, par prélèvement et recréditaient sur les comptes des copropriétaires, les paiements par virement. Parmi ceux-ci, j’eus droit à un traitement spécial : LR/AR de l’avocate plaidant contre moi, dans leur citation directe !…

Et la réalité de cette photo est renforcée avec la réception, par le nouveau syndic, d’un courriel d’une commissaire de justice (anciennement huissier de justice :

FONCIA LYON/CONSTAT SAINT PRIEST

Bonjour Monsieur, 

Foncia m’informe que vous avez repris la gestion des lots sis « LA PORTE JOIE » sis 1 à 6 place Jean Moulin, 1 à 3 avenue Charles de Gaulle 69800 SAINT PRIEST.

Or j’avais effectué un constat en juillet 2023 qui ne m’a pas été réglé, 

Voici celui-ci en PJ, ainsi que la facture, 

Pourriez-vous faire le nécessaire, …

Et voici la réponse du nouveau syndic, qui me l’a fournie, (même pour un professionnel de l’immobilier, ce mail était incroyable)

« Bonjour Madame,

Je vous accuse bonne réception de votre message ci-dessous ainsi que des pièces jointes dont j’ai bien pris connaissance et qui ont retenu toute mon attention.

Nous avons effectivement été désignés nouveau syndic de cette copropriété par voie judiciaire début août 2024.

Nous n’avons pas récupéré l’ensemble des pièces auprès du précédent syndic et avons mis en demeure ce dernier qui ne nous a communiqué aucun dossier sinistre, travaux ou vente…

Je ne comprends pas pourquoi vous noua adressez cette facture d’honoraires de constat d’assemblée générale du 03 juillet 2023 alors que vous avez été mandatée par le précédent syndic pour son propre compte et non à la demande des copropriétaires qui ne savent même pas qu’un huissier avait été dépêché et l’ont compris après coup, s’en étonnant et demandant ensuite à ce que cela soit consigné au procès-verbal que vous trouverez joint pour information.

Je suis désolé que votre facture ne vous ait pas été réglée, cela n’est pas sérieux, mais comprenez que les copropriétaires n’étaient pas demandeurs et étaient même surpris de votre présence qui n’était pas prévue ni communiquée. Vous êtes intervenus pour le compte de l’ancien syndic afin d’établir un constat du déroulement de l’assemblée générale puisque ce dernier était mis en concurrence, contesté, des fautes lui étaient reprochées et les copropriétaires mécontents souhaitaient le résilier de manière anticipée (question n°10), ils ont été menacés, mis en garde (question n°9). Ils ont finalement attendu l’échéance de son contrat cette année pour ne pas le renouveler.

Aussi, vous avez été missionnée à la demande du syndic pour produire un constat permettant ensuite d’engager une procédure afin de défendre ses interêts contre les copropriétaires et non ceux des copropriétaires.

La facture aurait dû vous être réglée par FONCIA depuis plus d’un an et c’est donc bien lui que vous devez relancer et auquel vous devez faire valoir votre créance. Cette facture doit être prise en charge par l’ancien syndic FONCIA et non par les copropriétaires, s’agissant d’une dépense qui concernait ses intérêts et sa volonté propres. 

Comptant sur votre compréhension et restant à votre disposition, » 

Vous en souhaitant bonne réception,

A cet échange clair, je ne rajouterais que deux éléments :

  1.  FONCIA me nomme dans la question n° 9 de l’AG 2023, évoquée par le nouveau syndic
  2. Le constat établit, en premier lieu l’objectif de Foncia « Qu’un des copropriétaires ayant auparavant tenu des propos diffamatoires à l’encontre du requérant, celui souhaite un compte rendu des échanges devant avoir lieu avec celui-ci lors de l’assemblée générale, en vue de sauvegarder ses intérêts et pour la bonne tenue de l’assemblée » et me nomme, à plusieurs reprises. Les péripéties de la citation directe de FONCIA contre moi, (pour trois phrases « diffamatoires » d’un article), ayant été racontées par ailleurs, je n’en écrirais pas plus, et me contente de vous permettre de télécharger les jugements.

Voici quatre fichiers, dont ces deux jugements :

LOI du 9 avril 2024 de « l’habitat dégradé »

Ordonnance du tribunal nommant le nouveau syndic.

Jugement du tribunal correctionnel de LYON suite à une citation directe de FONCIA.

Jugement de la cour d’Appel de LYON, suite à l’appel du jugement correctionnel précédent

Je révèle ces pratiques, découvertes après le départ de FONCIA, car elles valident mes recherches.

La tendance des débats/controverses est partout. Dans les syndicats, c’est luttes (grèves, occupations…) vs manifestations de masse ou vs compromis.

Ces oppositions sont factices, comme toutes les rivalités, et « irrationnelles ».

En effet, quelle que soit la méthode choisie (grèves, négociations en vue d’un compromis, manifestations de rue), « convertir » à la cause d’un collectif, le maximum de personnel (dans les entreprises) ou comme, dans l’exemple de la recherche-intervention dans une copropriété, le maximum de copropriétaires est une nécessité.

Les marxistes emploient l’expression « conscience de classe », mais la signification (pour l’action) est la même.

Pour y arriver, des intermédiaires (lanceurs d’alerte, journalistes ou autres comme « Frigide Barjot) sont indispensables. Ils s’exposent à des risques.

L’un d’entre eux, dépassant les « emmerdements habituels » à ces alertes m’avait conduit à porter plainte auprès du Procureur de la République, en donnant une « pièce à conviction » : Clou planté sur le pneu arrière droit de mon véhicule DACIA, dans le parking souterrain, entre le 3/11/22 à 17 h 30 et le 4/11/22 à 7 h 45 et en mentionnant la découverte, la veille du  même type de clou dans le pneu avant droit.

Ce n’était pas anodin : ce type de clou provoque un dégonflement progressif, et si ma voiture n’avait pas été muni d’un indicateur de sous-pression (même les Dacia peuvent l’être), je m’en serai aperçu lorsque le Duster aurait roulé à 50 km/h.

J’avais relié ces tentatives d’intimidations à mes révélations sur le « système du milieu immobilier lyonnais » (à l’époque, je n’avais pas encore nommé notre syndic). J’avais écrit un article, diffusé aux seuls copropriétaires et à FONCIA, et les « plantages » de clous cessèrent ! Mais je n’ai jamais imaginé, un seul instant, que FONCIA puisse être impliqué dans un tel scénario.

Avec ce constat et l’obtention de la preuve d’une comptabilité frauduleuse, son implication reste improbable, mais une enquête pour déterminer si FONCIA est le commanditaire  n’est plus invraisemblable.

L’association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle a donc réussi à montrer ce qu’était un harcèlement institutionnel : Un sacrifice humain, édulcoré certes, mais un sacrifice malgré tout (la volonté d’éliminer la personne à sacrifier est bien réelle).

L’association d’aides des victimes de souffrance au travail organisationnelle a aussi réussi à montrer comment se débarrasser d’un tel harcèlement. Celui-ci n’est possible que par le pouvoir abandonné à l’harceleur. Il suffit de « convertir » ceux qui ont abandonné ce pouvoir de le reprendre, pour que cesse ce harcèlement.

Dans cette recherche/intervention dans une copropriété, une étape intermédiaire a été nécessaire : Se débarrasser de FONCIA LYON. Mais le chasser a permis la découverte de ces pratiques, l’écriture de cet article, en le nommant, dissuadant les copropriétés de faire appel à ce type de syndic financier.  

Je ne commenterai pas plus ces pratiques, incompréhensibles pour ceux qui postulent la rationalité des comportements humains.

Sans approfondir, je note que la méthode employée est en phase avec l’époque. N’est-ce pas celle employée par Donald TRUMP, pour reconquérir le pouvoir ? Je n’ai lu nulle part, que sa capacité à encaisser (semblable à mon indifférence) les attaques de ses ennemis et leurs incompréhensions de son plan (ils l’ont traité d’imprévisible…) expliquaient sa réélection. Ajoutez à cela que son conseiller « idéologique » est un connaisseur et adepte des théories de René GIRARD permet d’entrevoir cette proximité entre la méthode décrite dans cet article.

Silence, on crie ! Eric MOULINS BEAUFORT participe à des podcasts de RCF. Mais un président (de la C.E.F.) ne devrait pas dire ça!

Avec le scandale de la nomination par l’archevêque de Toulouse de son chancelier, le fonctionnement de l’Eglise, comme une institution devient évident pour beaucoup de catholiques et de Français.

Dans un article remarquable et instructif de la Croix,

Nomination d’un prêtre condamné pour pédocriminalité à Toulouse : « Cette décision n’est pas prudente »

Patrick Goujon montre que la nomination du chancelier n’est pas valide, au regard du droit canon…

Son article, très complet, fait le lien avec cet article, publié le 31/10/2024, par une phrase : «Les enquêtes de la CIASE et de la police dans certaines affaires plus récentes ont montré l’usage des chancelleries de détruire les pièces concernant les prêtres pédophiles. »

 « … Abbé Preynat … réussit à organiser un monde qui tourne autour de lui, où les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France. » (extrait de cet article, publié le 31/10/2024)

Mon article était mesuré, afin de permettre à l’institution ecclésiale de réagir. Le silence « diabolique » (la nomination de Dominique SPINA me conduit à employer ce terme) fut l’unique réaction.

Ce silence est comparable à celui du diocèse de Toulouse et de son évêque, suite à la parution d’un article local d’Inès ROCHETIN  (France 3), reproduisant une lettre de Margot Ferreira, catholique engagée dans la lutte contre les abus sexuels dans l’église:

« Une Église incohérente, aveugle et sourde » : la colère d’une fidèle après la nomination de l’abbé Spina, condamné pour viol sur mineur

Je peux donc maintenant écrire que ce qu’un président (de la C.E.F.) n’aurait pas dû dire, c’est l’expression « ni scout d’Europe, ni scout de France. ». Son emploi est accablant pour l’institution :

  1. Seuls ceux qui connaissent le dossier de l’intérieur, savent l’importance (culturelle dans la paroisse, où sévissait Preynat) de cette expression : Philippe Barbarin, dans son livre « En mon âme et conscience » l’ignore, Isabelle de Gaulmyn, scoute dans la troupe de Preynat, l’emploie dans le sien « Histoire d’un silence » et mes parents, de la paroisse Saint-Luc, l’employaient sans mentionner Preynat, qu’ils ne connaissaient pas.
  2. Les archives du diocèse, sur ce dossier Preynat, sont vides.
  3. Ces deux constats sont accablants pour l’institution. Plutôt que de signaler un prêtre pédocriminel à l’évêque, le curé a préféré le cacher, en le protégeant des parents « mécontents » par une promotion  des résultats de Preynat, auprès des autres paroissiens. Eric MOULINS BEAUFORT, en employant cette expression, montre que l’institution a eu (ou a pris depuis) connaissance approfondie du dossier, mais préfère se protéger, en le cachant et sacrifier ainsi l’un des siens Philippe BARBARIN.

J’ai écrit « Seule ma méconnaissance des codes sociaux me fait remarquer un tel geste et l’interpréter comme le signe de la persistance des sacrifices humains (et des mécanismes victimaires), alors que la victime ne s’en offusque pas » dans l’article

Cette méconnaissance me transforme en lanceur d’alerte, car les mécanismes victimaires, révélés par l’affaire Dominique SPINA et générés par l’Eglise catholique de France, perdurent et donnent leurs effets à chaque changement sociétal.

C’est le cas avec la loi d’aide active à mourir, qui sacrifie les soignants.

Mais, cette fois, la rivalité mimétique n’arrive pas à le cacher pleinement et la vérité transparait dans un écrit.

L’alerte est donc plus facile à lancer !

Ci-dessous le principal de l’article paru en octobre 2024. En ajoutant le nom de la journaliste, auteure des podcasts, qui a dû quitter RCF: Stéphanie GALLET

Aujourd’hui, les « podcasts » de RCF, centrée sur la parole des victimes, la confronte à celles d’intervenants, et, surtout, oblige les responsables de l’institution à répondre à cette parole, permet, outre de comprendre mon action, d’interpréter correctement la parole de l’église institutionnelle.

Ils donnent la parole aux victimes : Laissez vous bouleverser et écoutez tous les épisodes !

https://www.rcf.fr/economie-et-societe/silence-on-crie

Mais il donne la parole à d’autres intervenants, dont le président de la conférence des évêques de France, pour essayer de comprendre ce si long silence et le transformer en cri.

