Dieu, La Science, La Bible, Le Coran, La Torah : Comment tuer Jésus ?

Trop longtemps, l’Église s’est tue sur les abus qui avaient lieu en son sein. Elle n’a pas confronté ce scandale à la lumière des Écritures. Philippe Lefebvre prend la parole pour éclairer les témoignages contemporains à la lumière de divers passages bibliques. Il montre un Dieu qui va à rebours des silences coupables et des processus convenus. Notre silence tue Jésus, son enseignement et tous ceux qui, en lui, sont bafoués.

J’ai adressé, à beaucoup de catholiques de mon réseau LINKEDIN, le lien  

avec le message suivant : « Bonjour,

Comme catholique, j’ai été impressionné par la réaction des évêques français au rapport de la CIASE, oubliant qu’elle est institution et se préoccupant (enfin !) des victimes. Pour ne pas laisser penser que les catholiques laissent seuls, la CIASE et les évêques face aux critiques de l’Académie catholique, j’ai publié un article 

J’apprécierai de lire votre avis. »

Beaucoup trop n’ont pas répondu. Un seul, il se reconnaitra, a eu l’honnêteté de s’étonner de cette interpellation (traduit dans mon cerveau d’autiste « De quel droit (version gentille), Pour qui te prends-tu (version moins gentille) pour m’apostropher de cette manière ? »

Un an après la CIASE, j’ai été alerté par des interviews de responsables d’associations de victimes se plaignant de la lenteur des indemnisations.

Le 19/11, était organisée, par Les Alternatives Catholiques – Atelier de formation | Laboratoire d’action – Café & Coworking « Le Simone » à Lyon,  une journée Un an après la CIASE…

Était présente Nanou COUTURIER victime de trois prêtres dans son enfance et présidente de l’association : « Victimes d’abus sexuels à l’église – Tous ensemble »

Elle fédère toutes les victimes pour se défendre notamment contre le système « de points » (suivant si violé(e)s une fois ou plusieurs fois etc…) choquants et minimisant les indemnisations, imposés sans concertation avec les victimes par les commissions de réparation mise en place par l’Eglise Catholique.

Après le 19/11, j’ai consulté le site de la commission de réparation officielle de la C.E.F. (conférence des évêques français). Formé à détecter le harcèlement institutionnel, au-delà des discours de « très bonnes intentions » (démarche exemplaire, etc…les thèmes sont innombrables, tant l’imagination dans ce domaine de la communication lénifiante semble infinie).

Je n’ai trouvé aucun document donné aux victimes réclamant une réparation, alors que leur existence est mentionnée sur le site.

Par contre, j’ai trouvé ce paragraphe : «  Ce Collège, dès ses premières réunions, a réfléchi, à partir de la diversité des situations, à l’éventail des différents types de reconnaissance et réparation et à leur graduation. Cette réflexion a été partagée avec le Conseil permanent de la CEF. Elle a donné lieu également à une information du fonds Selam, pour lui permettre de suivre et anticiper les ressources à allouer pour la réparation des personnes victimes. »

Nanou COUTURIER a donc eu raison de fonder son association et d’alerter les catholiques sur ce SCANDALE !

 Mais qu’est un scandale ? C’est René GIRARD, qui attire l’importance de ce mot SKANDALON dans les Evangiles : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n’y a en lui aucun skandalon… » (1 Jn 2, 10-11) …… « L’enfance,…, est d’autant plus aisément et durablement scandalisée qu’elle est plus naïvement ouverte aux impressions qui viennent des adultes…L’adulte qui scandalise un enfant risque de l’enfermer à jamais dans le cercle toujours plus étroit ….de l’obstacle. L’obstacle c’est la fermeture et elle s’oppose à l’ouverture de l’accueil »

 Et Girard cite la mise en garde solennelle de Jésus au sujet de l’enfance : « Quiconque accueille un petit enfant…à cause de mon Nom, c’est moi qu’il accueille. Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être en pleine mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal que le scandale arrive, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive !…. » (Mt 18, 5-9)

…..Et Girard de donner la signification simple de cette parole prophétique : « Ce que le texte affirme, c’est que notre intégrité physique est peu de choses à côté des ravages dont le scandale est capable.

Un autiste est à même de mesurer ces ravages.

Dans ma petite enfance, l’entrée dans la nuit était difficile. Elle était précédée d’un envahissement progressif d’un noir absolu dans le cerveau et un basculement dans le néant/sommeil… Après la petite enfance cela s’est espacé progressivement. Et ce n’était plus ce basculement dans le néant. Alors m’apaisait l’écoute de l’aigle noir. Cette métaphore me renvoyait directement à ces « endormissements » (je préfère ce terme vague pour un phénomène difficile à décrire)

Il est significatif que cette chanson fasse référence à un abus sexuel/inceste vécu dans son enfance et montre, à mes yeux, que le traumatisme subi peut être comparé à l’état que je vivais dans ma petite enfance.

C’est d’ailleurs le cas de toutes les victimes, quel que soit la cause de leur état.

La différence avec un autiste comme moi, c’est que leur état est provoqué par la rencontre d’un obstacle (cf. définition plus haut).

Dans le cas de phénomène institutionnel ou systémique comme dans le cas des abus sexuels dans l’Eglise, il est certes possible d’avoir une approche de soins individuels, mais les résultats seront aléatoires. Il faut avoir, au préalable, pris en compte les victimes et leur avoir rendu justice.

J’ai cru à la sincérité du président de la conférence des évêques, recevant le rapport de la CIASE et salué son attitude.

Des débats s’organisent, et comme celui du 19/11, beaucoup remettent en cause sa sincérité.

