
L’Office de tourisme incendié, place Bellecour (Lyon 2e)Photo : NL/Rue89Lyon
Le 17 octobre à Lyon l’office du tourisme était cassé et incendié.
Ce fut la sidération, comme l’a très bien exprimé Marie-Charlotte GARIN, député de Lyon
Effectivement, comme elle l’écrit « Des milliers de personnes venues dire leur colère face à la vie chère. »…« L’immense majorité des rassemblements ont été pacifiques, joyeux. »
Mais rajoute « Ce qui est montré en boucle sur les chaînes d’infos, c’est ce qui divise et fait peur. » et « Parce que l’unité du mouvement social est bien plus dangereuse que la violence qui le traverse. Restons concentré·es. »
Marie-Charlotte GARIN est une femme politique et son analyse est peut-être juste, de ce point de vue.
Mais ce point de vue n’est pas le mien : cette manie de chercher un coupable m’est complétement étranger et les discours qui désignent l’ultra gauche, LFI, Gregory Doucet et les écologistes ou, comme le fait Marie-Charlotte GARIN (et d’autres) les « médias » et leurs couvertures de cette journée, cachent leur incapacité à comprendre ce 17 octobre.
Je suis en mesure de le faire, la Manif pour Tous fut un de mes terrains d’observation pour mes recherches (1). Ce fut aussi pour le ministre de l’intérieur de l’époque, un terrain d’expérimentation pour de nouvelles doctrines de maintien de l’ordre, qui ont ensuite été théorisé et pérennisé par Christophe Castaner, en 2019.
Avant cette expérimentation, les manifestants « à problème » (ne me demandez pas comment on les repère, je ne pense pas qu’ils soit utile de le révéler, donc j’écris que je ne sais pas mais que les RG et … savent) étaient exfiltrés des rangs par les services en charge de cette tâche.
Mais, à la Manif pour Tous, après les premières manifestations, dont l’ampleur de la mobilisation a surpris Valls, ils sont restés dans les cortèges. Les manifestants sont ainsi assimilés à eux et cet amalgame justifie les charges… »les gazages » puis la nouvelle doctrine de Castaner mettant dans une nasse les fins de manifs ….
Les casseurs et les violents de la Manif pour Tous ne sont pas ceux du 17 octobre, bien entendu, puisque presque 15 ans les séparent. Mais leurs comportements sont semblables.
Les manifestants se sont d’abord adaptés à la nouvelle doctrine de maintien de l’ordre avec les Gilets Jaunes : Pas de service d’ordre (ou au minimum) et une liberté/agilité.
Le 17 octobre, l’ampleur de la mobilisation a surpris voir le très bon article du journal Rue 89 à Lyon

Mais les casseurs se sont aussi adaptés et savent notre propension à chercher des boucs émissaires. Ils sont organisés, ont des stratégies et entrainés (à courir plus vite, à cacher leur visage et tout élément pouvant les faire reconnaitre)
L’incendie a été filmé par France Info
Les incendiaires ne sont pas parmi ceux qui s’attardent à filmer ce « spectacle ». Parmi ces retardataires, certains peuvent être reconnus et susceptibles d’être poursuivis (?)
Les casseurs de vitrine prennent la précaution d’appeler des jeunes « pilleurs d’occasion »…qui pourront être traduits ainsi en justice (et c’est Juste !)
Voir l’article de Rue 89 « Au procès des « casseurs » à Lyon, la justice peine à masquer les failles de l’État »
« Au procès des « casseurs » à Lyon, la justice peine à masquer les failles de l’État » (2)
« J’étais dans l’euphorie. » Engoncé dans le sweat à capuche sombre qu’il portait samedi, Naïl (prénom modifié) peine à expliquer sa présence lors des scènes de pillages qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre à Lyon.
Âgé de tout juste 18 ans, le jeune homme craque rapidement face aux questions incisives de la procureure, et finit par reconnaître que sa présence autour de la place Bellecour ce samedi n’était pas due aux mobilisations contre la vie chère, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Lyon.
Alerté des scènes en cours via le réseau Snapchat, il se rend aux abords du Monoprix du 2ᵉ arrondissement, pillé et saccagé, ainsi qu’au magasin JD Sport de la rue de la République. Là, des articles en tout genre jonchent le sol et des pilleurs distribuent des objets en tout genre, pendant que d’autres magasins sont visités. Naïl est interpellé quelques heures plus tard, un butin de 855 euros sous le bras rassemblant pêle-mêle sac et vêtement de sport, bouteilles d’alcool et un téléphone.« …
« « Je ne prenais pas conscience de mes actes ni de mes paroles », a tenté de se justifier maladroitement cet alternant en restauration, qui craint « que son patron ne le licencie ».«
Voilà pourquoi j’éprouve le besoin d’adopter un autre point de vue, non politique, de cette journée. La sidération doit être brève, et doit laisser la place à la recherche des causes. A ma connaissance, je suis le seul à proposer une telle analyse. On peut la critiquer, ce serait utile.
Mais à condition de ne pas oublier notre responsabilité collective d’adultes. Ne laissons pas nos jeunes regarder des modèles (les « casseurs » qui leur vantent l’efficacité de leur actions violentes) dans les manifestations.
Faisons accepter les châtiments justes aux apprentis casseurs et pilleurs pour qu’ils prennent conscience de leurs actes et de leurs paroles. C’est une marque de respect envers eux
Notes de bas de page :
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