Qu’a dit Eric De MOULINS-BEAUFORT ? Je ne vais pas citer tous ses propos. Pour la plupart, il est dans son rôle de président, cherchant à comprendre, après avoir reçu le rapport de la CIASE, en implorant le pardon…! « Salut et impuissance du salut (pas aussi éclatant comme on aurait pu rêver) dans la grâce du christ on est sorti  de perversions humaines trop destructrices, donc question de l’efficacité du salut. Abîme de violence possible en nous, en relation avec la sexualité, très présente dès qu’on a une relation d’autorité, (commence très tôt), se déformer en relation de pouvoir et devenir abusive et se sexualiser

Humilité de l’Eglise, entreprise de travail (à faire)

Pas de découragements avec le rapport de la Ciase, chance d’avoir des moments inattendus être des encouragements à garder la ligne »

Mais, dans l’épisode 4, il cherche à se justifier et dit des choses qu’un président ne devrait pas dire : « Personnalités capables  d’utiliser la position normale d’un prêtre pour organiser un petit système : Abbé Preynat, à la marge du système et qui réussit à organiser un monde qui tourne autour de lui, où les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France. Lorsque l’archevêque de LYON a voulu le déplacer, ce fut un tollé et il n’a pas été déplacé, on n’a pas évalué ce qui se passait et au lieu de faire sortir ce qui se passait, ça a durci la chape de plomb. L’Eglise est un grand monde de liberté, où chacun peut faire ce qu’il veut, et donc il faut que nous soyons très attentifs  aux systèmes de régulations qui existent et que nous devons tenir »

En quelques phrases d’apparence anodines, et sans corrélation annoncée, se cache, à mon avis que je soumets à la critique de l’intéressé et des catholiques lecteurs de cet article, une démonstration en trois étapes d’un objectif, non nommé mais bien réel :

  1. « Les phénomènes de régulation ne marchent pas du tout (accentué par un côté un peu idéologique, car il faisait du bon scoutisme, ni scout d’Europe, ni scout de France) » Le président de la conférence des évêques de France ne nous dit rien de ces phénomènes. Sont-ils connus des Français, ou du moins des catholiques, ce n’est pas évident ?
  2.  « Lorsque l’archevêque de LYON a voulu le déplacer, ce fut un tollé et il n’a pas été déplacé » Est-ce une explication du non-fonctionnement des phénomènes de régulation ? Le président de la conférence des évêques de France ne le dit pas et se contente d’affirmer une phrase, sans apporter de preuves. Cela pourrait constituer un « scoop » au micro d’une journaliste, car si on lit le communiqué du diocèse de LYON   , on ne trouve pas mention de cet épisode.
  3. « L’Eglise est un grand monde de liberté, où chacun peut faire ce qu’il veut, et donc il faut que nous soyons très attentifs  aux systèmes de régulations qui existent et que nous devons tenir » Cette affirmation me ferait sourire, si elle n’était pas précédée des deux autres.

Ce que j’écrivais en début d’article « utiliser la victime comme faire-valoir d’une démarche de communication. Faire savoir que l’on a écouté les victimes, que le travail d’inventaire a été fait, validé, que l’on peut passer à autre chose. » comme une chose possible me parait, avec ces quelques phrases, est devenue une chose, non seulement vraisemblable, mais aussi probable.     Mes recherches:

https://2avsto.fr/2024/08/09/synthese-des-resultats-theoriques-de-mes-recherches-sacrifice-sacre-harcelement-et-manif-pour-tous/

m’ont conduit à distinguer, en présence d’un harcèlement institutionnel ( ou d’un « système ») à distinguer les boucs émissaires coupables « sacrifiés » pour calmer les exigences (transparence, changements) et passer à autre chose sans vraiment changer, et les innocents  sacrifiés pour se protéger de gêneurs et garder le silence.

Pour moi, Eric MOULINS BEAUFORT cherche à faire passer Philippe BARBARIN de bouc émissaire coupable (partie prenante d’un système mis en place par l’institution) à une victime d’un acharnement judiciaire injustifié.

Ce n’est pas anodin : Dans le premier cas, La Parole Libérée doit être remercié de son action, ayant  permis de briser le silence ; dans le deuxième, sans l’affirmer (pour l’instant ?), elle est coupable d’un acharnement « peu chrétien »

procès public. Le prêtre est invité à prendre un nouveau départ dans une paroisse où l’activité n’est pas débordante. »

Alors, oui un Président ne devrait pas dire ça. Écouter les victimes, c’est aussi manifester la volonté de changer en profondeur les comportements et les règles de vie pour éviter toute situation de récidive, rendre utile l’écoute pour les victimes mais aussi pour éviter qu’il y en ait d’autres. Avec de tels propos, on en est loin…

Synthèse des Résultats de mes Recherches : Politique d’action, autistes, Sacrifice, Harcèlement

Écrire la synthèse des résultats de mes deux recherches interventions, est facilité par un évènement lié à ma recherche intervention sur une escroquerie dans une copropriété. Dans l’article

, j’avais écrit que FONCIA faisait appel.

L’audience d’appel s’est déroulée le 13 septembre. La description de son déroulement va me permettre de faire mieux comprendre, sans long développement, les implications pratiques des résultats théoriques de mes recherches.

Je remis mes conclusions au tribunal.

L’avocate d’EMERIA (groupe propriétaire de FONCIA) et celui de FONCIA parlèrent en premier.

Quand vint mon tour de parler, je m’étonnais, en préalable, auprès de la juge, m’ayant demandé si j’avais bien donné mes conclusions aux avocats de FONCIA : « Vous m’avez demandé si j’avais bien donné mes conclusions aux avocats de FONCIA, mais vous ne l’avez pas demandé, en inverse, aux avocats de FONCIA; or les affirmations de l’avocate ne m’ont pas été communiquées avant »

Elle me demanda si je voulais que l’avocate transmette des pièces complémentaires, je lui dis non.

Ensuite, elle me fit des remarques sur mes postures pendant ma « plaidoirie » puis me coupa à plusieurs reprises pour écarter mes propos. Je ne comprenais plus et instinctivement, je m’écriais (attention, façon autiste, j’ai dû, peut-être, élever un peu la voix et, sans doute, accélérer légèrement le débit, mes capacités en ce domaine étant assez limitées) :

« Je suis autiste, je ne comprends pas vos codes sociaux ! »

J’ai écrit instinctivement, car cette réaction est inattendue pour moi.

Je suis autiste, avec des caractéristiques, non pas d’hypersensibilité, mais d’hyposensibilité. Et comme elles sont associées à une difficulté (dans l’enfance, c’était quasi impossible) à exprimer (et à reconnaître) le mal-être, je pouvais me trouver « bloqué » et dans l’impossibilité de prendre une décision.

Là, je me trouve dans une situation, où mon centre d’intérêt, presque unique, est la recherche, c’est-à-dire comprendre. Si je n’avais pas réagi, ma recherche intervention était invalide. Dans celle-ci, je ne peux être qu’observateur avec un seul objectif : comprendre.

Dans l’article  https://2avsto.fr/2023/09/07/resultat-commun-aux-deux-recherches-interventions-analyse-socioeconomique-et-action-syndicale/

J’avais expliqué avoir débuté mon apprentissage de chercheur (non professionnel) en partenariat avec l’institut de recherche ISEOR https://recherche.iseor.com/

Cette formation a été conclue par un mémoire consultable par le lien suivant :  https://wp.me/PdwCuG-i   (page recherche de ce site)

La méthodologie développée avait pour objectif de calculer des coûts cachés (principalement). Dans cette théorie socioéconomique, son fondateur, Henri SAVALL a réalisé un travail épistémologique considérable. La place de son concept d’« effet miroir » traduit l’importance essentielle du regard : le regard du chercheur extérieur doit être le reflet (effet miroir) de la perception intérieure des acteurs.

Dans les deux recherches intervention (et plus encore celle dans une copropriété), il ne s’agit pas de calculer, mais de dévoiler à des acteurs, ce qui est volontairement caché à leurs yeux, par des acteurs agissant dans la même « organisation ». Et ce dévoilement doit induire une « conversion » entraînant une action.

 Le regard est donc, là, intérieur à l’organisation et la théorie socioéconomique, avec sa méthodologie, inopérante. Je me suis donc tourné vers une théorie anthropologique.

Élisabeth COPET-ROUGIER, Christian GHASARIAN, « ANTHROPOLOGIE », Encyclopædia Universalis

« Le paradoxe de la démarche anthropologique réside donc, comme le souligne Claude Lévi-Strauss, dans le fait que l’on y “cherche à faire de la subjectivité la plus intime un moyen de démonstration objective”

La méthode et l’histoire de l’anthropologie se confondent quant à leur rapport à l’objectivité. Ses objets, ses concepts et ses théories ne sont pas nés d’un seul mouvement ».

Le domaine est si vaste que ce mouvement a abouti à des classements et des divisions entre domaines de cette nouvelle discipline

 Maurice GODELIER, «ANTHROPOLOGIE ÉCONOMIQUE», Encyclopædia Universalis

Georges BALANDIER, « ANTHROPOLOGIE POLITIQUE », Encyclopædia Universalis

Sophie HOUDART, « ANTHROPOLOGIE DES SCIENCES », Encyclopædia Universalis

Thierry BOISSIÈRE, «ANTHROPOLOGIE URBAINE», Encyclopædia Universalis

Virginie MILLIOT, « ANTHROPOLOGIE DES CULTURES URBAINES », Encyclopædia Universalis

Arnaud HALLOY, «ANTHROPOLOGIE COGNITIVE», Encyclopædia Universalis

Julien BONHOMME, «ANTHROPOLOGIE DE LA COMMUNICATION», Encyclopædia Universalis

Brigitte DERLON, Monique JEUDY-BALLINI, « ANTHROPOLOGIE DE L’ART », Encyclopædia Universalis

Anne-Christine TRÉMON, «ANTHROPOLOGIE DES DIASPORAS», Encyclopædia Universalis

Frédéric KECK, Christos LYNTERIS, «ANTHROPOLOGIE DES ZOONOSES», Encyclopædia Universalis

Cyril ISNART, « ANTHROPOLOGIE DU PATRIMOINE », Encyclopædia Universalis

Un domaine a particulièrement insisté sur l’importance du regard

Damien MOTTIER, « ANTHROPOLOGIE VISUELLE », Encyclopædia Universalis

« Le regard ethnographique

Regarder est une opération fondamentale de la démarche ethnographique. Il s’agit de se faire une place sur le terrain pour élaborer de l’intérieur un point de vue qui favorise l’étude et la compréhension d’une population donnée. La pratique du terrain est ainsi fondée sur une technique d’enquête usuellement désignée sous l’expression “observation participante” et sur la capacité de l’ethnographe à inscrire sa présence au sein des situations qu’il cherche à décrire et à interpréter. »

Et une discipline a centré sa réflexion sur les autres domaines et aurait pu se nommer épistémologie de l’anthropologie.

Olivier LESERVOISIER, « ANTHROPOLOGIE RÉFLEXIVE », Encyclopædia Universalis

« L’anthropologie réflexive consiste en la restitution et en l’analyse critique des conditions de production d’un savoir anthropologique. Elle s’intéresse aussi bien aux modalités de réalisation de l’enquête de terrain qu’aux contextes académiques et institutionnels dans lesquels évoluent les chercheurs, ainsi qu’aux enjeux politiques et éthiques de la recherche, comme ceux du retour de l’information, du choix des formes d’écriture, de l’engagement ou des usages sociaux des savoirs… »

« La publication en 1967 du journal posthume de Malinowski marque une étape importante dans la prise de conscience de la nécessité de ne plus passer sous silence les effets de la dimension intersubjective de l’enquête de terrain. En dévoilant les frustrations et les colères de l’ethnologue contre ses hôtes, l’ouvrage révèle le caractère illusoire d’une observation neutre et montre la manière dont le chercheur est impliqué émotionnellement dans son objet d’étude, ce que souligne avec force la même année l’ethnopsychanalyste G. Devereux (1967). »

« s’interroger sur les modalités de l’observation participante, chère à l’approche ethnographique, mais dont l’application est loin d’aller de soi, au point que la formule est souvent comparée à un oxymore. Comment, en effet, concilier l’implication et la distanciation ? Comment y parvenir selon les spécificités propres à chaque enquête »

Cette démarche s’impose d’autant plus, car, comme le relevait Claude Lévi-Strauss dans ses commentaires sur l’œuvre de Marcel Mauss : « Dans une science où l’observateur est de même nature que son objet, l’observateur est lui-même une partie de son observation ».

Enfin, le dernier domaine de cette discipline renoue avec l’ontologie

Frédéric KECK, « ANTHROPOLOGIE ET ONTOLOGIE », Encyclopædia Universalis

« L’anthropologie s’est définie contre la métaphysique classique en remplaçant un discours sur Dieu comme fondement de toutes choses par un discours sur l’homme comme sujet et objet de connaissance (Foucault, 1966), elle a renoué depuis les années 1980 avec l’ontologie, définie comme un discours sur ce qui est, pour affirmer la réalité des phénomènes sur lesquels porte son enquête. »

Tout comme Simone Weil avant lui, René Girard est convaincu que les Évangiles, bien plus qu’une simple théologie, constituent une véritable anthropologie, car elles sont les premières à déconstruire le mythe, à lever le voile sur la violence collective et son emballement mimétique.

Girard, après avoir fait œuvre d’anthropologie (dans son livre « majeur » (comme on dit) dans ce domaine : « La violence et le sacré »), a essayé de démontrer, dans la troisième partie du livre suivant « Des choses cachées depuis la fondation du monde », l’affirmation ci-dessus. Le paradoxe est que, par la suite, sa méthodologie, l’intertextualité, ne s’appliquait plus à des textes « d’enquêtes de terrain », l’approfondissement d’une réflexion épistémologique  n’était plus nécessaire.

