Avortement et aide à mourir : Pro choix ou Pro Vie ? Les pro vie deviennent Pro choix ? Lettre ouverte au président de la Fondation Lejeune : Nouvelle Anthropologie chrétienne avec Simone Weil.

L’actualité récente La loi de l’aide à mourir et l’excommunication de la fraternité Saint Pie X amènent des catholiques et d’autres, engagés depuis des années dans le combat dit « pro vie » à se poser des questions sur la réalité de ce combat et l’ambivalence de la position de l’Eglise (pas seulement de France)

Pour l’aide à mourir, vous trouverez, en bas de page, le lien (1) de la question d’Aline Cheynet de Beaupré  , republiée par Maroun Badr. Cette question illustre bien, en ce jour de publication de cet article (15/07) où le premier ministre d’un gouvernement, qui a proposé cette loi (aide ou droit à mourir…) dépose un recours au conseil constitutionnel, ce que j’écrivais depuis des mois : cette loi cache une lutte de pouvoir et d’influence entre deux groupes minoritaires (l’Eglise catholique/institution est le membre principal d’un des groupes), qui, à coup de manipulations… a conduit à sacrifier les soignants pour que leur combat sacralisé par eux, puisse continuer.

Pour l’excommunication, vous trouverez, en bas de page, le lien (2) avec l’explication/justification, des excommunications prononcées par Jean-Paul II, il y a 38 ans à comparer avec un article de la fondation SAINT-PIERRE,. Il s’agit d’un interview d’un très proche de Mgr LEFEVRE, et qui a fondé cette fondation SAINT-PIERRE (que le Vatican ne mentionne pas) Extrait « je ne me considère pas avec mes douze confrères, comme un véritable fondateur : nous n’avons fait que continuer la Fraternité Saint-Pie X dans l’Église, grâce au protocole d’accord, signé par Mgr Lefebvre et le Cardinal Ratzinger. Cela se vérifie dans nos Constitutions qui reprennent celles de la FSSPX, où sont bien formulées les finalités adaptées à la crise actuelle dans l’Église. » 

Depuis des années, j’affirme que le débat entre les pro vie et les pro choix est artificiel, et que, pour les pro vie, ce n’est plus la vie qui est sacrée, mais  le combat avec le camp pro choix qui le devient.

Comme cette position avait choqué le responsable du « réseau vie LYON »  Patrick RECIPON, j’avais rajouté que la culture de mort se définissait par la sacralisation de  ce combat.

Aujourd’hui J’ai l’occasion de le montrer,

Au parlement européen, une Française, Charlène veut lancer une pétition  au parlement   européen  Extrait du résumé de la pétition «  La pétitionnaire affirme que (…) la liberté de choix est compromise par des contraintes matérielles et sociales au lieu d’être exercée librement »  

Et elle est venue au parlement   européen raconter son histoire, pour défendre sa pétition : Charlène est tombée enceinte sans le vouloir; a voulu garder son bébé; son compagnon s’y opposait; alors elle est allée chercher de l’aide et du soutien au Planning familial, puisque cette association/institution était pour Charlène, la représentante de ses idées pro-choix.

Vous pouvez la visionner dans la vidéo ci-dessous, enregistrée par European Centre for Law and Justice (ECLJ)

Mais l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) tire des enseignements de cette vidéo, seulement au service de leur combat contre le planning familial et le camp pro-choix.

« Le Planning familial porte bien mal son nom. Il ne lui a proposé que l’avortement Ils ne sont pas « pro-choix », ils sont pro-avortement et c’est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal : faire avorter un maximum de femmes »

Charlène ne dit pas que Le planning familial est ceci ou cela, cette affirmation « gratuite » montre simplement la sacralisation de ce combat éternel entre deux camps apparemment opposés, mais d’accord pour continuer ce combat, en oubliant l’objet de cette lutte. Un membre (ou une antenne locale) du planning familial (en accord ou non avec l’institution nationale) a oublié la cause pro choix.

Mais l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) oublie Charlène et sa pétition où, (rappel), est écrit «  La pétitionnaire affirme que (…) la liberté de choix est compromise par des contraintes matérielles et sociales au lieu d’être exercée librement » Le choix ne peut se limiter pas à ce que veut l’un des camps, ici vouloir garder un enfant, il implique de reconnaitre le choix d’avorter

Simone WEIL, la philosophe fut une visionnaire qui, il y a 90 ans, dans deux livres « La personne et le sacré » et « Consentement, force et justice » a écrit

  1. Que la personne (ou la vie) ne pouvait être sacrée pour des humains, car aucun homme ne pourrait se sacrifier pour tout le genre humain « Seul le Christ le peut ». …Pour les humains, seules des personnes physiques concrètes peuvent être sacrées.  
  2. « le consentement humain est chose sacrée ». Il est ce que l’homme accorde à Dieu. Il est ce que Dieu vient chercher comme un mendiant auprès des hommes. » 

On comprend avec la première affirmation de Simone WEIL

que l’intervention de Charlène, ayant lieu dans une arène politique, les réactions se feront, non pas sur les convictions affichées de chacun (pro vie ou pro choix) ou sur ce que dit réellement Charlène, mais en fonction de leur Combat Sacré et de l’utilisation potentielle que leurs adversaires pourraient faire de l’intervention de Charlène pour prendre une position avantageuse dans ce combat.

