De la théorie de l’évolution refondant l’explication de l’Autisme  à une théorie de l’évolution sociale, refondant la théorie mimétique avec les apports de Simone Weil

Illustration de couverture du livre de Laurent Mottron « Si l’autisme  n’est pas une Maladie, qu’est-ce ? », cocrée avec Corentin Hunter, syndrome d’Asperger « L’Homme de Vitruve », universel, symétrique, spirituel et centre du monde, n’est plus.

« L’Homme est une espèce animale bavarde et meurtrière, dont l’autisme (représenté, avec son autorisation, par le visage de Michelle Dawson, chercheure dans le laboratoire de Laurent Mottron), la gaucherie, la grossesse gémellaire, la présentation par le siège, l’homosexualité (représentée par l’emblème de la fierté gaie) constituent des bifurcations développementales asymétriques. »

(1) Pour découvrir qui est cette chercheure canadienne voir Michelle Dawson – Wikipédia

Laurent Mottron est un chercheur français, qui a voulu se spécialiser sur l’autisme mais a dû quitter la France, en 1990, pour le Canada par opposition à l’approche psychanalytique de l’autisme, « régnant en maitre » sur ce domaine « la psychanalyse n’a rien à dire ni à faire avec l’autisme. La psychanalyse est une croyance, une pratique qui doit rester limitée à un rapport entre adultes consentants. On doit la sortir du soin, des enfants en particulier (et pas seulement de l’autisme). Je suis parti au Canada pour fuir cela »

Il y a créé un laboratoire, dont la raison d’être est exprimée ainsi : « Mon groupe de recherche explore la manière dont les personnes autistes traitent l’information depuis le début du développement jusqu’à l’âge adulte. Nous nous intéressons donc à décrire les mécanismes perceptifs, mnésiques et de raisonnement par lesquels les autistes perçoivent le monde, construisent des représentations, et les manipulent. Nous nous sommes donnés pour but ultime de permettre aux autistes de s’intégrer dans la société, à tout âge, dans un esprit de respect des différences. »

Constatant que les chercheurs n’ont depuis trouvé aucun biomarqueur expliquant  l’autisme, il en tire la conclusion logique qu’il n’en existe pas. Mais, en tant que clinicien, il a pu déterminer des signes cliniques suffisamment typés.

Il a donc, sur ces deux bases, élaboré une théorie, qu’il a résumé ainsi dans son livre « Si l’autisme  n’est pas une Maladie, qu’est-ce ? »

« L’autisme n’est pas une maladie, même s’il peut être associé à des problèmes adaptatifs majeurs. Il ne fonctionne pas comme les autres troubles neurodéveloppementaux, il ne se limite pas à une identification subjective, une variation de la personnalité ou une neurodiversité parmi d’autres. Les deux domaines par lesquels on l’identifie, déficit socio-communicatif et répétitivité, capturent imparfaitement la nature des signes qui le caractérise. Même s’il peut se présenter sous une forme complète autant que dégradée, la notion de spectre hétérogène empêche d’étudier et de comprendre l’autisme prototypique.

Celui-ci appartient pour nous à une nouvelle classe de formes divergentes récurrentes dans le développement humain, les bifurcations développementales asymétriques. Parmi  celles-ci, on retrouve la grossesse gémellaire, l’accouchement par le siège, le fait d’être gaucher, l’autisme, l’homosexualité et peut-être d’autres variants humains. Chacune de ces bifurcations consiste en la prise d’un chemin minoritaire à un moment spécifique du développement, où deux possibilités polarisées sont compatibles avec la programmation génétique de sa relation avec son environnement. Aucune de ces particularités humaines ne résulte directement d’un « défaut » anatomique, mécanique ou psychologique ; leur mécanisme génétique est distinct des traits héritables ou des mutations délétères. Chacune peut survenir chez un individu dont les fonctions non impliquées dans la bifurcation sont identiques à celles des autres humains. Même si elles teintent parfois très profondément l’identité de ceux qui les empruntent, elles ne justifient pas de constituer toute l’identité de la personne qui les présente.