Quant à Simone Weil, la nécessité d’enquêtes de terrain s’est imposée à elle. Mais Emmanuel Gabellieri dans « Joseph Wresinski et Simone Weil : anthropologie relationnelle et philosophie de l’action, pages 267 à 276 » n’a pu employer ces termes d’anthropologie relationnelle et de philosophie de l’action qu’après analyse de ses textes philosophiques.

Il était donc indispensable de définir mon regard d’observateur de l’intérieur.Et un observateur, qui pour ne pas modifier l’action observée, doit avoir un regard d’un « petit », comme je l’ai écrit dans l’article

Mais, les petits, définis selon les béatitudes de l’Évangile de Saint-Mathieu, ne peuvent donner des implications pratiques, en vue d’une philosophie de l’action.

Au risque d’être accusé de provocateur, je vais me référer à un autre Évangile, montrant la valeur anthropologique de ces Évangiles. (Je rajouterais : leurs lectures donnent la clé pour provoquer une rupture anthropologique).    

Luc 6 ; 30 —36 « En ce temps-là, Jésus levant les sur ces disciples, déclara « Heureux, vous les pauvres…. »

 Jésus lève les yeux sur ces disciples. Quand on lève les yeux sur quelqu’un en face, ce ne peut être possible qu’à la condition de se tenir dans une position assise au milieu d’eux ou à genoux.

René Girard en a donné la raison dans son analyse de l’épisode de la femme adultère : éviter d’apparaître comme un rival.

C’est tout simplement ce qu’on recommande à quelqu’un, rencontrant un chien (ou un autre animal) : ne pas le regarder dans les yeux. Autrement dit, accepter de n’être pas un « dominant ».  

À l’audience, je n’eus pas d’explication, mais l’attitude changea et je compris simplement que ce n’était pas un comportement « habituel ». Cela suffit à me faire entendre (attention, je n’ai pas écrit écouter), j’étais donc sûr (j’ai eu un moment de doute, par la question du juge) que les questions de FONCIA, par l’intermédiaire de l’avocate de sa maison mère, cachaient une arrière-pensée, que j’étais incapable d’appréhender.  Peu importe, un chercheur n’a pas à se préoccuper d’arrière-pensées : c’est ma traduction d’une des phrases d’Henri SAVALL, fondateur de l’ISEOR et de la théorie socioéconomique des organisations, dans son cours d’épistémologie « Les pensées des personnes sont comme le gaz, invisibles. Elles ne sont connues qu’une fois exprimées ».

J’avais été définitivement relaxé, en première instance, et FONCIA faisait appel pour me réclamer des dommages et intérêts, dans le cadre d’une chambre « intérêts civils ». L’avocate d’EMERIA se fit encore plus insistante qu’au tribunal correctionnel, pour que j’explique le mécanisme d’escroquerie et de détournement de fonds, en me prêtant des phrases et en citant des chiffres, que je n’avais pas écrits.

Pour moi, me définissant comme lanceur d’alerte, cette plainte signifiait que je donnais à la société, représenté par le doyen du juge d’instruction, les éléments dont je disposais. La « Société » devait se prononcer sur ces éléments, et je n’avais pas à m’immiscer dans son « avis/ordonnance » à rendre, ni même à révéler les éléments produits (ou non). Et FONCIA connaissait le but poursuivi, révélé, en avril 2022, par le premier article publié, partie prenante de cette recherche intervention dans une copropriété :

« Il  faut le saisir (procureur de la République), pour qu’il agisse, au nom de la société, et réhabiliter le droit comme rempart de la violence (et du harcèlement.) » « 

FONCIA savait que la publication de ces articles servait à recueillir des informations, pour les remettre au procureur. Les relayer sur LINKEDIN permettait d’obtenir ces renseignements, auprès de professionnels de l’immobilier. Ce fut l’un des éléments retenus par le tribunal de première instance pour me juger de bonne foi.

Surtout, FONCIA savait que ces renseignements ne devaient pas servir, au départ, à porter plainte contre ce syndic, mais à obtenir la preuve décisive pour confier l’affaire au tribunal pénal contre l’ancien syndic, et non pas contre FONCIA.

Avec la citation directe, je recueillais cette preuve décisive, permettant, avec la copropriétaire, qui me l’avait fournie, de porter plainte auprès du doyen des juges d’instruction.

Je l’écrivais dans un article, cité à la première audience :

“… quel rôle joue FONCIA, dont l’ancienne gestionnaire s’était opposée par écrit à une plainte pénale contre Rhône Saône Habitat, dans cette affaire ?

Ces questions dépassent la copropriété, mon  rôle de lanceur d’alerte s’arrête, je ne pourrai obtenir la réponse à ces questions, ni seul, ni même aidé. Elles montrent l’ampleur de ce dossier, et seule La Justice, représentante de  la société, peut y répondre et donc doit  être saisie. Mais, pour ce faire, je devais trouver la preuve et la transmettre à la justice.”

Autre extrait ; “Entretemps, une copropriétaire…, devenue membre du conseil syndical, m’informait de sinistres dégâts des eaux dans son appartement, situé au dernier étage de (son) allée” 

La clé de ma philosophie de l’action est là.

Dans l’article, objet de la citation directe de FONCIA, j’avais bien écrit que l’escroquerie, que je décrivais, avait débuté, à mon arrivée dans la copropriété en 1992. Tant que je ne pouvais soupçonner qu’une “fraude” de quelques dizaines d’euros par appel de fonds au profit de quelques copropriétaires, agir pour les supprimer ne m’intéressait pas. Je n’étais pas adepte de la théorie du chaos. 0N FINIT toujours par ressembler à ses ennemis »… Cette phrase, empruntée à Borges, résume bien les raisons de cette attitude.

Quand j’ai étudié le dossier de cette copropriétaire, j’ai découvert, petit à petit, que la copropriété, construite par les HLM de cette ville, était divisée en deux. Quatre allées étaient réservées pour une location des logements, par l’office HLM. Trois d’entre elles étaient mal entretenues et présentaient des malfaçons. Celles-ci avaient provoqué dans quelques appartements (un par allée) des dégâts…

Ces appartements furent vendus, en toute connaissance de cause, sans que les sinistres soient portés à la connaissance des acheteurs. Les  traces étaient effacées, mais les causes, non traitées.

Pour traiter ces causes, des travaux importants pour ces allées étaient nécessaires, que l’office HLM ne voulait pas engager, tant que suffisamment d’appartements, dans ces allées, soient vendus. Et les acheteurs n’avaient pas la surface financière pour payer des travaux importants.

Ils étaient promis aux sacrifices. Le mot n’est pas trop fort. Pour isoler ces copropriétaires et éviter des déclarations de sinistres… Toute une stratégie avait été mise en place. La décrire ici n’apporterait rien, le temps de la dénonciation est terminé, c’est à la justice de se prononcer. Sachez  que des tensions (entre copropriétaires, entre locataires, entre copropriétaires et locataires…).  Les tensions, dans des quartiers populaires, les mettaient réellement en danger (des plaintes et des mains courantes furent déposées) …

Refusant ces sacrifices, je dus mettre en cause la gestion des syndics successifs (sinistres et comptabilité). En me contentant de montrer aux autres copropriétaires les défauts de gestion, j’obtenais la même réaction que Jésus, avec ses paraboles. Ceux à qui il s’adressait ne le comprenaient pas, mais les « puissants » de son époque comprenaient qu’il cherchait à instruire les « gens » de choses, qu’ils voulaient tenir, eux, toujours cachées. Ils voulurent le tuer…la suite, vous la connaissez ! Je fus donc, logiquement, pris pour cible !    

 Notre époque ne permet plus, aussi facilement, une mise à mort réelle (elle peut conduire au suicide), seulement à un harcèlement institutionnel, contre lequel certains paraissent immunisés, et savent y résister.

Résister suffit : dans le cas de cette copropriété, me prendre pour cible n’a pas réussi à FONCIA. Son aveuglement à surestimer mon influence et à se positionner, lui, le syndic n° 1 en France, en rivalité avec moi, l’a conduit au déni du risque qu’il prenait. Il ne gérait plus et cette absence de gestion a conduit  le conseil syndical à vouloir changer de syndic. Le 5 août, le tribunal ordonnait la nomination du syndic gestionnaire et de proximité.

Les résultats de cette recherche intervention m’ont certes amené à me conforter, dans mon hypothèse, exposée à la fin de l’article

« Sans reprendre  toute l’histoire de l’évolution de cette hypothèse de départ (qui suit la méthodologie de recherche, exposée dans le mémoire de master 2 (cf. page recherche), je remets en cause, in fine, non pas le meurtre fondateur, mais son récit. Il est beaucoup plus simple (on ne se heurte pas aux difficultés exposées dans la page recherche) et logique d’envisager le (ou les) comme le résultat de luttes entre deux (ou plus) dominants pour  le contrôle d’un territoire (d’une tribu…). » 

Et à faire la différence entre système sacrificiel, sacrifices humains et bouc émissaire…

Mais surtout, ils me permettent de rejoindre la théorie socioéconomique.

À l’heure, où le logement social est en crise, je vous ai présenté une copropriété, construite par un office HLM. La division entre logements achetés par des copropriétaires privés et logements destinés à la location par le bailleur social. C’est une solution de financement idéale, dans le contexte actuel.

Si vous ne l’avez pas deviné, je vous l’écris, les copropriétaires sacrifiés étaient tous des immigrés (ou issus de l’immigration). Il n’y a aucun racisme, du moins je pense, chez les institutions, qui leur ont vendu ces appartements, simplement des considérations de revenus.

La tentation pour certains, de jouer sur ces différences, n’a pas réussi.

La venue du nouveau syndic gestionnaire doit permettre de calculer les coûts cachés pour la collectivité, des mises en tension des résidents de la copropriété. Et de montrer (en essayant de le chiffrer) le gain d’un « vivre ensemble » concret, qui permette d’ériger en modèle, ce type de financement des logements sociaux.

Le jugement d’appel est paru, vous pouvez le consulter et le télécharger en cliquant sur le lien de l’article, modifié le 14/10/2024

https://2avsto.fr/2024/05/22/le-lac-sacre-cette-bd-qui-a-inspire-des-methodes-daction-syndicales-integrant-les-atypiques-et-utilisees-dans-les-deux-recherches-intervention-decrites-sur-ce/

Synthèse des Résultats théoriques de mes Recherches : Sacrifice, Sacré, Harcèlement, et manif pour tous

Abraham et son fils, fin des sacrifices humains ?

La manif pour tous : Ce mouvement n’existe plus, il a disparu. Il fut, pour moi, un formidable terrain d’observation, pour  concevoir le cadre théorique des 2 recherches intervention.  Ce terrain, dans cet objectif, se réduisit à la connaissance de cette figure atypique, qui se faisait appeler Frigide BARJOT. Si elle n ‘évoque plus grand-chose pour vous, et que vous vous intéressez à mes écrits, regardez cette vidéo, publiée sur le blog de Caroline FOUREST

Commentaire de Caroline Fourest : Affrontement patient mais ravageur dans « On n’est pas couché », en plein débat sur le Mariage pour tous.

Et  pour une meilleure compréhension de cet article, visionnez la courte vidéo de notre (France) ex-fleuron, pionnier (avant You Tube) de la vidéo en ligne DAILY MOTION

Frigide Barjot : Elle évoque Karl Zéro et fond en larmes sur D8 – Vidéo Dailymotion

Vous voyez, à l’écran, une femme, proche de ce que l’on appelle un burn-out, entourée d’autres, aussi connues qu’elles. Je peux ajouter qu’elles se rencontraient, avec sympathie, « dans les mêmes lieux de la Nuit Parisienne » que Frigide/Virginie, avant qu’elle trouve  ce slogan génial (La Manif pour Tous) et fonde l’organisation éponyme, permettant à un million de personnes, à chaque manifestation du premier semestre 2013 (beaucoup plus, lors de celle du 24 mars 2013) de montrer leur opposition au projet de loi, dit du mariage pour tous. Vous pouvez contester le chiffre d’un million et lire 300 000 (ou moins), peu importe.

Dix ans plus tard, Frigide/Virginie a été interrogée pour savoir si elle regrettait son engagement : « Vous rigolez, c’est une blague », a-t-elle assuré au micro de RTL, vendredi 21 avril 2023.

Je ne vous raconterai pas ce qu’elle a fait pour surmonter cette épreuve. Par contre, ce que je vais vous révéler, vous ne le lirez nulle part. Je ne suis pas ici dans une position de journaliste, mais bien dans celle de chercheur.

J’avais vécu les évènements de l’intérieur (simple manifestant, mais de Lyon, ville d’origine de Frigide/Virginie). Ni elle, ni son frère ne purent/voulurent m’expliquer pourquoi elle était éloignée de son organisation depuis avril 2013.

