Dernières conférences du séminaire « René Girard et Simone Weil. Violence et vérité »

3 conférences de clôture du séminaire, suivie sur ce blog, ont pu être regardées le 2 juin

  1. « Au commencement était la Médiation : René Girard lecteur de Simone Weil » par Benoît Chantre, éditeur, président de l’Association Recherches Mimétiques qu’il a créée en 2005 avec René Girard. Il a été présenté, par Jérôme Thélot comme « l’âme de cette pensée (René Girard), de ce séminaire et d’ailleurs de cette entreprise elle-même. »
  2. « Simone Weil et René Girard face au problème du mal » par Pierre Gillouard, docteur en philosophie (EPHE) et en théologie (Université de Genève),. Sa thèse Simone Weil. La pensée à l’épreuve du mal, vient d’être publiée au PUF.
  3. « La violence de la vérité » par Martin Steffens, professeur de philosophie en classes préparatoires à Strasbourg, chroniqueur régulier dans les colonnes du quotidien La Croix et des magazines du groupe La Vie (l’hebdomadaire et Prier)…

Vous pouvez les regarder sur YouTube (chaine de l’Institut Catholique de Paris)

Séminaire rené Girard et Simone weil

Pierre Gillouard a repris sa thèse (très intéressante) : « L’enjeu de cette recherche est de démontrer le traitement, inédit dans l’histoire de la philosophie, de la question de la théodicée dans la pensée de Simone Weil, à l’orée et au cœur de la Seconde Guerre mondiale. »

Martin Steffens a lui aussi, donné une conférence passionnante, reprenant ses chroniques du magazine Prier  » Définition de la Violence comme un rapport sans relation… »

Ces deux conférenciers ne pouvaient donc répondre aux demandes d’éclaircissements/critiques de Jérôme Thélot sur la nature de la recherche mimétique. « je voulais vous demander si vous ne pensez pas que toute cette hypothèse girardienne selon laquelle le processus d’hominisation dépend de la violence instauratrice, si vous ne pensez pas que cette hypothèse, elle est là pour justifier en retour l’idée de la divinité de Jésus, c’est-à-dire de la Christicité de Jésus de Nazareth, (…)

 « c’est pas du tout une hypothèse anthropologique. (…) C’est très exactement ce qu’il faut appeler un crédo ou si on préfère un postulat. »

Ce qui faisait l’écho à ma remarque « Mais, de ce faitla théorie mimétique est dans une impasse ! » écrite dans mon article à consulter en suivant le lien ci-dessous.

Qu’a dit Benoît Chantre, présenté, par Jérôme Thélot comme « l’âme de cette pensée (René Girard), de ce séminaire et d’ailleurs de cette entreprise elle-même »

Il a cité un entretien avec Jean-Claude GUILLEBAUD, jamais publié « Tous les logos de la violence parasitent le vrai, mais en le parasitant, ils en laissent tout de même passer quelque chose pour les malheureux hommes qui ne sont jamais complètement abandonné.

Donc, d’une certaine manière et à un certain niveau, on peut dire que toutes les religions sont vraies.

Elles ne deviennent sataniques qu’en contact avec le christianisme parce qu’elles se trouvent alors en face de leur propre vérité et qu’elles doivent passer à cette vérité.

Mon travail est donc une vision radicalement historique de l’avènement du religieux. Les hommes accèdent peu à peu une vérité qui transforme rétrospectivement leur passé. Autrement dit, on ne peut pas dire l’eucharistie est le terme d’une évolution qui commence avec le cannibalisme et nous retrouvons du cannibalisme dans l’eucharistie parce que le cannibalisme est la vraie origine. Non, la vraie origine c’est le Christ. »

Benoît Chantre commente ce passage « Le premier moment de cette remarque est proprement Weilien. Toutes les religions sont vraies. Le second est plus proprement girardien qui fait du cannibalisme une caricature » 

« L’exclusivisme judéo-chrétien que l’apologétique girardienne aura souvent trop souligné … » et en réponse à une question de Pierre Gillouard « y a un peu de Tertullian chez Girard quand même. Il a construit une apologétique Et il y a un exclusivisme judéo-chrétien chez Girard, je pense contre lequel va ce qu’il y a de Weillien en lui, »

C’est une reconnaissance implicite des critiques de Jérôme Thélot et encourage la démarche de refonder la théorie mimétique avec l’apport de Simone Weil.

Suivez donc les deux prochains articles développant cette démarche

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