L’autisme présente les différents caractères par lesquels nous définissons une bifurcation asymétrique ; ses signes négatifs et positifs sont polarisés, sa prévalence reste minoritaire par rapport à la population générale, il n’a pas de bio marqueur autre que l’autisme lui-même, se met en place dans une période critique, présente une forme prototypique et est compatible avec un développement ultérieur modifié (2) . La spécificité de son apprentissage du langage, comme la possibilité de pics d’habilité, s’explique mieux dans ce cadre théorique.

(2) L’un des travaux du laboratoire de Laurent Mottron, le plus « marquant » est d’avoir, avec la chercheure autiste EM Rogaaard et d’autres chercheurs, démontré que la taille d’effet des candidats biomarqueurs différenciant les autistes de la population générale avaient diminué de jusqu’à 80 % en trente ans, démontrant donc la dissolution de la catégorie autiste dans la population générale et les autres atypies développementales. Rødgaard E-M, Jensen K, Vergnes J-N, Soulières I, Mottron L. Temporal changes in effect sizes of studies Comparing individuals with and without Autism: A meta-analysis. JAMA Psychiatry. Published online August 21, 2019. doi:10.1001/jamapsychiatry.2019

Chacune des bifurcations asymétriques humaines constitue une possibilité d’organisation de l’individu et d’adaptation dans sa relation avec son milieu de vie biologique, informationnel ou sociétal. Bien qu’inscrites dans la biologie humaine, ces bifurcationsn’ont pas de cause, ce qui ne les empêche pas d’exister avec la force du fait. Toutes sont, plus ou moins, de prédisposition familiale, c’est-à-dire qu’on en retrouve davantage dans certaines familles. Avoir des facteurs de prédisposition fussent-ils génétiques, est toutefois distinct d’une cause. Ces facteurs ne sont en effet ni nécessaires, ni suffisants. Chacune présente une possibilité inhérente au patrimoine génétique de l’espèce humaine, à son organisation embryologique, neuro-anatomique ou psychologique. Ces bifurcations, prises séparément, présentent chacune une forme « prototypique » stable contrainte par les invariants  anatomiques ou contextuels du développement humain au moment où elles surviennent. Elles peuvent aussi se stabiliser en des sous-formes plus ou moins distantes de ce prototype. Toutes surviennent chez des humains ; elles ne constituent pas des espèces à part, ou des individus imparfaits, mais elles restent minoritaires par rapport au développement humain le plus fréquemment retrouvé. Certaines produisent des difficultés adaptatives, parfois gravissimes, d’autres sont associés à certains avantages. Au cours de l’histoire humaine, la plupart d’entre elles, à des degrés divers, ont fait l’objet d’un rejet de la part des humains qui ne les présentent pas. »

La conséquence directe de ce changement drastique de position est de chercher les mécanismes de l’autisme, dans ceux des mécanismes appartenant à la biologie de l’évolution.

L’autisme serait une adaptation à la modification de la priorité relative des informations que son appareil cognitif et émotionnel traite. (…) Ses signes négatifs comme ses signes positifs constitueraient une adaptation à la perte du biais social. Un enfant autiste détourne ainsi les analyseurs langagiers (théorisés par Chomsky) vers un autre code. Ce détournement est une des conséquences possibles de l’apprentissage non social du langage, lui-même découlant de

la bifurcation vers un traitement sans biais social de toute l’information à laquelle l’enfant est exposé.

Voici donc décrite la thèse principale de Laurent MOTTRON.

Est ainsi démontré que « la psychanalyse n’a rien à dire ni à faire avec l’autisme. »

Ce constat est important, pour les chercheurs dont l’objet d’étude est l’autisme, bien entendu, mais aussi en anthropologie, et donc aussi pour toutes les sciences humaines, dont fait partie la psychanalyse.