Je la revis, lors de l’université d’été 2013 (28 au 31 août) de La Sainte Baume, dans l’abbaye tenue par des Dominicains. Des conférenciers, intervenants dans les manifestations de 2013, pour la quasi-totalité, avaient été invités, dont Ludovine de la Rochère, devenue présidente de la Manif pour tous, et qui avait « remplacé » Frigide/Virginie, à la tête du mouvement, lors de la dernière manifestation du 26 mai 2013. Mais Frigide/Virginie n’avait pas eu droit  à cette invitation, et ne fut pas autorisé à venir le premier jour, pour discuter avec Ludovine, mais seulement le deuxième jour, et « débarqua » visiblement épuisée, en tombant dans les bras du  frère dominicain, l’ayant autorisé  à venir, sans avoir le « droit » de donner une conférence.

Je n’entendis pas leurs échanges, mais vit le geste du frère, dont je compris, aisément, la signification, plus tard. Ce fut le point de départ de mon hypothèse de recherche.

Il désignait la croix, en souriant, et à chaque fois que  Frigide/Virginie répliquait, il remontrait cette croix. C’est sûrement un détail, pour vous et parmi vous, pour ceux (j’écris même surtout), qui se proclament chrétiens (ou se réclament des valeurs chrétiennes). Mais, pour moi, je le reliai immédiatement, aux événements que je vivais dans le syndicat corrompu de la CFTC POSTES. J’ai relaté ces évènements, dans l’article : 

 A la CFTC POSTE, « on » me demandait de sacrifier à l’idole cftC(hrétiens) en sacrifiant les deux « personnes humaines », que je défendais, sous peine d’en « …subir les conséquences… » = être sacrifié moi-même.

A  la Manif pour tous, « on  sacrifie » sa fondatrice, porte-parole emblématique du mouvement, et lui est demandé d’accepter ce sacrifice. Frigide/Virginie ne l’acceptait pas et ne voulait qu’une chose : Savoir ce que Ludovine avait dit. J’appris, bien plus tard, qu’elle dénonçait publiquement son éviction de La Manif pour Tous, ce que niait l’« organisation » du mouvement. Je donnais le CD d’enregistrement de la conférence de Ludovine à Virginie. Elle ne me l’a  pas rendu, je ne peux donc vous le faire écouter.

Frigide avait les mêmes codes et expressions que les partisans du projet de loi, et les exprimaient mieux. Elle attirait à la Manif Pour Tous, les indécis. Ces partisans s’en aperçurent au nombre de participants à la première manif, et leur inquiétude rejoindra celle de certains  organisateurs de La Manif Pour Tous, inquiets de cette « image déjantée » qu’elle donnait et qui séduisait la majorité des manifestants.

A partir de cette date « FRIGIDE doit être éliminée » et elle le fut.

Il n’en reste pas moins qu’écrire sacrifice paraitra à beaucoup de lecteurs, très excessifs, en comparaison de la littérature, décrivant les « véritables » sacrifices humains » de civilisation passées :

Rosario ACOSTA NIEVA, « TEOTIHUACÁN », Encyclopædia Universalis Dans la Ciudadela, autour du temple de Quetzalcóatl, les archéologues ont dégagé 126 sépultures réparties en groupes de quatre à vingt, accompagnées de nombreuses offrandes. La disposition des mains derrière le corps, suggérant que les individus avaient été attachés, est une constante. Des sacrifices à grande échelle étaient donc pratiqués à Teotihuacán

« TEZCATLIPOCA », Encyclopædia Universalis  La fête principale de Tezcatlipoca se situait au cours du cinquième mois, ou toxcalt. Le grand prêtre choisissait alors un jeune et beau prisonnier de guerre qui, pendant un an, allait vivre dans un luxe princier et figurer le dieu ; quatre belles jeunes filles, vêtues comme des déesses, lui étaient attribuées pour compagnes. Le jour choisi pour la fête, il gravissait les marches d’un petit temple, en brisant les flûtes dont il avait joué, et, au sommet des marches, on le sacrifiait en lui arrachant le cœur

Rosario ACOSTA NIEVA, Alexandra BIAR, Mireille SIMONI, « AZTÈQUES », Encyclopædia Universalis Le trait de la religion aztèque qui frappa le plus les conquérants, et qui explique la violence de la répression contre l’idolâtrie, est justement cet extraordinaire « fleuve de sang » dans lequel baignait le Mexique. Plus la tribu prenait de l’importance, plus grand lui semblait son rôle historique et plus les sacrifices humains se multipliaient.

Kristofer SCHIPPER, « FENG [FONG] SACRIFICE », Encyclopædia Universalis Terme désignant des cérémonies importantes qui consacraient l’autorité divine des dynasties impériales de la Chine. Les sacrifices Feng s’accomplissaient au sommet et au pied du Taishan, la montagne sacrée de l’est de la Chine, dans l’actuelle province de Shandong.

Jean VARENNE, « SOMA, religion védique », Encyclopædia Universalis Mot sanskrit qui signifie simplement « jus » (obtenu par pressurage d’une substance végétale) et qui désigne dans la religion védique l’élixir d’immortalité, le nectar, l’ambroisie (amṛta). C’est parce qu’ils consomment quotidiennement le soma qui leur est offert en sacrifice par les hommes que les dieux conservent leur statut d’immortels (dans la perspective hindoue, les immortels sont ceux « qui vivent aussi longtemps que dure le cycle cosmique ») : lorsque le dernier brahmane aura offert le dernier sacrifice, les dieux disparaîtront avec l’univers tout entier.

Mais aussi

XIPE TOTEC », Encyclopædia Universalis

Henry DUMÉRY, « BANQUET RITUEL », Encyclopædia Universalis

Nicole SINDZINGRE, Bernard THIS, « CANNIBALISME », Encyclopædia Universalis Le terme « cannibalisme », formé… à partir de « cannibale », provenant lui-même de l’espagnol caníbal, altération de caribal, qui, dans la langue des Caraïbes, signifie « hardi » et, au figuré, « homme cruel et féroce », désigne le fait de manger de l’homme (l’anthropophagie stricte), ce qui correspond toujours, dans les sociétés où l’on rencontre cette pratique, à une institution rituelle.

Jean VARENNE, « HAOMA », Encyclopædia Universalis

Roger BASTIDE, « SACRIFICE », Encyclopædia Universalis

Jean VARENNE, « VEDA », Encyclopædia Universalis

Jean VARENNE, « VEDĀNTA », Encyclopædia Universalis

Claude-François BAUDEZ, « OLMÈQUES », Encyclopædia Universalis

Je me limite ici, volontairement, à la citation d’articles d’Encyclopædia Universalis, car ne prétendant pas être ce, que, communément, « on » appelle érudit, je ne peux sélectionner, de moi-même, la littérature, si vaste, sur ce thème. La sélection d’Encyclopædia Universalis peut être discutable, par des experts du domaine, mais son « sérieux » ne peut être contesté.

Cette lecture pourrait vous conforter pour affirmer que le mot « sacrifice » est  très excessif, et même, pour certains, totalement inapproprié. D’autant plus, qu’avec le CD fourni (ou sans), Frigide/Virginie put se reconstruire et aller sur son chemin, non de « catholique déjantée »… mais de politique avec Sens Commun et soutien à François Fillon   Mon chemin n’était pas le sien.

Deux chercheurs/observateurs du monde catholique, très différents (domaine de recherche, méthodologie….) ont publié deux ouvrages de référence (comme on dit). En marge de leur remarquable travail, ils ont semé des petits cailloux, conduisant à la démonstration du lien unissant le terme sacrifice à Frijide BARJOT.

Le premier s’est intéressé à la Manif pour Tous (pour critiquer, et démontrer sa thèse) dans son ouvrage majeur (tiré de sa thèse) TRICOU Josselin, Des soutanes et des hommes. Enquête sur la masculinité des prêtres catholiques. Presses Universitaires de France, « Hors collection », 2021, ISBN : 9782130825173. DOI : 10.3917/puf.trico.2021.01. URL : https://www.cairn.info/des-soutanes-et-des-hommes–9782130825173.htm

Les seules lignes sur les manifestations de 2013, sont : « Ce groupuscule (Homen) est issu de la radicalisation d’une partie du mouvement d’opposition, à la suite de la manifestation du 24 mars 2013, terminée dans la violence après des débordements volontaires du cordon de sécurité de la part de certains manifestants. »

Pour ne pas s’étonner, il faut lire son épistémologie (point de vue) :

Préface de Eric FASSIN  « Alors que les portes de l’Eglise se referment, c’est la position particulière qu’occupe ce chercheur qui rend possible une telle enquête -de l’intérieur, mais en dehors. S’il peut accéder à ses terrains, c’est qu’il est un « ex »… Josselin TRICOU s’inscrit ainsi dans une épistémologie féministe du point de vue. »

Dans l’ouvrage, Josselin TRICOU confirme cette épistémologie, en précisant le point de vue adopté, celui, féministe, d’une sociologue australienne : Raewyn CONNEL  « Il n’est pas neutre, en effet, que Connell propose de penser les masculinités selon le schéma gramscien de l’hégémonie culturelle, qui s’exprime comme une coercition idéologique. Connel précise : « emprunté à l’étude des rapports de classe d’Antonio GRAMSCI, le concept d’hégémonie culturelle renvoie à la dynamique culturelle par laquelle un groupe revendique et maintient une position sociale de leadership »  d’où son concept de « masculinité hégémonique » … La masculinité hégémonique peut être définie comme la configuration de la pratique de genre qui incarne la réponse acceptée à un moment donné au problème de la légitimité du patriarcat    et qui garantit (…) la position dominante des hommes et la subordination des femmes. » 

Ceux qui voudraient approfondir cette notion de Raewyn CONNEL, peuvent lire

VUATTOUX Arthur, « Penser les masculinités », Les Cahiers Dynamiques, 2013/1 (n° 58), p. 84-88. DOI : 10.3917/lcd.058.0084. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-dynamiques-2013-1-page-84.htm

Quant à moi, ce que je retiens, c’est la référence à Antonio GRAMSCI.

Cette référence est devenue universelle, dès qu’il s’agit de rendre compte de luttes politiques pour prendre le pouvoir.

Dans « la controverse », Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne, deux philosophes, l’un, français et chrétien, l’autre sénégalais et musulman, dans un débat au sommet, érudit et vivant, discutent les extraits du Coran qu’ils connaissent tous deux en arabe…Lorsque la question de l’islamisme est abordée, Souleymane Bachir Diagne l’évacue, avec pertinence, en notant, comme une évidence, qu’il faut le comprendre, selon l’analyse de Gramsci, et non chercher une explication religieuse.

Après le départ de Frigide de La Manif Pour Tous, la diminution du nombre des manifestants fut spectaculaire et lors de la dernière de 2013, le thème abordé par la conférencière, la plus applaudie, Marion MARECHAL-LE PEN fut l’islamisme.

Lorsqu’elle a « quitté » la vie politique pour créer son école, l’ISSEP, à LYON, elle a  fait référence à GRAMSCI.

Une telle référence commune, pour en rester à Frigide BARJOT et à la Manif pour Tous, permet de montrer les motivations (recherche du pouvoir) de ceux qui ont remplacé Frigide. Cette motivation est la même, exprimée explicitement, chez Josselin TRICOU.

Qui dit recherche de pouvoir, dit besoin d’adversaires/repoussoir. Lorsque ces adversaires se reconnaissent les mêmes motivations, vient le respect de cet adversaire et le mépris de ceux qui ne veulent ni « sacraliser » ce combat, ni oublier son objet. Le qualificatif « bisounours », désignant ceux qui suivaient Frigide et la Manif pour Tous, sans être opposé à une union de couples du même sexe, est employé par Josselin TRICOU et par François BILLOT DE LOCHNER (président de la fondation de service politique, ayant œuvré à la « radicalisation » de la Manif pour Tous).  

Quel paradoxe !? En évoquant la manif pour tous, sous le seul angle politique, évacuant complétement les arguments mis en avant par nombre de soutiens intellectuels et ecclésiastiques sur la rupture anthropologique du mariage pour tous, Josselin TRICOU valide le point de vue de sa thèse, malgré (ou grâce) à son biais épistémologique sur les quelques lignes évoquant la manif pour tous.

Au-delà de sa thèse (très intéressante, mais non commentée dans cet article, car hors sujet), l’important a été de montrer que la  notion d’anthropologie  chrétienne doit être questionnée. Existe-t-elle (toujours ?) ?

Le deuxième est Docteur-HDR en histoire et spécialiste de l’histoire des missions chrétiennes.

Pour ceux qui s’intéresserait à cette recherche et veulent avoir une idée du contenu du livre, avant de l’acquérir, je donne la possibilité de télécharger un article de l’auteur.