Je ne juge pas, ni l’un, ni les autres.

Que faire ? Il s’agit de lever l’obstacle! Je propose la démarche qui a été la mienne : Visionnez la vidéo  de Philippe LEFEVRE (et lisez son livre)

Pourquoi ?

  1. Philippe Lefebvre a recueilli pendant 15 ans des témoignages de victimes d’abus sexuels. Il devient, un peu par hasard, un lanceur d’alerte et doit faire face à certaines pressions. Il déclare d’ailleurs à ce sujet : « j’ai mis les pieds sans le savoir et sans le vouloir au début dans un monde quand même assez violent ».
  2. Le silence, une arme qui tue :   C’est le silence qui peut tuer Jésus ! « C’est un problème ancien et connu » explique le frère Philippe Lefebvre.
  3. La parole pour briser le silence : Il faut donc voir le livre « Comment tuer Jésus ? » comme une prise de parole pour briser le silence. « Un abuseur, déclare-t-il, c’est 15 à 20% du problème. 80% du problème : c’est l’entourage qui cache, qui ment, qui fait disparaître les preuves, qui intimide la personne violée quand elle commence à parler, qui intimide ceux qui essayent de dénoncer ».

Mais, précise-t-il, il ne faut pas que la prise de parole soit vaine. Elle doit être suivie d’actes. Dans le cas contraire, c’est de la langue de bois.

puis prolongez la lecture d’autres textes, jusqu’à trouver ce qu’aurait fait Jésus, dans une telle situation.

Qu’ai-je trouvé :  Il y a quatre évangiles. Une seule mentionne le disciple bien-aimé. Dans cet évangile, il semble inséparable de Pierre, « chef » naturel et pourtant en constante rivalité avec lui. Ce disciple n’est jamais nommé. Cet anonymat indique que ce personnage est en-deçà de  toute réalité objective : Ce n’est pas sa personne qui a de l’importance, mais sa fonction. Et je pose l’hypothèse, à la suite du pasteur Bernard GILLERON, qu’il est le représentant du groupe de théologiens qui a rédigé cet Evangile (ou de son rédacteur, si l’hypothèse semble trop hardie).

Le disciple bien-aimé est en constante rivalité avec Pierre, mais il s’efface, à chaque fois, devant lui.

Cet Evangile attire donc l’attention sur la vérité anthropologique des rivalités.

On doit donc agir, sans rivalité. Chacun peut donc imiter Jésus, quelle que soit sa croyance, y compris athée.

Je suis catholique. Je peux donc agir, comme tel

, en ayant conscience qu’imiter Jésus n’est pas réservé aux chrétiens, encore moins aux catholiques. Ceux qui le tiennent comme prophète (musulmans et juifs) ont légitimement leur place dans la CIASE, et dans l’élaboration des propositions de cette commission. Donc, toute discussion sur ces propositions, surtout sur une base théologique, ou réforme de l’institution, avant réparation complète des victimes, est encore une violence envers elles.

  1. Je refuse cette violence, je ne participe pas à ces discussions, et j’agis pour que « la parole brise le silence »
  2. Je ne juge personne et ne cherche pas les coupables. J’imite la CIASE, en me focalisant, uniquement, sur les victimes.
  3. Je cherche à ce que les victimes soient indemnisées par une action, qui, comme Jésus, ne  peut scandaliser naturellement, et qui peut être proposée comme modèle à suivre ou non.

    Voici l’initiative que je prends : Je donne au denier de l’Eglise, tous les mois. A compter de février2023 (je tiens compte des délais possibles pour arrêter les prélèvements) je donnerai cette somme à l’association de Nanon COUTURIER.

    Et je pose la question suivante aux évêques, qui viennent d’avouer ou dont « on » vient de révéler des abus, démontrant la persistance du silence tueur de Jésus : Qu’avez-vous entrepris, dans le passé, et actuellement pour vos Victimes ?

    Cet article s’inscrit dans le cycle Dieu, la science, La Bible, Le Coran, La Torah et le clôture.

    Pourquoi ? Parce que je m’inscris pleinement dans la démarche des auteurs du livre Dieu, la science, les preuves.

    Comme l’écrit le préfacier Robert W. Wilson, prix Nobel de physique 1978, découvreur, en 1964, du rayonnement de fond cosmologique, véritable écho du Big Bang. « Ce livre est une très bonne présentation du développement de la théorie du Big Bang et de son impact sur nos croyances et notre représentation du monde….je ne vois pas de meilleure théorie scientifique que celle du Big Bang et de l’origine de l’Univers susceptible de correspondre à ce point aux descriptions de la Genèse. »

    Mais son chapitre sur la morale aurait dû être discuté, au regard de la théorie mimétique de René GIRARD, qui s’affirmait scientifique en étudiant les textes mythologiques et religieux. Cela aurait pu conduire Olivier BONASSIES à s’interroger sur son chapitre sur Jésus.

    Ce cycle faisait suite à mon article

    Où Je posais l’hypothèse que les phénomènes de rivalités et de violence étaient la base de la théorie mimétique, fondement et chronologiquement antérieur du désir. Ce cycle avait pour but de renforcer les preuves de cette hypothèse.

    En montrant que les religions universalistes, l’Islam et le Christianisme ont la même base anthropologique, j’en arrive, avec ce dernier article à la conclusion que considérer Jésus comme le Fils de Dieu, un prophète ou un homme sage conduit à la même « philosophie de l’action ». Présenter l’hypothèse de Jésus, fils de Dieu, comme la plus vraisemblable, comme l’écrit  Olivier BONASSIES (et sans la formuler aussi explicitement, René GIRARD) me parait hardie sur le plan scientifique.

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