Pour le montrer, lisons ce qu’ écrit sur LINKEDIN, Florent Poupart, Professeur de psychologie clinique et psychopathologie -à l’Université de Toulouse (https://www.linkedin.com/posts/florent-poupart-8504ab45_que-reste-t-il-du-propre-de-lhomme-au-ugcPost-7466167806011654144-vbnp/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAUZdQ8BUQfOn0jtGq2LYO79xy5qSRsQTXQ)

Il annonce une JOURNÉE D’ÉTUDES DE L’ÉQUIPE DE RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE CLINIQUE PSYCHANALYTIQUE DE L’UNIVERSITÉ DE TOULOUSE, ayant comme thème : la nature de la pensée symbolique et les conditions de son émergence dans l’Histoire humaine.

Et rajoute « Car l’être humain ne peut s’empêcher de produire des symboles qu’il articule entre eux pour tisser la vaste toile qui médiatise son rapport à la réalité.

C’est cette dimension symbolique qui rend l’être humain si compétent pour s’adapter et si prompt à se détruire, qui le confronte à l’absurdité de son existence et lui fournit la créativité nécessaire pour y faire face. »

Cette phrase est un présupposé en psychanalyse, et n’est donc jamais questionné sur sa validité. Et, dans les sociétés, où la culture psychanalytique est dominante dans les sciences humaines, ce présupposé, malgré les travaux de Laurent MOTTRON, persiste et la neurodiversité se construit en intégrant la notion de déficit social des autistes.

Pour « déconstruire » vraiment ce concept, choisissons deux des signes, qu’a étudié Laurent MOTTRON pour caractériser « l’autisme prototypique », et que tous les parents d’enfants autistes reconnaitront : : la prise du poignet dans les demandes et l’écartement des bras

La prise du poignet « Lorsqu’un enfant autiste a besoin de quelque chose qu’il ne peut atteindre, comme ouvrir le réfrigérateur, ou que soit fait quelque chose qu’il ne peut pas faire tout seul (…), il prend l’adulte par le poignet (…)

Le jugement très défavorable initialement porté sur la prise du poignet, dans le cadre de la pensée psychanalytique autant que behavioriste, et l’observation qu’il survient quand l’enfant ne parle pas, a conduit une génération d’intervenants à tenter de la supprimer. (   ) « L’enfant autiste qui prend le poignet de l’adulte pour obtenir quelque chose, l’utiliserait comme un instrument pour arriver à ses fins, niant ainsi sa subjectivité, qu’il soit un humain doué d’intentions et d’émotions. ». Et ce jugement découle du présupposé, vu plus haut. Il a un biais cognitif : Les humains ont tous besoin, pour s’adapter, d’une pensée symbolique. Ce biais empêche ceux, qui observent avec ce biais, de voir l’évidence : il s’agit d’un signe socio-communicatif.

L’écartement du bras : Laurent MOTTRON le décrit ainsi« L’un des signes socio-communicatifs les plus caractéristiques que nous avons isolé est L’écartement du bras qui aide (…)  L’enfant autiste fait ce qu’il faut pour que quelque chose s’arrête, pour continuer l’action qu’il avait entreprise, mais il ne cherche pas à faire du mal à l’adulte ou à le faire disparaitre de sa vue. Il agit pour que l’interférence de l’adulte dans l’action entreprise s’arrête. »

« Nous voyons l’écartement du bras comme l’exact symétrique de la prise du poignet  l’un indique d’un geste l’action qu’il souhaite faire, l’autre  indique d’un geste l’action qui ne doit pas être faite. Dans les deux cas, l’action s’adresse à un humain dont on anticipe les intentions. Dans les deux cas, ce comportement a été inventé, sans modèle, par l’enfant » Mais cela ne suffit pas à déconstruire le présupposé de la psychanalyse, il faut traduire ce langage pour ne pas en faire un symbole de l’autisme et montrer qu’il a une signification réelle permettant l’élaboration d’une pensée non symbolique ou pour reprendre le présupposé des psychanalystes, si bien exprimé par Florent Poupart, sans médiateur pour percevoir son rapport à la réalité.