Après le début de son livre, issu lui aussi d’un travail universitaire, Jean-Baptiste Pompallier – Vicaire apostolique des Maoris (1838-1868)  « Après vingt ans de combat, c’est seulement en 2002 que les Maoris ont enfin pu rendre à leur terre la dépouille de Jean-Baptiste Pompallier, premier vicaire apostolique d’Océanie occidentale en Nouvelle-Zélande de 1838 à 1868. À peu près oublié en France, cet évêque missionnaire est aussi connu sur ces terres lointaines que Lafayette l’est aux États-Unis. C’est lui, de fait, qui domina largement la scène religieuse et politique de la Nouvelle-Zélande au cours de ses trente années de présence »  Yannick ESSERTEL, inscrit son étude dans les différents enjeux de pouvoirs qui s’entremêlent sur le territoire de la  Nouvelle-Zélande entre 1838 et 1868…. La présence des missionnaires catholiques, des missionnaires protestants, des puissances coloniales et de colons de diverses origines multiplient les risques de conflits. Si les buts sont différents entre la sphère politique et la sphère religieuse, l’enjeu reste le même : l’extension du pouvoir de chacun sur de minuscules territoires avec ou sans l’assentiment des populations locales.

Dans ce livre est souligné la plus grande réussite de ce vicaire (au vu des objectifs ci-dessus): la conversion au catholicisme des îles de Wallis et Futuna

(Le vicaire vient après la désignation du meurtrier de Pierre Chanel comme roi)… « Après un kawa et une conférence entre les chefs et les habitants, Sam (le premier catéchiste autochtone) est désigné roi. Premier roi catholique, il est baptisé sous le nom de Petelo (Pierre en futunien) ainsi que la reine, sa fille et cent dix-sept habitants. Puis, le vicaire apostolique se rend sur les lieux de la mort de Chanel. Une messe solennelle est célébrée sur ce lieu désormais tapu (« sacré », c’est-à-dire intouchable), puis une croix est dressée. Tous les restes de « chair rouge » et les graviers teintés de sang sont ramassés et enterrés au pied de la croix. Après cet épisode qui marque le triomphe de l’Evangile sur l’île, les missionnaires confessent, baptisent et confirment du 5 au 8 juin. Pour les futuniens, Pierre Chanel devient l’apôtre fondateur de leur Eglise à Futuna. Le vicaire apostolique a tout lieu d’être satisfait : Il laisse derrière lui deux îles totalement converties, …Il a géré l’après Chanel…

Cet extrait du livre mène à la confrontation du cas de FRIGIDE, avec le schéma de la victime émissaire, théorisé par René GIRARD. Ce schéma a été, par exemple, décrit par   Pierre PACHET, « GIRARD RENÉ (1923-2015) », Encyclopædia Universalis . Je le cite, parmi tant d’autres, ayant autant de légitimité (sinon bien plus) à se réclamer de René GIRARD, car il emploie directement le mot sacrifice, sans passer par l’expression « victime émissaire »

« Le mécanisme » découvert et exposé dans La Violence et le sacré est celui de l’élection d’une victime qui se voit divinisée après avoir été sacrifiée. … Girard « révèle » une scène archaïque et fondatrice dont il ne peut exister de compte-rendu direct, mais dont il affirme qu’elle explique de façon rationnelle et complète l’ensemble des rituels, en particulier le sacrifice, mais aussi l’universalité d’objets comme les masques, ou de croyances hallucinatoires aux « doubles », aux monstres. Cette scène que les sociétés rééditent dans des rituels met aux prises l’ensemble des membres d’un groupe qui, plongés dans une crise née de l’affolement du désir mimétique (lorsque, comme chez Hobbes, tous sont en lutte contre tous), risquent de détruire leur communauté même. Le meurtre d’une victime de rencontre par la communauté dès lors rassemblée, autrement dit le sacrifice, les délivre de cette catastrophe, et les introduit au monde du sacré (« c’est la violence qui constitue le cœur véritable et l’âme secrète du sacré ») et de la religion. »

Et si  elle n’est pas morte, ni devenue la déesse Virginie, il s’agit bien d’un sacrifice, au sens où la présence de FRIGIDE gênait l’ensemble des « puissants », intervenants dans ce projet de loi.

Dernier élément pour comparer le schéma de Girard, décrit par Pierre PAGET: Les chemins de Frigide/Virginie et les miens se croisèrent, de nouveau, au moment de la loi sur la PMA pour toutes. Invité à une réunion de Lyon, préparant la manif de cette ville, j’intervins pour m’étonner de l’absence de celle, ayant permis de rassembler le million de personnes à chaque manifestation du premier trimestre 2013. La réponse entre dans la catégorie de la langue de bois (ou de « buis »). Je ne l’ai pas retenu et ne la citerai donc pas. Après la réunion, durant la séquence des échanges libres, j’eus l’occasion d’en apprendre plus sur l’organisation nouvelle du mouvement « La Manif pour Tous ». Je compris qu’elle avait été pensée pour empêcher Virginie d’y revenir…Et aux silences et détournements de regards pour éviter d’échanger, que la majorité présente dans cette réunion, en était consciente. Seuls, quelques-uns vinrent « spontanément » me parler. Je le fis volontiers, car il s’agissait des organisateurs de la manif lyonnaise d’avril 2013, présentés dans la presse locale, comme opposés aux (quelques) manifestants, tentant d’expulser Frigide/ Virginie de la Manif Pour Tous.

Doutez des informations, issues de la Presse. Ces organisateurs ont justifié l’organisation du mouvement « La Manif pour Tous » et assumé son objectif d’empêcher Virginie d’y revenir. « Ce qu’elle propose est pire que ce que propose le gouvernement… »

Virginie m’appela, quelques jours après. « Informée »  de mon intervention (qui aurait eu, selon elle, un grand retentissement au sein de La Manif Pour Tous, où elle avait des informateurs), elle me demandait d’intervenir à PARIS, lors de la réunion nationale de La Manif Pour Tous, où, elle aurait débarqué, avec ses partisans, pour se faire accepter, comme une porte-parole légitime…

J’ai refusé et essayé de  lui en expliquer les raisons. En vain, … je lui « raccrochais au nez ». Juste avant, elle venait de m’expliquer que son éviction aurait été voulue par les évêques français, que la cause, qu’elle défendait, était La Cause à Défendre  et valait ma participation…Bref ou =, elle avait participé au sacrifice de Frigide, l’humoriste devenue « la catholique déjantée » était redevenue Virginie…

Le mécanisme est donc le même, et comme il est atténué (pas de meurtre), il reste caché. La révélation du mécanisme victimaire par le christianisme est elle aussi fondamentale que l’affirme René GIRARD ?

En effet, Girard, après son travail anthropologique, abouti dans La Violence et le Sacré, se lance, avec toujours une méthodologie d’intertextualité, dans la comparaison des Evangiles et des mythes, en affirmant le caractère principal de Evangiles : sa valeur anthropologique (ce fut affirmé aussi, par Simone Weil, philosophe du 20ième siècle, adepte des méthodes de terrain). Il s’appuie sur l’Evangile de Saint-Jean pour le démontrer, introduisant, par-là, un biais épistémologique. Cet Evangile, le dernier chronologiquement, est déjà théologique.

Ce qu’il ne voit pas, c’est que les débats théologiques deviennent un enjeu de pouvoir dans la chrétienté. De ce fait, les querelles théologiques ne pouvaient que « sacrifier » l’anthropologie des Evangiles, qui devint cachée et oubliée. Le mécanisme victimaire pouvait se perpétuer. Et, de fait, les querelles théologiques aboutirent à des reprises du mécanisme victimaire (exclusion, excommunication lors des conciles….)

Quel serait le message de Jésus, dont le contenu anthropologique pourrait différer de la théologie chrétienne, sans la contredire ? Il doit nécessairement pouvoir être le même pour ceux qui le considère comme Dieu et ceux qui le tiennent pour un prophète. Or les paroles de Jésus et son message ne sont explicites que dans ce que l’on appelle « Les Béatitudes », et ses actes (dont la femme adultère), très bien analysés par René GIRARD, montre un Jésus, comprenant (ne les désapprouvant pas) les enjeux de pouvoir (de prestige…), mais refusant de participer aux querelles, en découlant, ni surtout pas à un sacrifice humain (épisode de la femme adultère), tout en ayant conscience que cette non-participation, le désigne aux yeux des « puissants » comme une « victime à sacrifier » . La Croix est l’acceptation des conséquences ultimes d’un tel refus…

Ce n’est qu’après que vient la théologie, comme l’a compris James Alison, théologien dominicain catholique qui a écrit « Le péché originel à la lumière de la Résurrection »Partant de la conception des rapports humains proposée par le modèle mimétique de René Girard, l’auteur suit …, dans les Écritures, le progrès d’une compréhension toujours plus complète et nouvelle des phénomènes victimaires …

Je cite James ALISON, car il a compris qu’une anthropologie ne peut être imposée, elle s’impose d’elle-même. Je peux la décrire ainsi, car l’anthropologie du sacrifice a évolué dans le monde, c’est ainsi qu’un psychiatre libanais, a pu écrire dans un article

https://www.lorientlejour.com/article/1422114/entre-le-refus-et-le-refuge

« …Quant à l’idéologie du sacrifice, elle était nécessaire pour donner un sens à l’existence collective. Ceux qui se sacrifiaient pour la survie du groupe étaient vénérés comme des héros ou des martyrs. Ce concept a aidé les individus à accepter que leurs droits à une vie satisfaisante, luxueuse et digne devaient parfois passer après ceux de leur peuple à vivre en liberté et en sécurité. Au cours du siècle dernier, le concept de sacrifice n’a pas disparu, mais a évolué vers le besoin pour l’individu de se sacrifier pour de nouveaux concepts tels que le développement personnel, les compétences et l’éducation. Ainsi, le sacrifice ne nécessite plus nécessairement de risquer sa vie, mais plutôt son temps et sa santé. Cette évolution de la notion de sacrifice a conduit la société à passer de l’héroïsme et du martyre à la victimisation. Tout préjudice physique qui menace la survie d’un individu est désormais perçu comme une injustice infligée par la société, alors que dans les siècles passés, ce même préjudice aurait été vu comme un acte héroïque de la part de l’individu. Dans le cas des réfugiés, cette tendance à la victimisation place les sociétés d’accueil dans une position de responsabilité voire de culpabilité si elles ne répondent pas aux demandes de protection et de refuge, même au détriment de leur propre prospérité.

En conclusion, il n’est pas pertinent de refuser le refuge à des êtres humains au Liban, car cela irait à l’encontre du cours du temps, de l’évolution et de la logique. Cependant, nous devons être conscients que certaines composantes de l’approche facilitant le séjour des réfugiés au Liban épuisent le pays et le conduisent vers la désintégration, un résultat qui, s’il s’accomplissait, menacerait le concept même sur lequel reposent les Nations unies, organisation principale dans la défense des droits des réfugiés, bien qu’elle soit conçue pour défendre les droits des nations… »

  Rami BOU KHALIL, MD, PhD n’a, peut-être, pas lu GIRARD, mais a parfaitement compris qu’avant la promotion de l’individu, le sacrifice était nécessaire pour donner un sens à l’existence collective. Il était la norme qui s’imposait et que l’on imposait (d’où la désignation de la Croix pour faire accepter ce sacrifice).

Seule ma méconnaissance des codes sociaux me fait remarquer un tel geste et l’interpréter comme le signe de la persistance des sacrifices humains (et des mécanismes victimaires), alors que la victime ne s’en offusque pas et finira par l’accepter.

Seule cette méconnaissance peut me faire assimiler à un « petit » comprenant mieux l’une des béatitudes : « Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés » (Mt 5, 6) consistant à dévoiler les sacrifices humains préparés par une coalition des « puissants » – ceux qui ont le pouvoir (petit ou grand) d’agir » et d’en accepter les conséquences sacrificielles (ou don ?) possibles. Dans un monde occidental, où les « droits de l’individu » sont la valeur suprême, l’emploi du mot sacrificielles n’est pas déplacé, même si le risque d’être tué est faible (mais non nul). Il suffit, pour être convaincu, d’étudier les lois sur le harcèlement, et les articles qui, pour protéger, ceux qui « dévoilent » de tels faits, menacent de sanctions lourdes, ceux, qui pourraient être tentés de « s’en prendre » à ce type de lanceurs d’alertes.

Les deux recherches intervention avaient pour but de vérifier ce qui n’était qu’hypothèse, à l’époque

Je l’ai validé.

Un harcèlement institutionnel n’est qu’une particularité de la pratique des sacrifices humains, notion « moderne », exposée dans cet article. Cette pratique sera détaillée dans un autre article, à paraitre fin septembre. Il sera basé surtout sur l’expérience de la recherche/intervention dans une copropriété. Et détaillera la conséquence principale de ces résultats dans la théorie mimétique de René GIRARD. Elle est politique : Pour lui, la révélation du mécanisme victimaire par le christianisme … orienterait le monde vers une apocalypse destructrice, la montée aux extrêmes (cf. Achever Clausewitz 2007, Carnets nord), d’où la réponse de Jean-Marc BOURDIN

à la question “Quelle action politique nous inspire la pensée de René Girard”, « je crains qu’il n’y en ait à proprement parler aucune »

Avec ces résultats, une philosophie de l’action, y compris politique, peut s’élaborer.