Dans la vidéo, on peut voir et entendre, après l’intervention de Charlène, la réaction des différents groupes  du parlement européen.

l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) commente ces réactions, avec pertinence pour le camp « pro choix » « La Commission européenne et le groupe « Socialistes et Démocrates » s’enferment dans l’aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d’avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la « liberté d’avorter ». Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n’ont pas pris la parole. »

Mais, illustration de la célèbre parabole de la paille et de la poutre l’aveuglement qu’il voit chez ses adversaires, l’empêche de voir celui plus gros de ses partisans

« À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu’elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes. »

 « Nous nous réjouissons particulièrement de l’appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de « rester ouverte« , c’est-à-dire que le Parlement va continuer de l’étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème. »

Il se félicite, donc, d’avoir « gagné » une bataille (pour le camp pro vie) sans voir que la pétition est pro choix.

De ce fait, elle a peu de chance d’aller jusqu’à la fin du parcours, mais, peu importe, puisque le camp pro vie a gagné des points dans le « groupe le plus important du Parlement européen » et que d’autres gains peuvent être engrangés avec cette pétition ouverte.

Cet aveuglement est donc « naturel » et aucun camp n’est à condamner

La vue retrouvée, non par un miracle, mais par ce dévoilement va permettre

avec la deuxième affirmation de Simone Weil de montrer la nécessité d’un changement anthropologique chrétien, car la culture pro vie peut mener à une « culture de mort ».

Dans les bébés avortés, une catégorie se distingue, les trisomiques. Près de 99% d’entre eux sont éliminés avant de naitre. Un tel chiffre interpelle, c’est ainsi que Julie DACHEZ, dans sa formation https://autisme-autrement.org/  tout en se déclarant « pro  choix » note ce chiffre signe d’une culture validiste. Ce chiffre l’a touché, parce que, sensible à le handicap, elle a vu des personnes handicapées.

Et puisque l’aveuglement est dissipé, la raison peut supplanter le combat sacré. Un tel chiffre n’a qu’une signification: le choix des mères de ces enfants n’est pas libre : « Le consentement est vicié »

C’est donc en promouvant une culture du consentement, (et pour les chrétiens celle d’un consentement sacré) donc pro choix

pour s’assurer de la réalité du consentement (« il faut se situer hors de tout rapport de contrainte physique ou psychique, de chantage, de manipulation, d’emprise sur les esprits, hors de toute menace. La moindre pression, la moindre trace d’un rapport de force, détruit la réalité du consentement. ») que les mères des enfants trisomiques pourront choisir librement de garder leurs enfants ou d’avorter.

Ce n’est pas l’avortement qui est une culture de mort, c’est une culture validiste. Et pour changer une culture, c’est en sollicitant la force d’attention (autre concept de Simone Weil) de tous à examiner si ces femmes y ont consenti, que l’on y arrivera

J’écris une lettre ouverte (3) au président de la Fondation Jérôme Lejeune, (du nom du découvreur de la trisomie 21) pour lui demander de soutenir la pétition de Charlène, en ayant conscience qu’elle est pro choix.

Et j’invite tout lecteur de cet article, comme je l’ai fait, à aller sur le site du parlement européen pour soutenir la Pétition nº 0194/2026, présentée par Charlène Bernard, de nationalité française.

Notes de bas de page

(1) https://www.linkedin.com/posts/aline-cheynet-de-beaupr%C3%A9-85894591_praezsidentdelaraezpublique-daezputaezs-share-7480546445104914432–Si2/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAUZdQ8BUQfOn0jtGq2LYO79xy5qSRsQTXQ

(2) lien de l’article du journal de Vatican expliquant et justifiant les excommunications de 1988 et de 2026 https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2026-07/le-schisme-de-lefebvre-se-repete-apres-38-ans.html

et interview d’un très proche de Mgr LEFEVRE, et qui a fondé cette fondation SAINT-PIERRE

Pour ceux, pas encore persuadés de l’urgence de réclamer de l’église/institution, à la suite de Simone Weil, la suppression des deux mots anathema sit (excommunication), (valant pour la fraternité Saint Pie X …..comme pour les divorcés/remariés), je donne à lire les textes de Monseigneur Lefevre et des deux supérieurs généraux de ces deux fondations

(3)Monsieur le président de la fondation Jérôme LEJEUNE,

Je soutiens votre fondation depuis des années.

Le principal objet de la fondation : la recherche et le soin des maladies de l’intelligence, dont la plus connue, la trisomie 21, est la raison de mon soutien.

Je ne suis pas d’accord avec votre (et celui de la fondation) combat « pro vie », qui, pour moi, nuit à votre noble cause de défense des trisomiques

J’ai admiré la capacité visionnaire du Professeur LEJEUNE, votre beau-père.

Il a prédit que l’autorisation de l’avortement entraînerait l’élimination de ses « petits », les « trisomiques ».

Et nous y sommes : plus de 99% des « trisomiques » sont supprimés avant leur naissance.

Vous appelez cela  un eugénisme et je suis d’accord avec vous.

Aujourd’hui, je peux vous rejoindre dans cette défense des « petits » de Jérôme LEJEUNE en affichant une vision « pro choix »

l’ECLJ. , que vous connaissez, a réalisé une vidéo de la présentation au parlement européen de l’histoire d’une femme de nationalité française, qui voulant garder son enfant a subi des pressions de son compagnon et du planning familial pour avorter, ce qu’elle a fait. Elle a, avec son histoire présenté une pétition pro choix

Je l’ai soutenu sur le site du parlement européen en la soutenant, tout en connaissant son caractère pro choix que j’ai démontré

« Le choix ne peut se limiter pas à ce que veut l’un des camps, ici vouloir garder un enfant, il implique de reconnaitre le choix d’avorter »  

Je vous remercie pour votre action (et celle de tout le personnel de la fondation et de l’institut Jérôme LEJEUNE) en faveur de ces enfants.

Bien cordialement

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