Et c’est bien le secret le  moins bien caché, puisqu’il était visible par tous, et le mieux caché, puisqu’une barrière invisible- « le biais cognitif » – empêchait la transmission au cerveau  de la réalité vue par les yeux.

Et comme l’écrit Laurent MOTTRON « L’autisme serait plutôt une possibilité de l’humain, issue de l’extension de ses possibilités à un matériau inhabituel. Ensuite -et encore plus bouleversant pour notre idée de l’homme- cela signifierait que la capacité la plus singulière de l’autisme réalisée chez quelques individus seulement – les autistes savants (à ne pas confondre avec le syndrome Asperger) – serait rendue possible par la plus humaine et ordinaire des capacités, celle d’apprendre le langage par exposition »

La compréhension du monde chez l’autiste, se fait par perception directe avec la réalité, et donc l’autiste a besoin d’expérimenter lui-même, c’est ce qu’il exprime par son écartement du bras, lorsqu’il est enfant.

 Et par d’autres signes, devenu adulte, car il n’est plus seul à avoir ce besoin.

Laurent MOTTRON écrit dans son livre « Pour que l’autisme soit conservé par l’évolution, il faut qu’une partie au moins d’entre eux arrive à un niveau d’adaptation suffisant pour pouvoir continuer une lignée. L’autisme prototypique reste un handicap adaptatif pour la majorité d’entre eux, mais ceux qui le surmontent peuvent contribuer au progrès humain.

 « … sur 100 enfants autistes ressemblant au vôtre, 10 resteront minimalement verbaux, mais 10 ne présenteront plus aucune différence visible qui permette de les diagnostiquer autistes si l’on n’a pas accès à un informateur présent au début de leur vie. » Tous les autres se situeront entre ces deux extrêmes. La majorité d’entre eux auront un langage fonctionnel. (…)

Une possibilité pour expliquer la tendance majoritaire à la perte des signes avec l’âge serait que même traitée de manière sociale, la même information contextuelle sociale impose sa pression sur l’enfant autiste en développement et sur l’enfant typique. Par une voie différente, minoritaire, une partie de ce qui s’apprend avec un biais social chez l’enfant finirait partiellement par l’être sans ce biais, démontrant par le fait même l’intégrité des fonctions qui traitent cette information chez les humains…

La proportion des autistes qui ont un bon pronostic adaptatif dépend, comme l’a toujours clamé la chercheuse autiste Michelle Dawson, de l’information à laquelle ils ont accès, bien plus que de l’intervention qu’ils subissent. »

Pour montrer que ce besoin est atypique et peut difficilement être décrit, même par des personnes maitrisant, par ailleurs, parfaitement la communication orale et écrite, je prendrais une médiatrice Simone WEIL, qui répondit à une amie qui lui demandait (lorsqu’elle voulut, après son travail en usine, effectuer un travail agricole)  « Mais enfin, Simone, pourquoi faites-vous cela, avec ce que vous portez en vous, ce que vous avez à dire » ; « Il y a des choses que je n’aurais pas pu dire si je n’avais pas fait cela »

Sa biographe note qu’« Elle a voulu tracer les grandes lignes d’une doctrine, mais non construire un système. Être fidèle à son expérience était plus important à ses yeux que d’éliminer toute contradiction ou de suivre jusqu’au bout un développement logique. »

Et à l’époque, cette volonté représentait une révolution épistémologique, dont elle avait pleinement conscience, puisqu’elle connaissait le rôle de l’observateur dans les sciences.