Je prendrai, donc, principalement, l’exemple de la copropriété. A la différence d’une entreprise, où des collectifs peuvent s’organiser en contre pouvoirs (je suis à la CGT, qui protège, réellement, les lanceurs d’alerte), la copropriété, sauf exception, est une organisation d’individus, avec des identités multiples (origine, religions…) défendant leurs intérêts individuels (les rivalités y sont donc exacerbés). Les « puissants » le savent et peuvent se croire tout-puissants pour défendre les leurs (intérêts…) jusqu’à attaquer les lanceurs d’alerte.

Mais, sans attendre, je peux montrer, avec l’actualité de la Nouvelle-Calédonie, une action politique possible. Dans l’article de Yannick ESSERTEL, (que vous pouvez télécharger ci-dessus), est mentionné le cas de la Nouvelle-Calédonie. Dans son livre, Yannick ESSERTEL montre l’action de Jean-Baptiste POMPALLIER, défendant les Maoris, en révolte, suite au non respect des accords conclus avec l’autorité coloniale britannique. Son action fut prudente, pour éviter que les Maoris se sacrifient (le mot est de moi) dans une guerre totale.

Aujourd’hui, les accords d’Ouvéa ne sont pas respectés: Ils prévoyaient une aide au développement économique du peuple Kanak. Ils représentent 40 % de la population, mais comptent 70 % de pauvres. Comme le dit, un leader syndical Kanak, dans la revue CGT des retraités : » Le seul secteur qui embauche, aujourd’hui, est l’armée ». La politique menée, aujourd’hui, conduira à sacrifier le peuple KANAK: « …est une reproduction de ce qui s’est déjà passé en 84…(propos d’une étudiante kanak dans la vie ouvrière du 17 05 24) = remise en cause intégrale des accords d’Ouvéa. Faire reconnaitre cette politique comme une politique semblable à une politique coloniale britannique, pratiquée chez le peuple Maori, au 19ième siècle, est une action politique

Les articles suivants, selon une périodicité aléatoire, analyseront des cas réels, à la lumière de ces résultats, avec les conséquences économiques et en sciences de gestion. Cette recherche permet d’appréhender, ce qui se cache dans l’expression :« Toutes choses égales par ailleurs »…

 Sans reprendre  toute l’histoire de l’évolution de cette hypothèse de départ (qui suit la méthodologie de recherche, exposée dans le mémoire de master 2, (cf. page recherche), je remets en cause, in fine, non pas le meurtre fondateur, mais son récit. Il est beaucoup plus simple (on ne se heurte pas aux difficultés exposées dans la page recherche) et logique d’envisager le (ou les) comme le résultat de luttes entre deux (ou plus) dominants pour  le contrôle d’un territoire (d’une tribu…). Mais je la pose, simplement, comme hypothèse intéressante à étudier, car elle implique une anthropologie ontologique!

Le Lac Sacré : Cette BD qui a inspiré des méthodes d’action syndicales, intégrant les « atypiques » et utilisées dans les deux recherches intervention décrites sur ce site

Le lac sacré raconte une histoire anachronique (avec une discrète touche « romantique »), faussement historique, mais se situant dans l’Histoire de la rivalité Sparte/Athènes. Sparte tente d’établir son hégémonie sur les autres villes

Un jeune Athénien, Orion, reçoit la mission de Périclès : Pour avoir le temps de préparer sa défense contre les attaques de Sparte, le Stratège d’Athènes l’y envoie comme espion et le charge de faire diversion. Il provoque un soulèvement des Ilotes (esclaves), qui tentent de fuir la cité.  Il reçoit  l’aide d’Hilona, la belle esclave, et son amour.

Poursuivis par l’armée Spartiate, les fuyards survivants parviennent à regagner Athènes. L’armée Spartiate ne veut pas affronter Athènes et demande la livraison d’Orion. Périclès refuse et le général spartiate doit se contenter d’Hilona, comme trophée à ramener à Sparte, en « sacrifice ». Se contenter, car Hilona est une femme esclave (c’est-à-dire rien dans la culture grecque, d’Athènes et de Sparte).

Considérant qu’une BD reflète la culture de son époque, j’ai déduit que la poursuite par l’armée Spartiate, d’un seul homme, pour se venger de l’humiliation infligée par cet Homme à la ville la plus puissante du pays, n’était peut-être pas invraisemblable.

Etant incapable d’agir dans un collectif, j’ai créé une méthodologie d’action s’inspirant de cette histoire, pour agir dans le cadre syndical, dans des services où les méthodes d’actions historiques (grèves notamment) sont inopérantes. La lutte des classes n’est pas un fantasme : Les conditions de travail sont les plus dures, lorsque l’employeur, quel que soit son statut, sait que les grèves sont quasi-impossibles (pour quelque raison que ce soit).

Cette méthodologie a été utilisée aussi dans la recherche intervention d’une copropriété. Le syndic professionnel, qui ambitionne d’être le n° 1 en Europe, a joué un rôle central, non prévu, dans cette recherche, se conduit comme l’armée spartiate (dans la BD, bien entendu).

Ce syndic est incapable de comprendre que j’ai agi, ces deux années, non pas en accord, mais en liaison avec le conseil syndical.

Il m’a donc attaqué seul, cherchant à m’isoler. Là, où il rejoint le comportement de l’armée spartiate, c’est qu’après m’avoir cité directement au tribunal correctionnel, et vu ses demandes rejetées, il fait appel. C’est l’indice de ce que je nomme « un emballement mimétique »

Il savait, au moment de cet appel, que cette citation directe avait permis d’atteindre mon but : déposer une plainte auprès du doyen des juges d’instruction.

Lors de l’audience d’appel, j’ai expliqué ( cf article

« … L’avocate d’EMERIA se fit encore plus insistante qu’au tribunal correctionnel, pour que j’explique le mécanisme d’escroquerie et de détournement de fonds, en me prêtant des phrases et en citant des chiffres, que je n’avais pas écrits.

Pour moi, me définissant comme lanceur d’alerte, cette plainte signifiait que je donnais à la société, représenté par le doyen du juge d’instruction, les éléments dont je disposais. La « Société » devait se prononcer sur ces éléments, et je n’avais pas à m’immiscer dans son « avis/ordonnance » à rendre, ni même à révéler les éléments produits (ou non)... »

Mais vous pourrez en juger, par vous-même, le jugement en appel est arrivé.

FONCIA et EMERIA (en particulier Mme REYMONNET) sont satisfaits. 

Compte tenu des arguments retenus par le tribunal, nous trouvons qu’il constitue une illustration parfaite de l’article.

Citation directe de FONCIA : Le jugement !

Vous pouvez lire que FONCIA fait appel.

Le jugement d’appel est paru, vous pouvez le consulter et le télécharger en cliquant sur le lien de l’article, modifié le 14/10/2024

https://2avsto.fr/2024/05/22/le-lac-sacre-cette-bd-qui-a-inspire-des-methodes-daction-syndicales-integrant-les-atypiques-et-utilisees-dans-les-deux-recherches-intervention-decrites-sur-ce/

C’est aussi l’occasion de réfléchir à la justice, en visionnant la première partie de la conférence remarquable, donnée par Hervé VAN BAREN, lors de l’AG de l’association de recherche mimétiques.

Vous pouvez voir la deuxième partie en allant sur le site de l’ARM ou en lisant l’article du blogue L’Emissaire : https://emissaire.blog/2024/03/16/inceste-et-justice/

Robert BADINTER et la peine de mort, un changement anthropologique ? Retour sur les mots autisme et harcèlement pour comprendre cette interrogation

Des textes publiés après la mort, j’en ai extrait deux, représentant non pas des points de vue opposés, mais des points de vue différents.

1- Une réflexion de Bernard Perret sur l’action de Robert Badinter à la lumière de l’anthropologie de René Girard. Extrait de l’article https://emissaire.blog/2024/02/13/robert-badinter/

« Le bruit de la lame qui coupe un homme vivant en deux » : Robert Badinter, René Girard et la peine de mort

Je ne connaissais pas Robert Badinter et n’ai rien à ajouter aux nombreux hommages qui lui sont rendus. En me fondant sur ce que tout le monde sait, je me limiterai ici à évoquer quelques aspects de sa vie et de son action qui méritent de retenir l’attention des lecteurs de René Girard.

Il est courant dans certaines sphères de fustiger l’universalisme abstrait de l’idéologie des droits de l’homme par opposition implicite au caractère incarné de la charité chrétienne. Or, ce n’est pas une idée abstraite qui a poussé Robert Badinter à faire de l’abolition de la peine de mort le combat de sa vie, mais l’exécution le 28 novembre 1972 de Claude Buffet et Robert Bontemps, une exécution à laquelle il était professionnellement tenu d’assister en tant qu’avocat. Lors du procès de Patrick Henri en 1977, dans la plaidoirie qui sauva la tête de l’accusé (un meurtrier, sans l’ombre d’un doute), il évoquait le « bruit que fait la lame qui coupe un homme vivant en deux ». Le souvenir de ce moment ne l’a jamais quitté et il y revint plus d’une fois dans sa vie. Le malaise que provoque désormais l’idée même d’un corps coupé en deux n’a rien d’anodin, c’est un marqueur significatif du changement intervenu dans notre regard sur la violence. L’exécution capitale des condamnés, faut-il le rappeler, fut longtemps un spectacle public, une sorte de fête barbare censée édifier la foule, rappeler chacun à ses devoirs et renforcer le lien social. Pour un lecteur de René Girard, la découpe brutale d’un corps vivant évoque inévitablement le lynchage par démembrement. En 1972, justement, dans La violence et le sacré, Girard soulignait la continuité entre les processus victimaires, les rites sacrificiels et la peine de mort :

« La notion de peine légale ne peut être détachée du mécanisme fondateur. Elle remonte à l’unanimité spontanée, à la conviction irrésistible qui dresse la communauté entière contre un responsable unique. »

Dans les anciens rituels judiciaires comme dans les sacrifices sanglants, la communauté entière était concrètement ou symboliquement associée à la mise à mort. À la fin du siècle dernier il n’était plus possible de montrer la mise à mort et les exécutions au petit matin, en catimini, avaient déjà un caractère honteux, ce qui n’empêchait pas la majorité de la population d’y rester favorable. Mais les temps changent et certains changements paraissent irréversibles. Comme le montre Girard, le christianisme, à défaut de faire reculer la violence, prive définitivement les sacrifices sanglants de légitimité et de pouvoir pacificateur. Même aux États-unis, l’abolitionnisme progresse dans l’opinion.   

Dans le passage cité plus haut, Girard soulignait à quel point la procédure judiciaire peine à éliminer totalement l’élément d’arbitraire inhérent au mécanisme victimaire :

« Elle a donc un caractère aléatoire qui n’est pas toujours méconnu puisqu’il apparaît ouvertement dans bien des formes intermédiaires entre le religieux et le judiciaire proprement dit, dans l’ordalie, notamment. »

Robert Badinter ne croyait pas Bontemps coupable de meurtre, et ce doute contribua semble-t-il à sa décision de faire de l’abolition de la peine de mort le combat de sa vie. Un combat sous-tendu par un rejet conscient et déterminé de l’injustice du principe sacrificiel – la raison supérieure qui conduit à prendre le risque de condamner à mort un innocent en vertu de l’antique conviction qu’« Il y a intérêt à ce qu’un seul homme meure pour le peuple. » La double exigence de mettre la justice au-dessus de la violence, privée et à distance de l’esprit sacrificiel, est au cœur de son discours du 17 septembre 1981 à l’Assemblée nationale. Après avoir démonté la thèse de la valeur dissuasive de la peine de mort, voici en effet ce qu’il déclarait :

« La mort et la souffrance des victimes, ce terrible malheur, exigeraient comme contrepartie nécessaire, impérative, une autre mort et une autre souffrance. A défaut, déclarait un ministre de la justice récent, l’angoisse et la passion suscitées dans la société par le crime ne seraient pas apaisées. Cela s’appelle, je crois, un sacrifice expiatoire. » 

C’est au nom de la même volonté d’instituer une justice plus civilisée et donc plus civilisatrice, dépassant la « loi du talion », qu’il avait fait de l’amélioration des conditions de vie en prison l’un des axes de son action au ministère de la Justice. 

Ajoutons ceci pour conclure : Robert Badinter se tenait à l’écart des surenchères victimaires dont la marée montante avait été vue de manière prémonitoire par René Girard. Ce juif était avant tout un républicain imprégné du meilleur de l’universalisme français. Malgré la mort de ses parents en déportation, son point de vue sur l’histoire n’était pas d’abord celui d’un membre d’une communauté persécutée. C’était en citoyen du monde attaché aux libertés et aux droits de tous les hommes, qui s’inquiétait du retour de l’antisémitisme et d’autres vieux démons. Quand on voit ce qui se passe aujourd’hui en Israël, et même en France, c’est une attitude suffisamment rare et précieuse pour être louée.