Laurent MOTTRON en a aussi pleinement conscience et se contente d’accompagner cette révolution, sans avoir à justifier d’abandonner cette position « en surplomb ». Il écrit « …l’existence du prototype coïncidera avec celle d’un ensemble d’individus dont le niveau de similitude sera très élevé. Ils constitueront le prototype autistique à l’intérieur d’une famille plus large, les variants développementaux.

Cette similitude implique une stabilité au cours de l’évolution..

Du côté de l’observateur, reconnaitre cette similitude, capturer la ressemblance pour un cerveau humain exposé à la variété du monde, implique de la détecter malgré sa variation individuelle et temporelle. La théorie du prototype, en hiérarchisant l’appartenance à la catégorie, inclut une tolérance à la variation (…) »

Avec l’exemple de Simone Weil, si révolutionnaire à l’époque, qu’il a fasciné nombre d’intellectuels, nous passons ainsi après avoir vu la refondation de l’explication de l’autisme par Laurent MOTTRON à une définition « anthropologique »de la neuroatypie

Cette définition peut émerger, parce  que de plus en plus de chercheurs « s’affranchissent »  de l’exigence normative imposant, par la fameuse question D’où parles-tu, camarade ? » un rôle « d’observateur en surplomb »   

Laurent MOTTRON, en montrant la perception directe de la réalité par les autistes, et ajustant, de ce fait, son propre regard d’observateur joue un rôle essentiel dans ce changement anthropologique dans la Science.

Voilà ce qu’il écrit « L’autisme serait plutôt une possibilité de l’humain, issue de l’extension de ses possibilités à un matériau inhabituel. (…)

La conséquence directe de ce changement drastique de position est de chercher les mécanismes de l’autisme, non dans les processus « pathologiques » et le domaine de la médecine, de la psychiatrie ou de la génétique clinique, mais dans des mécanismes appartenant à la biologie de l’évolution. »

Et presque 90 ans plutôt, Simone Weil préconisait une méthode d’enseignement des sciences fondée sur l’analogie, etc.« Il faudrait une science qu’il fut impossible de détacher des hommes. Une telle science existerait peut-être (…), si on employait une méthode fondée sur l’analogie ». « J’ai rêvé parfois d’un manuel de physique pour écoles primaires, où l’interprétation des phénomènes naturels serait exclusivement présentée sous l’aspect d’analogies successives, de plus en plus exactes, et cela en partant de la perception (…). Ainsi, pour la lumière, on commencerait par la liste de tous les cas où la lumière se comporte comme quelque chose d’analogue à un mouvement, pour passer ensuite à l’analogie avec un mouvement rectiligne, à l’analogie avec les ondes… »

En restant dans le domaine de la psychiatrie, il faut mentionner ici, le livre « Mon vrai nom est Élisabeth » est un récit autobiographique d’Adèle Yon, issu de sa thèse de doctorat, paru aux Éditions du sous-sol le 6 février 2025. Elle enquête sur la vie de son arrière-grand-mère diagnostiquée schizophrène et à qui l’entourage familial et médical a fait subir des électrochocs, une cure de Sakel, une lobotomie et un internement sans consentement à l’hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais pendant dix-sept ans.

Mais elle arrive à la conclusion de son enquête, en remarquant le fonctionnement « atypique » d’un cerveau d’archiviste

« Dans l’imaginaire collectif, un archiviste est un individu scrupuleux, amoureux d’exactitude et peu enclin aux formes romantiques…La recherche, comme la fiction, possède ses propres outils pour combler les vides…Si on n’a pas ici, on a ailleurs. Les archivistes sont étonnants. Leur cerveau s’apparente à un plateau de flipper dans lequel la boule de plomb, emportée par la gravité, rejoint nécessairement le ventre de la machine nonobstant les obstacles

Un archiviste qui dit : Parfois on a, parfois on n’a pas, c’est le principe de la recherche,…est un archiviste qui, en quelques secondes, va faire défiler dans son cerveau-flipper toute la documentation jamais émise susceptible de contenir une certaine information, toutes les dates connues de législation, de décrets ou d’évolution des classifications permettant, par le général, de donner un indice sur le particulier et qui, pour finir, va trouver à se rapprocher dangereusement de ce qu’il cherche et pourtant n’a pas. »

Cette différence neuroatypique, décrite avec des mots typiques débouchant sur un sens atypique lui permet de terminer son enquête et sa thèse,(extrait sur la lobotomie, ci-dessous).