2- Un éditorial de Olivier Frèrejacques, Président de Liberté politique, adoptant un point de vue politique et critique sur l’action de Robert Badinter, mais citant sa source : « Cet éditorial est librement et partiellement inspiré de la thèse défendue par le professeur Jean-Louis Harouel dans son ouvrage Libres réflexions sur la peine de mort paru en 2019 aux éditions Desclée de Brouwer »

Les hommages presque unanimes après le décès de Robert Badinter ne portent pas seulement la marque du conformisme. Ils rappellent combien l’intelligentsia et les castes politiques au pouvoir, ou désirant y accéder, sont imprégnées de l’idéologie anti-pénale du défunt ministre socialiste.

 Le martyr du criminel
 
L’inversion des valeurs dont il est souvent question dans notre époque, sans que celle-ci soit vraiment décrite, se retrouve parfaitement dans la méthode de Badinter. Il s’agit avant tout d’excuser, d’humaniser voire de réhabiliter le criminel. La victime est oubliée, on nie son existence et sa souffrance ainsi que celle de ses proches. Sorte de pardon chrétien devenu fou, le mécanisme de pensée de Robert Badinter rejoint celui de Victor Hugo dans Le dernier jour d’un condamné. L’écrivain prend soin de ne parler que de celui qui va être exécuté, pas de sa ou ses victimes. A-t-il violé une enfant ? Égorgé des innocents ? Peu importe, il faut sauver le criminel.
 
Ce renversement de situation au profit du coupable est non seulement une inversion des valeurs mais aussi un mécanisme relativiste qui profite à une confusion entre le bien et le mal. Sous couvert de valeurs chrétiennes, on absout ici-bas le pire au détriment des faibles : les victimes, en oubliant que sans justice, il n’y a pas de paix et que le pardon ne peut donc pas s’exprimer clairement. Celui qui contestera l’abolition sera considéré comme un paria, un arriéré.
 
L’échelle des peines
 
Il n’est pas ici question de faire un réquisitoire pour la peine de mort, quoique le simple fait que son abolition ait été faite contre l’avis de la majorité puisse être critiquable. La suppression de la peine capitale par le ministre Badinter a provoqué un désarmement judiciaire, alors même que les exécutions étaient devenues très rares ; on n’en comptera que six dans la décennie 70.
 
L’utilité de ce châtiment résidait d’ailleurs plus dans son existence que dans son application, puisqu’il permettait de fixer une échelle des peines.
 
La peine de mort comme peine suprême a été remplacée par la perpétuité… « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! ». La machine était lancée. En effet, pourquoi interdire la peine de mort au nom de l’humanité mais tolérer un enfermement à vie ? Cette peine pouvant être considérée comme certains pire qu’une exécution. Par ailleurs, des pourfendeurs de la peine de mort estiment que la réclusion à perpétuité est pire que l’exécution et qu’en cela elle est « une bonne chose ». Cet argument paraît dénué d’intelligence, la peine ne visant pas à infliger le pire mais à tendre vers la Justice et à protéger la société. Demain, les détenus pourront demander l’euthanasie pour détresse psychologique, ce qui rendra complètement caduque ce raisonnement. »
 

Je ne comparerai  pas les deux textes, Ils ont des points de vue différents, dont l’un (anthropologique) est aussi le mien. Mais en écrivant que Robert BADINTER aurait eu une « idéologie anti-pénale du défunt ministre socialiste. », Olivier FREREJACQUES adopte, sans le savoir, le point de vue anthropologique, reconnaissant que l’abolition de la peine de mort, fut (ou aurait pu être) un changement anthropologique majeur en France du siècle dernier.

Et effectivement, l’évolution des concepts de la justice s’est traduite par de nombreux articles universitaires, dont

 BéAL Christophe, « Justice restaurative et justice pénale », Rue Descartes, 2018/1 (N° 93), p. 58-71. DOI : 10.3917/rdes.093.0058. URL : https://www.cairn.info/revue-rue-descartes-2018-1-page-58.htm

Parent, I., Wemmers, J.-A. & Lachance Quirion, M. (2022). Le pardon de la victime de violence sexuelle : une question controversée dans les services de justice réparatrice. Criminologie, 55(1), 61–83. https://doi.org/10.7202/1089729a

Brodeur, J.-P. (1997). Justice distributive et justice rétributive. Philosophiques, 24(1), 71–89. https://doi.org/10.7202/027425ar

LECOMTE Jacques, « La justice restauratrice », Revue du MAUSS, 2012/2 (n° 40), p. 223-235. DOI : 10.3917/rdm.040.0223. URL : https://www.cairn.info/revue-du-mauss-2012-2-page-223.htm

C’est quoi la justice restaurative ?

Instaurer le dialogue entre des victimes et des auteurs de délit afin de prévenir la récidive et recréer le lien social, c’est le projet de la justice restaurative. Une pratique encore peu connue qui est mise en lumière dans le film « Je verrai toujours vos visages » de Jeanne Henry, racontant l’histoire d’ une victime d’inceste.

Cependant, le seul argument de l’article d’Olivier FREREJACQUES, méritant d’être discuté, du point de vue anthropologique : «  le simple fait que son abolition ait été faite contre l’avis de la majorité puisse être critiquable » ne l’est pas dans son article, car il est abordé du point de vue politique. Il est très intéressant de noter qu’avant, il écrit : « Il n’est pas ici question de faire un réquisitoire pour la peine de mort ».

Un changement anthropologique nécessite qu’il soit partagé par l’ensemble (ou en démocratie, par une large majorité) du groupe, où il a lieu (pays…). A l’heure actuelle, je ne pense pas que cette condition soit remplie, en France, sur le sujet de la peine de mort.

Ce thème du changement anthropologique est celui de mes recherches:

Je m’appuie sur la pertinence des concepts anthropologiques trouvés par René GIRARD, que j’exposerai dans la deuxième partie de l’article

Je m’appuierai  aussi, sur la recherche de Yannick ESSERTEL, historien/anthropologue, utilisant  deux autres concepts anthropologiques pour étudier la figure de Jean-Baptiste Pompallier, premier vicaire apostolique d’Océanie occidentale en Nouvelle-Zélande de 1838 à 1868. Ce qui rend fascinant, à mes yeux, une telle étude, c’est la volonté constante des Maoris de  rendre à leur terre, la dépouille, qu’ils ont obtenue, seulement en 2002.  

Cette volonté reflète la « sagesse » de ce peuple  illustrée par la citation

Il est nécessaire avant de publier la synthèse des résultats, de repréciser des termes pour que cette synthèse puisse être comprise.

En voici la raison

FONCIA m’avait cité directement devant le tribunal correctionnel, chambre presse, pour diffamation. L’audience a eu lieu le 16 janvier. Je ne connais pas encore le résultat, bien qu’il ait été donné au tribunal le 20 février. Mais je n’y suis pas allé, puisque ce résultat me sera envoyé par courrier.

J’ai compris, lors de cette audience, que FONCIA n’avait toujours pas compris ce que signifiait neuroatypique. En mentionnant FONCIA, j’avais bien intégré que, ce simple fait était un risque, (=un motif pour porter plainte contre moi).  Mon but était autre : Convaincre la majorité des copropriétaires de refuser le changement de comptabilité que FONCIA nous imposait, et l’approbation des comptes.

La juge a clairement exprimé son intérêt (ce qui ne présage pas du jugement rendu) pour mon argument de la tentative d’intimidation de la part de FONCIA (leur avocat a plaidé à la fin que la citation avait un but pédagogique, ce qui revient au même). FONCIA avait une deuxième avocate, qui a surtout voulu démontrer à la juge qu’il existait un droit de la copropriété, et qu’il n’était non pénal (sic !) et a utilisé le mot harcèlement… 

Et j’ai compris, après l’audience, avec l’interrogation d’un copropriétaire, voulant savoir, avec insistance si je ne m’étais pas effondré durant l’audience, l’attentisme de la quasi-totalité des copropriétaires, passifs devant la volonté du syndic de ne pas appliquer les décisions de l’AG 2023…Je fus invité à une réunion du conseil syndical, où la perception de  mon « image » avait visiblement changé.

Autisme et Harcèlement : retour sur des mots couramment employés, comme des formules magiques et à contresens !

Il y a beaucoup de mots, pas uniquement en français, dont le mésusage permanent, l’ignorance de sa définition oblige à revenir, sans cesse sur leurs emplois, comme, entre autres , autisme et harcèlement

Le mot autisme est lié, à mon regard de chercheur, et influe, à ce titre, ma perception des faits que j’observe et donc les concepts que j’emploie, dont le mot Harcèlement, que j’ai utilisé dans l’article, publié à la suite de réactions à des articles précédents, me parlant du « harcèlement » que j’avais subi (sous-entendu : Tu connais bien le sujet), ces réactions désignaient même l’harceleur (en l’occurrence l’harceleuse)….Bref, un mythe avait été créé, j’ai voulu y mettre fin. 

Mais si j’ai réussi, c’était mon objectif, à déconstruire ce mythe, dans le petit cercle de ceux qui  connaissaient « l’affaire » et à intéresser les personnes, ayant vécu des situations similaires, je n’ai pas, bien entendu, réussi à faire changer le regard sur les mots harcèlement et autisme.

Et suite à la réaction (ci-dessus) des copropriétaires, je ne pense pas que la compréhension de mes propos soit facilitée par le changement de mon image (à supposer que je l’interprète bien) ?

car comme le dit Julie DACHEZ,

Au début de la vidéo, réalisée à l’INA  (ceux qui s’intéressent à la recherche sur l’autisme peuvent la regarder, elle dure presque 1 h 30) :

 « Qui plus est, le fait de dépeindre les personnes autistes comme des génies en dit long sur l’autismophobie ambiant : le personnage autiste n’est intéressant, acceptable, que lorsqu’il est génial ». Il me faut donc aussi déconstruire ce mythe pour passer du concept de neuroatypique à celui d’atypique, et surtout éviter les phénomènes de « pensée magique » : Croire que je puisse mettre fin à la comptabilité frauduleuse, seul, ou/et choisir un nouveau syndic pour faire disparaitre, d’un coup de baguette, tous les problèmes…

Vous l’avez lu dans la  première partie  des résultats de mes recherche le diagnostic de l’autisme ne repose que sur l’observation de caractéristiques.  La majorité des autistes ont des caractéristiques d’hypersensibilité. J’ai des caractéristiques principales d’hyposensibilité, en particulier, celles liées à la douleur. Pour vous le faire comprendre, je m’étais cassé l’avant-bras vers 14/15 ans, après la journée de classe, j’avais repris mon vélo pour rentrer….48 h. après, mon père avait vu quelques larmes dans mes yeux et m’a amené aux urgences, d’où je suis sorti plâtrer….).

Cette caractéristique m’a permis, lorsque je fus, à l’âge de 9 ans à l’école, victime d’un harcèlement « collectif » de comprendre ses mécanismes : une « meute » qui pousse un « fort en gym » à jouer au combat de boxe avec « celui qui est à part ». Avant que la « meute » prenne le relais (moqueries…), j’avais, par ma caractéristique, acquis le « respect » des meneurs…et évité cette prise de relais.

J’appris ensuite de ces meneurs, qu’ils craignaient la « meute » et la compréhension d’une attitude non naturelle (chez moi) : Ripostez aux coups…. J’adoptais cette attitude à ma nature : J’appris à comprendre les réactions de « meute », détecter les « leaders », savoir quand s’opposer à une « meute », et quand faire le « dos rond » … Au lieu de devenir « bagarreur » et voulant être tranquille, en groupe, j’ai acquis la connaissance d’y parvenir, quand la nécessité se faisait sentir : Provoquer le leader, échanger quelques coups, lui en donner un qui montrait ma force, mais se retirer sur un coup à lui. Avec ça, son respect et donc celui du groupe était acquis et j’étais tranquille…

Comme tout être humain, les autistes sont différents et peuvent s’adapter. Vérifiez-le dans les livres d’autistes citant beaucoup de cas :

« Dans ta bulle ! les autistes ont la parole : écoutons-les » de Julie DACHEZ

« L’Asperger au travail » de Judith Sitruk, paru en février 2023, aux éditions  De Boeck Supérieur

Dans ce livre, Judith Sitruk, forte de son expérience de coach, de ses nombreuses prises en charge de personnes porteuses du syndrome d’Asperger, ainsi que de son vécu d’Aspie, propose des témoignages et exemples rencontrés dans sa pratique professionnelle ; …et des fiches-outils.

L’adaptation des autistes, avec l’expérience (donc avec l’âge) devrait être un sujet de recherche, mais n’existe à ma connaissance, qu’une seule étude , citée par Julie DACHEZ :

La recherche sur l’autisme chez les personnes âgées : un domaine en plein essor, mais encore un long chemin à parcourir

Publié en ligne :9 juin 2022; https://doi.org/10.1089/aut.2021.0041

Il suffit de lire des livres de lanceurs d’alerte ou de les rencontrer pour comprendre que cet atypisme (savoir dire non à un collectif, puis résister aux pressions) n’est pas propre à un neuroatypique (les autistes sont, en moyenne, plus vulnérables à ces phénomènes de harcèlement en meute). Par contre, la compréhension de ces phénomènes est permise par un « fonctionnement différent du cerveau ».

Le mot Harcèlement

Ce  passage de la première partie «  Si l’intérêt et les lois en matière de harcèlement sont relativement récents, ce phénomène semble, par ailleurs, avoir toujours existé dans les sociétés humaines. L’amour romantique et passionnel, à travers les âges, suggère que « la folie et l’obsession » conduisent à poursuivre l’objet d’amour. La poésie, la littérature, les chansons et les récits décrivent à merveille ces élans passionnés et obsédants du cœur. L’acte est qualifié à la fois de terrible, d’ironique mais aussi d’héroïque. Ce paradoxe explique peut-être l’ambivalence avec laquelle ce phénomène est vécu par la société. » a suscité beaucoup d’incompréhensions, qu’il est nécessaire de lever pour avoir un débat, sur un point de vue anthropologique, inaudible sans cela.

Des situations isolées de harcèlements  sont très difficiles à appréhender, de l’extérieur (syndicaliste, professionnels de la santé..) et utiliser ce mot, en écho à son emploi, par une ou des parties prenantes, risque de rendre la situation, totalement opaque, car l’accusation risque de devenir réciproque, pouvant créer un climat délétère.  La réaction usuelle à une accusation, sans témoin, d’une seule personne (ou même de plusieurs, j’ai rencontré ce cas) consiste à accuser l’accusateur, et ce n’est pas nouveau : cf. l’épisode biblique dénommé « Le jugement de Salomon ». Il faut posséder « la sagesse » de Salomon pour savoir départager deux adversaires, avec le pouvoir de distinguer le coupable et la  victime.

Pour une personne de l’intérieur (DRH), la situation est plus facile à appréhender et à régler. Aussi, quand plusieurs situations semblables ont lieu dans une même organisation, il  faut envisager un harcèlement institutionnel, avec une grande probabilité. Et, dans ce cas, une personne de l’extérieur aura la possibilité d’intervenir, sans nuire aux victimes

Et là se situe la raison principale : Le sort des victimes et leurs reconstructions.  Et ceux qui œuvrent à cette tâche difficile de reconstruction d’une victime (si j’emploie le mot, « difficile » c’est que je suis capable de me lancer dans l’éradication de harcèlements institutionnels, et incapable d’aider une victime d’harcèlement à se reconstruire) évitent d’employer ce mot « harcèlement ».

Mais en France (et dans d’autres pays), il y a plus qu’une ignorance de la définition de ce mot, il n’y a pas de définition autre que légale, autrement dit il n’y a pas mésusage de ce mot. C’est son usage préalable qui l’a imposé dans une loi et si c’est dans la loi, c’est que l’existence d’harcèlements individuels est réelle.

Mais en échangeant avec des intervenants professionnels (ou bénévoles) à l’aide de victimes (et pas seulement d’harcèlement), j’ai compris que les aider vraiment consiste à ne pas leur laisser acquérir un statut   de victimes. Une expression m’a marqué : « Hélas, à force d’avoir subi, certains s’isolent ou combattent, ce à quoi je réponds parfois que la meilleure façon de devenir ce que l’on combat est de le combattre. ».

Sur LINKEDIN, les « posts » des spécialistes de l’aide de victimes, sont très instructifs sur ce thème. C’est ainsi que Sarah-Djeigne Ambert a publié une citation du livre « L’art de la thérapie » de Irvin Yalom, psychiatre/écrivain, que j’ai découvert, à cette occasion et lu.

« Tant qu’un patient persistera à croire que ses problèmes principaux résultent d’éléments qui échappent à son contrôle -actions provenant d’autres que lui, nervosité, injustices sociales, gènes- le thérapeute ne pourra lui apporter qu’une aide limitée. Nous pouvons témoigner de la sympathie, suggérer des méthodes pour réagir aux agressions et à l’injustice de la vie ; nous pouvons aider le patient à acquérir la sérénité, ou lui apprendre à modifier son environnement avec plus d’efficacité.

Mais si nous espérons un changement plus significatif, nous devons encourager nos patients à assumer leur responsabilité – en d’autres termes, à appréhender la façon dont eux-mêmes contribuent à leur propre détresse. […]

L’acceptation de la responsabilité est un premier pas essentiel dans le processus thérapeutique. Une fois que l’individu reconnaît son rôle dans la création d’une situation difficile, il prend conscience qu’il a, et lui seulement, le pouvoir de changer cette situation.

Revenir sur sa propre vie et accepter qu’on est responsable de son propre accomplissement peut déboucher sur un véritable regret. Le thérapeute doit anticiper ce regret et s’efforcer de le modifier. J’incite souvent mes patients à se projeter dans le futur et à réfléchir à la façon dont ils peuvent vivre désormais afin que d’ici cinq ans ils puissent regarder en arrière sans que le regret vienne les submerger à nouveau. »

Irvin Yalom a écrit un tel constat, après des années d’expériences. Il est intéressant de citer, aussi, ce qu’il écrit en introduction « Les conseils que renferme ce livre sont tirés de ma pratique clinique auprès de patients, des autistes de haut niveau ou de niveau modéré (plutôt que psychotiques ou franchement handicapés) que je rencontre une voire deux fois par semaine…Mes objectifs thérapeutiques concernant ces patients sont ambitieux : outre la disparition des symptômes et l’atténuation de la souffrance, je cherche à faciliter le développement personnel et un changement fondamental de caractère. » Irvin Yalom dans l’art de la thérapie

En effet, quand je lis la citation choisie par Sarah-Djeigne Ambert, dans son post, je comprends, naturellement, que reconnaître son rôle dans la création d’une situation difficile, ne signifie absolument pas « reconnaître son rôle dans la situation de harcèlement (ou autre) » Mais naturellement s’applique à moi, mais je me suis aperçu qu’il fallait beaucoup d’explications pour d’autres.

Il était donc nécessaire de bien comprendre les mots que j’utilise et surtout le point de vue que j’adopte, avant d’exposer la deuxième partie. Et écrire avant cette parution sur la sagesse du peuple Maori, connu par le célèbre Haka et ses pratiques liées (et moins connues), dont vous pouvez prendre connaissance dans les articles suivants :    

GAGNé Natacha, « Présentation. Le sacrifice d’hier à aujourd’hui, échos d’une intuition féconde », dans : Henri Hubert éd., Essai sur la nature et la fonction du sacrifice. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Quadrige », 2016, p. 1-41. DOI : 10.3917/puf.mauss.2016.03.0004. URL : https://www.cairn.info/essai-sur-la-nature-et-la-fonction-du-sacrifice–9782130595236-page-1.htm

Schwimmer, E. (1990). La genèse du discours nationaliste chez les Maoris. Culture, 10(1), 23–34. https://doi.org/10.7202/1080932ar

ITéANU André, « Le hau entre rituel et échange », Revue du MAUSS, 2004/1 (no 23), p. 334-352. DOI : 10.3917/rdm.023.0334. URL : https://www.cairn.info/revue-du-mauss-2004-1-page-334.htm

De l’horreur à la méthode dans les savoirs sur l’anthropophagie ? Anglais et Français face au « cannibalisme » néo-zélandais (1769-1840) | Circé. Histoire, Savoirs, Sociétés (uvsq.fr)

Coup de Tonnerre dans l’immobilier Lyonnais : Un LANCEUR D’ALERTE dévoile les agissements de Rhône Saône Habitat, syndic professionnel coopératif et promoteur de logements « sociaux » !

J’ai lu et je peux approuver, en connaissance de cause, mais je continue.

Le titre d’un article, écrit fin juin 2022, employait l’expression : révélations fracassantes, sans nommer de syndic. L’article n’était pas destiné à une diffusion large, mais à un public professionnel afin de recueillir des informations précieuses, me permettant de recueillir la preuve décisive, me permettant de dévoiler les agissements délictueux de notre syndic, Rhône Saône Habitat, de 2011 à avril 2019. FONCIA, par ces réactions à mes alertes, sans mention de son nom, a participé à la collecte de ces informations.  

L’office HLM, qui avait construit cette copropriété voulait vendre ses appartements (37). Mais, en 2011, il n’en avait vendu un.  Rhône Saône Habitat arrive cette année-là. Un sinistre de dégâts des eaux survient dans une pharmacie, sise au rez-de-chaussée  d’une allée, dont les appartements appartiennent entièrement à l’office HLM. Comme l’office gérait ces allées, le syndicat des copropriétaires en a eu connaissance, quelques années plus tard, lorsque continuer à le cacher devenait impossible.

La gestion de ce sinistre, par Rhône Saône Habitat, fut catastrophique : La pharmacie avait dû demander une expertise judiciaire en 2013. L’expert rendit son rapport en décembre 2015.

A l’AG 2016, nous avons découvert une information écrite de l’existence de ce rapport, qui ne nous était pas favorable et concluait à un partage des responsabilités entre le syndicat des copropriétaires et l’office HLM.

A l’AG, des questions furent posées mais ne reçurent pas de réponses. Je rentrai au conseil syndical et, en devenait le président. J’obtins de la gestionnaire le rapport d’expertise (mais sans les dires et les annexes). La gestionnaire fut débarquée et une nouvelle fut nommée. Je continuai mes investigations et le responsable des activités de syndic fut remplacé par un autre, déjà responsable de tous les travaux immobiliers (de rénovation…).

Je découvrais, deux années plus tard, que l’Office Notarial, dont l’un des fondateurs était le père de ce nouveau responsable, et où son frère est associé, était l’office de Notaires ayant assuré juridiquement les ventes des appartements de la copropriété, appartenant à l’office HLM.

Entretemps, une copropriétaire de cette allée, devenue membre du conseil syndical, m’informait de sinistres dégâts des eaux dans son appartement, situé au dernier étage de cette allée 6. Le premier survint, peu de temps après l’achat de  son appartement à l’office HLM. La gestion de ces sinistres était « bizarre » (avant d’entrer à LA POSTE, j’étais inspecteur d’assurances). Mais je n’étais pas le seul  à avoir noté une gestion « bizarre » des sinistres par Rhône Saône Habitat, l’expert judiciaire l’avait noté dans ses rapports. Le conseil syndical dût agir, auprès de Rhône Saône Habitat pour déterminer la cause de ces sinistres : La toiture. Il avait noté aussi, dans son rapport, la responsabilité de Rhône Saône Habitat, dans la survenance des sinistres dans la pharmacie.

J’ai fait le rapprochement avec la page 16 du rapport d’expertise : « les investigations n’ont pas été réalisées sur la toiture de l’allée 6, car celle-ci (terrasse et toiture) est en bon état et ayant eu des travaux de réfection en 2012 suite à des infiltrations dans l’appartement du dernier niveau. »

Parallèlement, Rhône Saône Habitat nous informait que l’assurance de la pharmacie l’avait remboursé, sur la base du rapport d’expertise, et qu’elle assignait le syndicat des copropriétaires pour être remboursée des sommes versées à la pharmacie.

Rhône Saône Habitat ne voulant pas s’expliquer choisit de partir.

J’ai profité de cette démission pour vérifier les comptes (grand livre des années 2011 au 25/4/19).

J’ai découvert des anomalies : La principale, énorme : Aucune dépense de réfection de la toiture/terrasse de l’allée 6 en 2012 (ou les autres années).

 En octobre 2019, je portais plainte contre Rhône Saône Habitat et Monsieur D.

Je sus que cette plainte avait été enregistré au Parquet (un n° avait été attribué) et qu’elle faisait l’objet d’une enquête. J’étais conscient que, pour que cette enquête se transforme en instruction (non familier de la justice pénale, j’emploie ce mot, familier à tout usager de la justice, sans savoir s’il est approprié à ce cas), je devais trouver la preuve de la non-réfection de la toiture/terrasse.

FONCIA, refusant de coopérer à cette recherche, je désespérais de la trouver.

Leur citation directe pour diffamation, a été l’élément déclencheur, pour obtenir cette Preuve. Merci FONCIA !

Il s’agit d’un document interne à Rhône Saône Habitat.

Avec cette preuve, des questions se posent :

  1. Comment un rapport d’expertise judiciaire, rédigé par un expert renommé, a pu mentionner des travaux inexistants ?
  2. Le syndicat des copropriétaires, ayant mis en cause Rhône Saône Habitat, dans la procédure civile déclenchée par l’assurance de la pharmacie, Rhône Saône Habitat cherche t’il à tromper aussi la Justice ?
  3. L’office HLM, bénéficiaire de cette « cachoterie », savait-il ? S’est-il associé à Rhône Saône Habitat ?
  4. Quel rôle joue FONCIA, dont l’ancienne gestionnaire s’était opposée par écrit à une plainte pénale contre Rhône Saône Habitat, dans cette affaire ?

Ces questions dépassent la copropriété, mon  rôle de lanceur d’alerte s’arrête, je ne pourrai obtenir la réponse à ces questions, ni seul, ni même aidé. Elles montrent l’ampleur de ce dossier, et seule La Justice, représentante de  la société, peut y répondre et donc doit  être saisie. Mais, pour ce faire, Je devais trouver la preuve et la transmettre à la justice.

Mais pour éviter certains « emmerdes », dénoncer publiquement les agissements (en donnant des noms, si possible) est très efficace. L’expérience l’a montré (cf. autres articles de ce site) .