« Sur la hiérarchie des risques, la mort ou l’incapacité mentale de certaines patientes passent après le désagrément que représente leur comportement. Sans cela, comment comprendre qu’un traitement comportant entre 5% et 8 % de risques de mortalité, un pourcentage d’amélioration des symptômes sur le long terme confinant au ridicule et une certitude de diminution des capacités cognitives (ce pourcentage, lui, est rarement présenté), ait pu être prescrit chez des patientes qui ne sont pas en danger de mort par des psychiatres de toute mouvances, parfaitement conscients des risques ? Mieux vaut ne pas vivre  ou vivre à moitié que de déranger la société humaine à laquelle on appartient ?

Citation du pionnier de la lobotomie, traduite par A Y, Walter Freeman  « Mental Mechanisms and Psychosurgery »  « La lobotomie permet aux malades mentaux de revenir au monde réel plutôt que de demeurer égarés dans la contemplation des horreurs de l’inconnu. Elle accomplit cela en réduisant à néant toute vie imaginaire. Si certaines des fonctions supérieures, créatives, artistiques ou philosophiques sont perdues, la société en général ne souffrira pas. La société peut s’accommoder du plus humble des travailleurs, mais, à raison, se méfie du penseur fou »

La fin de la pratique de la lobotomie a été suivie par ce qu’Adèle Yon nomme la lobotomie médicamenteuse, mais ne la décrit pas, ce qui est logique, puisque sa thèse est une enquête sur la vie de son arrière-grand-mère diagnostiquée schizophrène.

Conclusion/introduction de l’article sur une théorie de l’évolution sociale, refondant la théorie mimétique avec les apports de Simone Weil

En utilisant la théorie de l’évolution pour refonder l’explication de l’Autisme, Laurent MOTTRON a démontré que

  1. « L’autisme serait une adaptation à la modification de la priorité relative des informations que son appareil cognitif et émotionnel traite. Cela, sans impliquer d’altération de ces mécanismes ou la modification de ce contexte – juste leur application ailleurs. »
  2. Cette bifurcation ne pouvant pas être prise en compte par la psychanalyse, celle-ci  n’a rien à dire et à faire sur l’autisme.
  3. la dissolution de la catégorie autiste dans la population générale et les autres atypies développementales.

J’ai montré dans l’article que cette dissolution d’une partie majoritaire des autistes était permise par l’acquisition d’une même façon de comprendre l’environnement, que je nomme neuroatypique. Simone WEIL en fait partie.

Le prochain article montrera que la théorie mimétique n’intègre pas, comme la psychanalyse, cette neurodiversité.

Mais les apports de Simone Weil sont faciles à intégrer et permettent de la refonder en la transformant en une théorie de l’évolution sociale scientifique.

Pour découvrir Laurent MOTTRON, ci-dessous pour info sa conférence

donnée au célèbre hôpital psychiatrique de LYON, centrée sur son autre action, décrite ainsi dans la fiche Wikipedia qui lui est consacrée « Il a initié en 2020 un mouvement de refondation de l’autisme prototypique, remettant en question les critères du DSM 5 et des outils standardisés ADI et ADOS dans le surdiagnostic actuel. »

Elle intéressera, en priorité, les psychiatres, les infirmiers psychiatriques, les psychologues cliniciens …et tous les soignants.

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